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CHAPITRE VI. AMPUTATION DES MEMBRES

Faire partir du sommet de l’acromion une incision oblique en bas et en avant, si l’on opère sur le bras droit, en bas et en arrière, dans le cas opposé, puis, contournant le creux de laisselle, en ne divisant que la peau; reprendre cette même incision, pour la continuer vers le point de départ, le long de la face opposée de l'épaule ; diviser les musclés au niveau des téouments relevés, en avant, en dehors et en arrière ; découvrir ainsi l'articulation, pénétrer entre les os qui

la forment ; arriver au côté interne du bras’

et le séparer, en divisant, au devant des doigts d’un aide , les vaisseaux et les nerfs de cette région : tel est Île procédé de M. Scoutetten pour exécuter la méthode ovalaire. -

En comparant entre elles les opérations dont nous venons de parler, il est manifeste que la formation d’un seul flambeau deltoidien constitue le procédé le moins avantageux , à raison de la difficulté de donner à ce lambeau des dimensions parfaitement en rapport avec celles de la plaie, de l’écartement où reste sa base du plan olénoïdien, et de la difficulté de la rattacher dans tout son contour aux autres parties des tégumenis.

La méthode circulaire fournit une solution de continuité plus régulière, plus facile à réunir d’arrière en avant, présentant verticalement un sillon ou une souttière plus favorable à l'écoulement du pus, le long de laquelle les ligatures peuvent d’ailleurs être couchées sans inconvénient ; mais elle m'a toujours paru exiger des tiraillements dou- Joureux et pénibles, aux parties molles de la région axillaire externe, afin d’arriver à l'articulation, et celle-ci n’est jamais mise à découvert sans quelque difficulté. |

La méthode ovalaire unit aux avantages de la section circulaire, celui de rendre plus facile la division des ligaments et des muscles qui protégent et affermissent immédiatement l'articulation. La forme de la plaie ne diffère presque pas , d’ailleurs , de celle qui résulte de l’amputation circulaire. Prenez, par exemple, un cadavre sur lequel le procédé de M. Larrey aura été pratiqué, et il vous semblera voir une amputation circulaire présentant une section verticale au

bord supérieur de son contour ; soumeliez au même examen la plaie résultant de l’exécution du second procédé de Dupuytren, ou d’autres analogues, et vous retrouverez encore la plaie circulaire , échancrée seulement au-dessous de l’acromion.* Mais cette échancrure rend plus facile, je le repète, la section des liens articulaires, sans nuire en rien à la régularité de la plaie, et constitue par conséquent un motif puissant de préférence, puisqu'elle n’entraîne d’ailleurs aucun inconvénient.

Quant aux procédés qui se rapportent à cette méthode, dans laquelle les parties sont réunies suivant une direction verticale, le procédé de M. Lisfranc est de tous le moins avantageux, à raison, d'une part, de la diffculté de traverser l'articulation sur Le sujet vivant, et surtout, de l'autre, de la section profonde qu'il détermine à la partie supérieure de la plaie. Il convient de préférer à ce procédé celui de Dupuytren, où mieux encore celui de M. Larrey. Ce dernier surtout présente l'avantage précieux de permettre de découvrir d’abord les trois quarts de la circonférence externe de l'articulation, et de détacher l'humérus sur place, c'est-à-dire sans qu'il soit besoin de lui imprimer des mouvements que la fracture de son col, ou d’autres solutions dé continuité. rendent toujours impossibles, à la suite des coups de feu et des auires lésions traumatiques.

Il est, toutefois, des circonstances où il convient de recourir à la première et à la plus ancienne des méthodes décrites précédemment; c’est lorsque la destruction des téguments et des muscles ne permet pas de conserver les parties molles antérieures el postérieures de l'épaule. Et dans ces cas, assez rares , le procédé de Dupuytren deyrait manifestement l'emporter sur ceux de Lafaye ou de MM. Champesme et Lisfranc.

On pourrait mème étre conduit, par les nécessités résultant de Îa destruction des parties qui forment l'épaule, à ménager un lambeau interne, comme le faisait Ledran. | le |

Il est rare que les orteils soient amputés dans les articulations qui séparent leurs phalanges. On porte toujours, excepté pour

le premier d’entre eux, les instruments à leur base, et les procédés employés pour les séparer des os du métatarse, sont abso:

lument les mêmes que ceux dont il a été parlé à l’occasion de l’amputation des doigts à leurs articulations métacarpo -phalangiennes.

Les orteils peuvent également être retranchés en totalité dans leurs articulations postérieures, suivant le procédé décrit pour l’'amputation, analogue, des quatre derniers doigts.

Afin de retrancher sûrement les os du métatarse, il faut se rappeler que la ligne oblique formée par les articulations tarsométatarsiennes est tellement située que son extrémité interne correspond à trois quarts

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