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CHAPITRE I, DE L'INFLAMMATION

d'une part, en saisissant la partie postérieure du coude avec sa main libre, et de l'autre, en pressant la main du malade, étendue, entre son bras et le côté de sa poitrine. En dehors, la paume de la main qui embrasse le coude, et en dedans les extrémités des doigts, servent à tendre d’un côté à l’autre les téouments qui recouvrent la veine à ouvrir, Avec la face dorsale des doigts de l’autre main, le chirurgien fait sur la face palmaire de l’avant-bras quelques frictions ascendantes, destinées à pousser de nouvelles quantités de sang à l'endroit de la piqüre. A l'instant où finit la dernière de ces frictions, le pouce de la main quitient le coude s'applique en travers sur les vaisseaux, et maintient leur gonflement, en même temps qu’il tend la peau de haut en bas. Alors la lancette doit être saisie de telle sorte que sa lame soit tenue par le milieu de sa longueur, entre le pouce et le doigt indicateur, et que la chässe corresponde en haut. Après avoir exploré encore les veines, et s'être assuré de leur état de gonflement et de leur mobilité plus ou moins grande, le chirurgien appuie les trois derniers doigtsde la main quiopère sur la partie interne du pli du coude, et plonge la lancette dans le vaisseau.

Cette ponction doit être faite en deux temps, qui se confondent par la rapidité de leur succession. Dans le premier, l’instrument est introduit obliquement de haut en bas jusque dans la veine, où la sensation d’une résistance vaincueet l'apparition d’une gouttelette de sang sur le côté de la lame apprennent qu'il a pénétré ; dans l’autre, le poignet est relevé en même temps que l’on retire la lancette. Ces deux mouvements ont pour objet de donner à l'ouverture des téguments une plus grande étendue qu’à celle du vaisseau, et de rendre par conséquent la sortie du sang plus faciie.

Lorsque l’on ouvre une veine accolées à une arière ou à un nerf, 1} convient d’introduire la lancette très-obliquement, et de la faire marcher en n’enfoncçant que fort peu sa pointe, ou, comme on le dit, en labourant, afin de ne faire qu'une incision superficielle et cependant assez étendue. La lancette à grain d'avoine est alors la plus

convenable. Si le vaisseau est profond, au

contraire , et peu ni , il faut , après

s'être assuré par le tact de sa situation, porter presque perpendiculairement sur lui la pointe de la lame. Lorsqu'on opère sur des personnes très-orasses, le toucher doit remplacer la vue; et les veines qui ne se laissent pas apercevoif peuvent presque toujours être encore senties.comme des cordons élastiques et rénitents plus ou moins profondément placés. En supposant que l’on pût s’y méprendre, les connaissances anatomiques feraient constamment distinguer ces cordons des saillies formées par des tendons, des nerfs ou par-tout autre organe analogue.

Lorsque les veines sont très-mobiies, il convient de Îles fixer avec fe pouce placé trèsprès de l'endroit où l’on veut les ouvrir. Si des cicatrices diminuent leur calibre, c’est au-dessous de ces obstacles qu’il faut exécuter l'opération: Si la ligature enfin, quoique placée convenablement, ne suffit pas pour rendre apparents les vaisseaux du pli du bras, et que l’on ne puisse les découvrir ni à l'œil ni avec le doigt, ce qui au reste est fort rare, il convient ou de plonger le membre dans de l’eau chaude, afin d’y augmenter l'afflux du sang, où d'ouvrir une des veines superficielles et plus saillantes de l’avantbras, du poignet ou de la main.

Les grosses veines peuvent être divisées en long ; il faut ouvrir les moyennes obliquement , et souvent on est obligé, afin de ne pas les manquer, d’inciser les petites en travers. Quelques chirurgiens, se fondant sur l'importance d'éviter autant que possibie la lésion des filets nerveux qui accompagnent, au bras surtout, les veines superficiellés , établissent le précepte d'ouvrir toujours celles-ci en long ; ce procédé n’a sans doute aucun inconvénient ; mais la marche souvent oblique des nerfs au-devant des veines diminue de beaucoup son utilité ainsi que la sûreté qu’on lui attribue.

On a remarqué, et ce point est plus important, que les saignées faites par une grande ouverture , produisent une débilité plus prompte, et plongent plus facilement les sujets dans la syncope que celles qui ne laissent sortir le sang que par un filet mince et peu rapide. L'art a utilisé cette remarque,

soit lorsqu'il s’agit de désemplir promptement les vaisseaux et d’abattre tout à coup les forces de certains malades, afin de favoriser le succès d'opérations graves, comme Ja réduction des luxations, la rentrée d'une hernie étranglée , etc. , soit pour éviter au contraire que des défaillances trop subites ne viennent entraver la saignée et empêcher d'obtenir la sortie d’une quantité suflisante de liquide.

Quoi qu’il en soit, la veine étant ouverte, le sang s'échappe avec plus ou moins de force dans le vase préparé pour le recevoir.

Le bras doit être soutenu par les deux mains du chirurgien, qui a d’abord fermé et déposé sa lancette. L'une de ces mains correspond au coude , où elle continue de tendre la peau et d'en maintenir l'ouverture vis-àvis de celle de la veine ; l’autre est placée sous l’extrémité de l’avant-bras, qu'elle supporte. Le malade fait Me entre ses doigts le lancetier ou tout aütre corps solide , afin de faire agir les muscles, et de dirigersplus de sang dans les veines superficielles. ‘ M”

La quantité convenable de liquide étant sortie, le chirurgien, de la main correspondante à l’avant-bras du sujet, dénowe la rosette de la ligature, en même temps qu'il placele pouce de l’autre main sur l'ouverture de la veine. Ün ligne mouillé sert à laver le membre, qui doit êire ensuite essuyé. Puis, glissant le pouce en bas, de manière à tendre la peau dans le sens de la longueur de l'incision, en même temps que le vaisseau ne cesse pas d'être comprimé au-dessous d'elle, le chirurgien place la petite compresse carrée sur la plaie, dont il rapproche en même temps les lèvres, et la soutient avec l'indicateur, le médius et l’annulaire de la main qui a fait louverture de la veine.

Cette main doit continuer à soutenir l'avantbras, qu’elle supporte dans sa concavité, le pouce correspondañt à la face postérieure du membre. Aiors, une bande ordinaire, longue de, deux aunes et non roulée, est jeiee sur le pli du coude : le chef en est reteuu par le pouce de la main qui embrasse cette partie, landis qu'avec le reste de son étendue on fait sur l’avant-bras et le bras alternativement, des tours en huit de chif-

fre qui s’entre-croisent sur la compresse.

Les deux chefs sont enfin noués, ou fixés par une épingle à, la partie externe du membre. : cui "

Telle est l’epération de la saignée, opération minutieuse, quelquefois difficile , et que les jeunes praticiens ne sauraient trop répéter, afin de se rendre familiers tous les détails êt tous les mouvements qu’elle exige. L

Diverses circonstances peuvent, après la ponction faite avec la Jancette, empêcher le sang de couler convenablement au dehors.[l se peut d’abord que l’on ait manqué la veine;wqui, trop mobile ou trop petite, a évité la pointe de l'instrument , ou qui , à raison de sa profondeur, n’a pu être atteinte. Dans ce cas, rien ne sort par la plaie, et la vue ou le doigt font reconnaître la situation du vaisseau en avant, en arrière ou au-dessous d'elle. On doit en conséquence reporler la lancette dans l’incision , et , prenant mieux ses mesures, ouvrir la veine sans hésiter. Il est à remarquer que ce n’est presque jamais devant la lancette que la veine a fui, mais qu'elle glisse le plus ordinairement en arrière de la pointe de l'instrument, enfoncée au delà de sa partie la plus saillante. Ce n’est donc pas du côté vers lequel a marché la lame qu’il faut la chercher , mais vers l'angle opposé de la plaie. On évite au surplus cet inconvénient en incisant en long.

D’autres fois, l'ouverture faite à la veine est trop petite, et le sang ne peut sortir que goutte à goutte : les mêmes observations font reconnaître celte circonstance, et l'agrandissement de la plaie rétablit encore la régularité de l'opération.

Il'arrive assez souvent que dans les mouvements qui succèdent à la ponction de la veine, l'ouverture de cet organe cesse d’être parallèle à celle de la peau : le chirurgien doit alors ramener £elle-ci au-devant de l'autre, et l'y maintenir. jusqu'à la fin de l’opération.

Des paquets adipeux se glissent quelquefois, chez les sujets gras, entre les lèvres de la plaie des téguments, et l'obstruent, de manière à empécher la sortie du liquide :

1} convient alors de les écarter avec la tête

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