CHAPITRE VI. AMPUTATION DES MEMBRES
sur le côté externe du tibia, jusque dans l'espace interosseux, doit être inclinée sur la face correspondante du péroné, et couper tout ce qui s’y attache. La mème manœuvre, répétée en arrière , sert à diviser les chairs postérieures. Enfin, une incision dirigée en ‘ bas, entre les deux os, facilite le passage de la compresse fendue , qui doit présenter trois chefs, et au devant de laquelle le chirurgien achève de cerner le périoste. Afin de lui donner plus d’action sur les parties molles , il convient de porter le couteau le long des bords correspondants du tibia et du péroné, et d’en détacher à un demi-pouce de hauteur le ligament interosseux. La scie, appliquée d’abord sur le tibia, doit, après y avoir formé une rainure assez profonde, être abaissée sur le péroné, et le couper complétement, avant d'achever la section de l'os sur lequel elle avait agi en premier lieu. Il ne reste plus ensuite qu'à pratiquer la ligature des vaisseaux , après quoi la plaie doit être réunie d'un côté à l'autre.
Cette opération présente des particulariiés importantes , relatives à presque toutes ses parties. 1° La section de la peau doit avoir une direction légèrement oblique, afin de conserver une plus grande étendue de cette membrane en avant qu’en arrière.
90 Toutes les chairs adhérentes aux 08, el spécialement le nerf poplité exierne, accolé, contre le péroné , et que j'ai vu scier avec cet os, doivent être divisées avec une grande exactitude. 8 Lorsque l’on coupe la jambe très-haut, la tête du péroné peut être emportée sans aucun inconvénient : il suffit pour cela de diviser ses ligaments antérieurs et postérieurs , ainsi que le ligament latéral externe du genou, et le tendon du muscle biceps erural, qui la retiennent.
4° On a observé que l'angle antérieur du tibia soulève quelquefois les téguments, les use et les perfore pendant le traitement de la plaie. Afin de remédier à cet inconvénient, Béclard prescrivit de faire au périoste deux incisions obliques, qui, du bord antérieur de l'os, se porteraient en bas, sur ses faces interne et externe, jusqu’à l'incision circulaire’ qui le cerne. La scie devrait ètre d’abord dirigée obliquement , suivant la
| Jon se propose de porter la sci
direction de ces incisions , jusqu’à la moitié de l'épaisseur du tibia ; ensuite on la dégagerait, et la portant perpendiculairement , on achèverait comme à l'ordinaire l’ablation du membre. L’angle antérieur se détachant alors , le tibia présente, en avant, une surface oblique, mousse et inoffensive , qui n’exerce plus d’action offensive sur la peau. Il est à remarquer, toutefois, que lorsque les parties molles ont été réunies, d’un côté à l’autre , après l’opération ainsi faite, l’angle interne du tibia remplace, par sa saillie devenue plus marquée, l’angle antérieur abattu par la scie. Afin d'éviter cet inconvénient, M. Sanson a proposé de faire porter le trait de scie oblique de Béclard , non de haut en bas et d’avant en arrière , de l'angle antérieur vers la face postérieure , mais de dedans en dehors, c’est-à-dire de la face interne vers l’angle externe de l'os. De cette manière , les deux saillies sont abattues du même trait, et la réunion devient plus facile, par le moins de largeur du moignon.
J'emploie exclusivement ce procédé depuis assez longtemps , et je n’ai pas encore eu à m’en repentir.
5° La ligature des vaisseaux présente quelquefois, à la jambe , de notables diffcultés, surtout lorsque la section est pratiquée fort haut, Soutenues alors par la bride que leur présente le ligament interosseux, ces artères restent enfermées dans les chairs, jetant du sang par trois bouches , béantes sur un espace très-limité, et ne peuvent être aisément saisies et attirées au delà du niveau des chairs. Il est utile lorsque ce cas se présente, ainsi que Île conseille M. Larrey, de porter dans l’espace interosseux un bistouri boutonné , et de couper la lame fibreuse sur laquelle se bifurquent les artères. On voit, aussitôt après cette section, les branches de ces vaisseaux, devenues libres, se présenter comme d’ellesmêmes aux pinces qui les saisissent.
Pour amputer la jambe à un seul Jambeau, un couteau interosseux , à lame longue et étroite, doit être enfoncé, de dedans en dehors, immédiatement derrière les os, à un ou deux pouces au-dessous de l'endroit où >. Le chirurrument, en
gien fait ensuite descendre l’
ral
rasant le tibia et le péroné, jusqu’auprès de la naissance du tendon d’Achille : là, il incline le tranchant en arrière, et, tirant en même temps les tésuments en haut avec la main gauche , détache le lambeau , dont l'extrémité doit être arrondie. Il divise ensuite circulairement la peau de la partie antérieure du membre, au niveau de la base du lambeau, et la fait relever par un aide:
puis , divisant les chairs interosseuses, au niveau des autres parties relevées, et appliquant la compresse fendue, il termine l'opération par la section des os.
Verduin ne pratiquait pas de ligature aux vaisseaux, : il se bornait à maintenir le lambeau relevé et comprimé sur le moignon, à l’aide d’un appareil particulier ; mais l’expérience a fait juger plus utile de liertoutes les artères qui donnent du sang, puis d’appliquer , d’arrière en avant, le lambeau sur le reste de la plaie, et de l’y maintenir, à l'aide d’emplâtres agglutinatifs et d’un bandage médiocrement serré.
Dupuytren conseillait autrefois de faire en avant, le long du tibia, une incision longue de trois pouces, et commencée un peu au-dessous de l'endroit où la scie doit être portée; une incision semblable divisait en arrière toute l'épaisseur du mollet; puis le couteau, porté circulairement, réunissait les extrémités inférieures des deux premières sections, et circonscrivait deux lambeaux latéraux, qui étaient détachés de bas en haut, relevés et écartés par des aides.
. Le chirurgien achevait ensuite d'isoler les
os , et les divisait au-dessus du niveau des angles supérieurs des lambeaux, Ces derniers, après la ligature des vaisseaux, étaient mis en contact, d’un côté à l’autre.
M. Roux pratique, au devant du tibia, une incision longue de deux pouces; ensuite il porte entre les lèvres écartées de la plaie la pointe d’un couteau interosseux , avec laquelle il contourne le tibia en dedans, et qu’il fait sortir en arrière , au milieu du mollet. L’instrument, dirigé en bas, dans l'étendue de deux pouces environ , est incliné en dedans, afin de détacher le lambeau interne. Reportant le couteau dans la plaie,
le chirurgiég taille enfin un lambeau ex- ; + 9