DE L'INFLAMMATION
qui présente les ouvertures pour la sortie -
des lames en contact avec la peau , puis,
appuyant sur la bascule, l'opération se ter-.
mine à l'instant. Ce scarificateur présente l'incontestable avantage de rendre la dou-
leur presque nulle, tant son action esi .
prompte ; mais on ne peut que difficilement l’entretenir propre, d'où il résulte qu’il est mis assez promplement hors de service.
Cet inconvénient l’a empêché jusqu'ici de
devenir d'un usage général parmi les prati-
ciens, surtout dans les hôpitaux.
Mais, malgré toute l’habileté du chirurgien, les manœuvres successives indispen- Si à l'application des ventouses scarifiées sont parfois longues, douloureuses, fatigantes. C'est ce qui a porlé MM. Demours el Sarlandière à remplacer la ventouse au moyen d’un instrument que le second de ces praticiens a nommé bdellomètre. Semblable à la ventouse pour la forme du verre, le bdellomètre présente à son fond une tubulure qui recoit une boîte à cuir, dans la-
quelle entre à frottement une üge d'acier.
L'extrémité intérieure de celle-ci supporte une plaque de largeur variable, à laquelle sont fixées un plus ou moins grand nombre de lames de lancettes, Sur un des côtés de
la ventouse est une seconde tubulure à la-
queue ést fixée une pompe aspirante, desünée à faire le vide sous la cloche. Enfin.
dans l’instrument de M. Sarlandière, est une troisième ouverture, placée près du bord, et garnie d'un robinet, afin de pouvoir laisser le sang s’écouler lorsqu'il s'élève trop haut dans le vase,
Pour faire usage du bdellomètre, on l’applique sur la partie malade, et pendant qu’une main le soutient, de l’autre on fait agir le piston de la pompe. Le vide s'opère, et bientôt les téguments rougissent et se tuméfient; alors on presse sur la portion extérieure de la tige d'acier , et l’on enfonce dans l’épaisseur du derme les lames de la
plaque intérieure, Cette opération est im-
médiatement suivie de la sortie du sang, qui jaillit dans le vase , et dont on peut ro lui ger ou accélérer lets en agissant sur la pompe à mesure que le vide tend à se remplir.
Il est incontestable que le bdellomètre est
Vo ET DES OPÉRATIONS QU'ELLE RÉCLAME. | 19
plus facilement et plus promptement appliqué que la ventouse scarifiée ordinaire ; . mais cet avantage est plus que racheté par sa complication et par sa fragilité. En effet, les pièces y sont si multipliées , qu'après un ‘usage fort court l'air y pénètre de toutes parts, et qu'il est impossible de l'appliquer de nouveau. La ventouse à pompe simple, que l’on à proposé de substituer à la ven-
touse appliquée au moyen de la raréfaction .
préalable de l'air par le calorique, offre elle-même des conditions de fragilité et de dérangement qui l'ont fait repousser de la pratique ordinaire de l’art, La troisième tubulure de M. Sarlandière ajoute encore sans nécessité aux inconvénients signalés ; et comme , en dernier résultat , le bdellomètre ne produit aucun autre effet que les ventouses scarifiées ordinaires, on peut Île ranger parmi ces instruments qui attestent le génie inventif de leurs auteurs , mais qui ne sont pas d’une grande importance dans l’application. L'habitude, unie à la dextérité et à la légèreté de la main, font disparaître ordinairement la plus grande partie des longueurs et des douleurs qu’entraîne l'emploi des ventouses scarifiées.
M. Sarlandière a proposé de substituer dans quelques cas , à ouverture ‘évasée du bdellomètre, un tube étroit, susceptible d’être introduit dans le nez, la bouche, le vagin , etc. Un pinceau de soie de sanglier, contenu dans l'instrument , servirait à piquer les membranes muqueuses de ces parties et à faire sortir le sang. L'expérience n’a point prononcé sur l'utilité de cet instrument.
Il est des cas où l’inflammation résiste à tous les moyens indiqués jusqu'ici, et où elle augmente incessamment de violence, + Ro l'emploi du traitement le plus métho-
e. En examinantattentivement alors les 1e on y découvre presque constamment ns dispesition spéciale , qui explique cette . ténacité et cette violence toujours croissante de l’irritation ; je veux parler de l’étranglement destissus affectés.
Lorsque certaines parties du corps, telles que les paquets cellulo-graisseux contenus dans les cellules fibreuses de la face profonde du derme, lestissusenveloppés de fortes aponévroses , ou les organes accidentellement
engagés à travers des ouvertures inextensibles, sont le siége d’inflarnmations , ils tendent à se tuméfer , et font effort contre les barrières qui les retiennent. De là résulte une double action de la partie irritée sut son enveloppe, et de celle-ci sur l’autre, La douleur, la rougeur et la chaleur en sont considérablement augmentées ; la fièvre survient, et les accidents ne s’apaisent que lorsque les tissus comprimés ou ceux qui les étreignent sont tombés en gangrène. Les uns et les autres souffrent presque égale< ment , les premiers, par la compression , les seconds par la distension dont ils sont le siége. Il est évident que, dans un tel état de choses , ni les applications émollientes , ni les saignées locales, ni la compression ,
ni le froid, ne peuvent être d’ aucune utilité réelle. Il faut, lorsque organe aflecté est important à fi vie, ou bratue des accidents graves résultent # son irritation et de son étranglement , ne pas trop insister sur ces moyens et recourir promptement à l’opération chirurgicale , qui seule peut ramener le calme dans l’économie vivante. L’instrument tranchant fait cesser à l'instant la compression des tissus phlososés, leur permet de se développer librement , et détruit par là la cause qui exaspérait leur irritation. Les furoncles, l’anthrax, le panaris; l’inflammation des muscles et du tissu cellulaire dé la cuisse , de la jambe , de l’avant-bras, des
| parties plantaires ou palmaires du pied ou
de la main; celle du tissu lamineux sousépicrânien, enfin la phlogose des Hernies étranglées ; telles sont les principales maladies dans ji traitement desquelles les débridements sont presque toujours indispensas bles.
Lorsque la partie affectée est simple dans sa structure et d’une médiocre importance à l'organisme , on peut porter hardiment le bistéuri dans sa profondeur et inciser d’un seul coup et les enveloppes de l'organe enflammé et cet orgatuie lui-même. C’est ainsi que le chirurgien doit en agir dans ces furoncles considérables qui, chez les sujets nerveux, excitent d’intolérables douleurs, provoquent une ficvre violente, une excessive agitation "er duclifhetols mème des
mouvements convulsifs, Dans l'anthrax : 2*
une incision cruciale, ou en étoile, étendue du centre de la tumeur aux extrémités de sa circonférence , et comprenant toute son épaisseur , constitue le meilleur moyen de borner les ravages de l’irritation et de calmer les phénomènes sympathiques dont elle s'accompagne. Des pressions assez fortes pour faire sortir les portions celluleuses gangrenées , ou les bourbillons, ainsi que des pansements doux, qui favorisent la détente des parties et la chute des escarres ; tels sont les moyens quiconviennent le mieux à la suite de l’opération, Le même procédé est applicable aux panaris, aux inflammations des tissus sous-aponévrotiques des membres ou de la tête, et à toutes les affections du même senre. Mais lorsque l'organe étranglé est très-important , et que sa lésion serait dangereuse . , il faut diviser avec précaution les parois de la cavité qui le renferme , etdébrider les tissus qui l’étreignent, ‘en le laissant intact. Tel est le principal objet de l'opération de la hernie étranglée, dont il sera question plus loin.
De même que les inflammations locales déterminent sympathiquement des irritations dans les principaux viscères, et troublent ainsi toutes les fonctions organiques, de même aussi le chirurgien doit non-seulement combattre la phlogose dans les parties qui en sont primitivement le siége, mais encore poursuivre ses effets dans l'ensemble de l'organisme, auquel eîle communiqueune surexcitation plus ou moins intense.
Le chirurgien ne doit pas oublier que tout se lie dans l’économie vivante. Et comme la pléthore , l'irritabilité nerveuse, et toutes les excitations hygiéniques augmentent la susceptibilité aux inflammations , des dispositions contraires tendent à en atténuer les symptômes et à faciliter leur heureuse résolution. Il résulte de là que l'on ne doit jamais négliger d’entourer le sujet atteint
de phlewmasie de toutes les circonstances.
diminuer chez lui
qui peuvent contribuer à la violence des excitations vitales.
Un air frais , un repos absolu du corps et le l'esprit , l Nue de tout aliment excitant , solide ou liquide, et même, lorsque la maladie est grave, la proscription de toute substance lhentare: des boissons