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LIVRE 1, CHAPITRE II, DE L'INFLAMMATION

| l'instrument, Deux plaques d'écaille,

délayantes , acidulées, des lavements émo!lients, des bains tièdes, tels sontles moyens : généraux les plus propres à rendre les sym- .: pathies moins actives , à prévenir l’irritation des viscères , et à calmer la violence de celle qui yexiste déjà. Mais ces moyens ne suffsent pas toujours, et souvent il faut recourir aux évacuations sanguines générales, qui diminuent tout à coup la quantité et par suite les qualités excitantes du sang. L’ opération que l’on pratique alors porte Hietenant Je nom de saignée.

La saignée peut être exécutée par l’ouverture des veines ou par celle des artères.

Dans le premier cas, on lui donne le nom de phlébotomie, et dans le second, celui d’artériotomie.

La lancette est l’instrument avec lequel on pratique presque toujours la saignée des veines. Elle est composée de deux parties :

la lame et la châsse. Longue d’un pouce et demi environ, et large de six à huit lignes, la première est forgée d’un acier très-pur, aplatie et tranchante sur ses deux bords, dans les cinq sixièmes antérieurs de son étendue, Suivant que ces bords se réunissent à angle plus ou moins aigu pour former ia pointe , la lancette a recu des noms diffirents. Elle est dite à grain d'orge, par exeniple , lorsque la pointe est large et que les bords, en la formant, font un angle trèsouvert. Cet angle est-il plus aigu et la pointe plus allongée? l'instrument est nommé à grain d’avoine. Enfin , lorsque cette pointe est très-étroite et très-eflilée , on dit que la lancette est à langue de serpent. La lame à grain d'orge fait, par la simple ponction, une ouverture beaucoup plus large au dehors qu’au dedans, ce qui facilite la libre sortie du sang; celle à grain d'avoine exige que le praticien abaisse davantage le poïgnet en l’insinuant, et le relève lorsqu'il }a retire , afin de donner à la plaie la mêm»

disposition favorable; enfin, la lancette à

langue de serpent est rarement employée :

on ne s'en sert que pour. aller piquer les veines profondément situées , auxquelles on ne peut généralement faire avec elle que de petites ouvertures. La partie de la lame:

opposée à la pointe se nomme le talon de

de

corne ou de métal, constituent la châsse de la lancette : elles recouvrent et protégent la lame ; et, fixées au moyen d’un clou rivé de chaque côté de son talon, elles permettent d'ouvrir avec facilité l'instrument sous tous les angles , et de le nettoyer dans toutes ses parties.

Dans plusieurs contrées du nord, les chirurgiens phlébotomistes se servent de lancettes à ressort, assez semblables à la flamme des maréchaux, et dont l'usage, plus facile, expose aussi à plus de dangers, ainsi que lattestent des accidents assez fréquents.

Les objets nécessaires pour l’exécution de la saignée sont , indépendamment de la jancette, une ligature propre à entourer la partie, afin d’y retenir le sang , et d’en faire gonfler les veines ; un vase destiné à recevoir le liquide ; des alèzes, dont on recouvre le malade, afin d'empêcher ses vêtements ou son lit d’être tachés ; une compresse carrée, pliéeen plusieurs db etune bande, qui servent au pansement; enfin de Feau froide , un flacon d’acide acétique , et quelques autres objets du même genre, propres à dissiper la syncope, dont Îa saignée est

quelquefois suivie. La ligature dont il vient.

d’être questiun est ordinairement faite d’une bande de drap rouge, qui a l'avantage d’être élastique, et de presser moins violemment les parties que les bandes de toile. Mais on sent combien il est nécessaire que le chirurgien en ait plusieurs à sa disposition et les fasse fréquemment nettoyer , afin de ne pas appliquer la même à tous les sujets , quelles que soient les maladies dont ils sont affectés. Quant aux vases dans lesquels on recoit le sans de la saignée , ils consistent ordinairement en de petites écuelles aplaties et

fort évasées, que l’on nomme palettes, et qui

peuvent admettre quatre onces de liquide.

C’est d'après cette évaluation que l’on prescrit des saignées d’une, de deux ou d’un

plus grand nombre de paletiou. Il importe

beaucoup que le chirurgien s’habitue à juger d'après le volume du liquide, et d’après la durée de son écoulement, de la quantité qui en est sortie; car souvent on manque de vases gradués pour la mesurer exactement.

La pesanteur du sang est, à très-peu de chose près , égale à celle de l’eau : en éva-

Juant ce que pèse un volume donné de ce dernier liquide, on sait, par la même raison, quel est le poids d'un volume égal du second.

Toutes les veines superficielles peuvent être ouvertes, et servir ainsi à l'exécution de la saignée générale. Cependant, le bras, le pied et le cou sont les régions du corps sur lesquelles cette opération est le plus souvent pratiquée. Les anciens divisaient aussi les veines frontales, celles des angles des veux, de l’intérieur de la cloison du nez, de la face inférieure de lalangue, etc. ; mais ces saisnées spéciales sont actuellement peu usitées. M.Janson a toutefois reconnu qu’en ouvrant les veines superficielles dont les radicules partent des tissus enflammés , on opère des saignées qui peuvent , jusqu’à un certain point, remplacer les saignées locales , en même temps qu’elles agissent plus directement que ces dernières surl’ensemble du système circulatoire. Les heureux résultats que ces phlébotomics immédiätes ont produits à l'Hôtel-Dieu de Lyon doivent engager les praticiens à y recourir , toutes Îes fois qu’ils jugeront utile de provoquer une srande évacuation sanguine au voisinage des organes enflammés. IL résulterait de là que f9 saignées nombreuses conseillées par les anciéns pourraient être remises en honneur, dans les cas d’ophthalmie, d’otite, de glossite, et même dans ceux où les méninges sont vivement irritées. Ces évacuations'sanguines , plus rapprochées du siége du mai, seraient peut- -être plus efficaces que l'ouverture des vaisseaux du bras et mème des jugulaires. Il est vrai que les veines dela tète ne peuvent pas être aisément gonflées par les ligatures ; mais cette bbibdioll ‘disparait presque entièrement , lorsque Von réfléchit qu'il ne s’agit ici de les diviser que dans les cas d’inflammation des organes d’où elles partent, et lorsqu'elles sont, par conséquent, distendues par le sang qui en provient. |

La saignée du bras se pratique au pli du

coude. En cet endroit sont placées au

veines considérables et sous-cutanées :

sont, en procédant de dedans en deb Ju

cubitale , la basilique , la médiane et ja cé-

phalique. Toutes peuvent être ouvertes ; il &

ve

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