LIVRE T. CHAPITRE IE] DE L'INFLAMMATION
rétirer le pied , en applique le talon sur son -genou, recouverl d'unevalèze, puis, de la main qui correspond at vaisseau qu'ibse propose d'ouvrir, il prend la lancette et exécute l'opération suivant les règles indiquées pour la saignée du bras. L e mentbhre est ensuite replongé.dans l’eau , jusqu’à ce que la quantité de sang indiquée soit sortie : alors on saisit le niéd en plagant le pouce sur la plaie, on le retire, et, après l'avoir appuyé de nouveau sur le genou, on l’essuie, et la compresse est posée sur l'incision. Le bandage que l'on applique alors porte le nom de Bandit en étrier.
* Pour lé faire, on prend une bande longue d’une aune et demie , et roulée à un cylindre. Le chef de cette bande est placé sous le talon , et laissé pendant du côté opposé à la saignée. On conduit ensuite le cylindre
sur la compresse | autour de la partie infé- .
rieure de la jambe, au-dessus des malléoles ; de là il revient sur la LE né croiser le premier jet et gagner la base du pied. On réitère deux ou trois tours semblables, et l’on termine en passant obliquement derrière . le talon, que la bande embrasse du côté de la compresse, et le chef, laissé flottant, étant enfin relevé, on le noue avec l’autre sur le côté opposé du pied. Le sujet, remis au lit, doit garder pendant deux ou trois jours un repos absolu du membre opéré.
" Les deux veines saphènes sont accompagnées, linterne surtout , de filets nerveux assez considérables , dont la piqüre peut occasionner de très-graves accidents. J'ai déjà fait connaître les moyens les plus propres à combattre les symptômes qui se manifestent après les lésions de ce genre, et l’on doit y recourir sans délai. Une lame aponévrotique , assez mince, mais fort apparente et médiocrement serrée, passe au-devant des veines saphènes, et doit être nécessairement incisée par la lanceite qui ouvre ces vaisseaux. Or, lorsque le tissu cellulairesousjacent s’enflamme à la suite de l'opération, cetie aponévrose , tendue sur lui, s'oppose à sa tuméfaction , et complique la phlogose d'étranglement. De là les phénomènes alarments qui se manifestent alors, ainsi que les désordres étendus que produit la maladie, et qui vont quelquefois jusqu’à dénuder
au loin le tibia par Ja gangrène du périoste. La prompte dilatation de la plaie est le moyen le plus efficace de borner les ravages de cette phlogose, en produisant un deb Rent salutaire, On doit. y recourir toutes les fois
que la maladie ne cède pas en peu de temps
au repos, aux applications émollientes , et aux saignées locales, dont il convient de faire d’ AURA usage.
Étendues le long des parties latérales du cou , les veines jJugulaires externes, recouvertes seulement par une peau fine et mince, ainsi que par le plan charnu et membraniforme des muscles peauciers, sont faciles à découvrir et à diviser. Le sujet étant assis sur une chaise ou sur son lit, la tête légerement tournée et inclinée vers le côté opposé, et des alèzes recouvrant les épaules et le tronc, une ligature , non serrée, et dont les chefs sont noués ensemble après le second tour, est placée à la base du cou. La compression circulaire ne peut être ici pratiquée comme au bras ou à la jambe ; il faut done y suppléer par une compression locale et directe, faite sur le vaisseau que l'on doit vuvrir. Pour cela, une compresse épaisse et dure est placée sur cet organe, et maintenue par la ligature dont j'ai parlé. Celle-ci doit être saisie par le doïot d’un aide, qui la ire en avant et du côté opposé, de manière à la faire porter avec force et sur la compresse qui recouvre la veine , et sur toute la partie correspondante du cou, sans cependant que la trachée-artère éprouve aucune gène.
Le sang ayant gonflé le vaisseau , le chi-
ruroien l'ouvre , à ia manière ordinaire ; au
moyen de la lancette, qui doit être portée de bas en haut et d'arrière en avant, afin de ménager les fibres du muscle peaucier.
Ilest rare que le sang Jaillisse au loin : presque toujours au contraire, il coule le long de la peau, et, comme on le dit, en bavant, quoique l'on ait l'attention , pour hâter sa sortie, de ftire.mâcher au sujet un morceau de papier, du bouchon , où tout autre corps semblable. Souvent il faut employer, afin de recueillir le liquide , une gouttière d’argent ou une carte pliée suivant sa longueur, que l'on place au-dessous de l'incision, et au moyen de laquelle le sang parvient jus-
que dans le vase destiné à le recevoir. La saignée étant achevée, on fait cesser la compression, les parties sont lavées , et, la ligature étant ôtée, on la remplace par une compresse et par une bande circulaire, dont on prévient les dérangements en conduisant un de ses jéts sous l’aisselle . du côté correspondant à l'opération, Cette saignée, ordinairement longue et peu brillante à exécuter, n’est presque jamais suivie d'accident.
Les détails précédents suffisent pour faire
comprendre comment on doit pratiquer les saisnées sur les autres parties du corps. Il suflit toujours en effet de rendre les veines apparentes par une compression exercée sur elles entre le cœur et le point où l’on veut les ouvrir, et, après la sortie du sang, de placer sur la plaie une compresse soutenue par une bande médiocrement serrée.
Lorsque l’on se propose de réitérer lévacualion sanguine à de petits intervalles, on peut étendre sur la compresse une couche mince de quelque corps gras , dont une petite quantité s’interpose entre les lèvres de la plaie et retardé leur adhésion; de telle sorte qu’en replacant la ligature, on voit presque toujours le sang jaillir de nouveau.
S'il n’en était pas ainsi, quelques percussions légères , faites sur la veine, suffiraient pour écarter les bords de l'ouverture que ‘ l'on y a faite, et dont l’adhérence n’est solidement établie que vingt-quatre à trentesix heures après l'opération. Si, cependant, cette réouverture de la saignée ne s'opérait pas facilement, il vaudrait mieux inciser une autre veine que d'exercer des violences susceptibles d'irriter la plaie et d’y faire
naître une inflammation dont la phlébite
serait peut-être le résultat. ”
L’artère temporale est le seul vaisseau de ce genre que lon puisse ouvrir sans danger, à raison de sa situation sur les os du crâne, contre lesquels on peut aisément la comprimer ; mais ce vaisseau est peu volumineux, et RARE on n’en obtient que de Hubs quantités de sang à la fois, ce qui fait que les effets physiologiques et positifs de lar- tériotomie, comparés à ceux de la saignée des veines , ne sont pas encore bien exactement déterminés. Ce que disent les auteurs de ses résultats plus prompts et plus avan-
tageux est plutôt fondé , ainsi que l’on peut s’en assurer au lit des malades, sur des conjectures que sur l'observation rigoureuse des faits. De nouvelles études expérimentales sont done encore indispensables pour éclairer ce point de pratique.
Quoiqu'il en soit, l'appareil nécessaire pour la saignée de la témporale consiste en un bistouri ou une forte lancette, une compresse carrée , très- épaisse, et une bande longue de pus aunes, roulée à un cylindre, Le sujet étant assis ou couché, la tête élevée, le doigt porté sur la région temporale reconnaît la situation et le trajet de la branche antérieure de l’ârtère. Si les pulsations ne sont pas apparentes à l'œil, on fait avec l'ongle une empreinte à la peau qui la recouvre. Ensuite, on pratique äux téguments une incision de quelques lignes d’ étendue!
suivant une direction perpendiculaire à celle du vaisseau , et au fond de laquelle celui-ci doit être ouvert. S'il ne l'était pas du premier coup, l'instrument reporté dans la plaie en opérerait aisément la section. II faut tâcher, autant que possible, que lartère ne soit pâs entièrement coupée, parce que, dans ce dernier cas, ses deux bouts se rétractent, s’enfoncent sous les lèvres de la plaie, et fournissent plus difficilement du sang. Il est quelquefois utile aussi de faire usage de la gouttière, afin de conduire le liquide jusqu’au vase destiné à le recevoir, parce que le jet qui sort du vaisseau , heur-
‘ tant contre la paroi opposée de la solution
de continuité, se trouve rompu, et que le
* sang ne s'écoule qu’en bavant.
Après d'opération , la compresse carrée doit être placée sur la division, dont on rapproche les bords. Les anciens la soutenaient au moyen d’un bandage appelé nœud d’emballeur. Fait avec une bande longue de cinq à six aunes, roulée à deux cylindres, ce bandage consistait en des circulaires horizontaux et verticaux que l’on faisait alternativement autour de la tête, et après chacun desquels les cylindres étaient changés de main, de manière à former un entre-croisement et une sorte de nœud sur la compresse. Mais ce bandage est difficile à supporter, autant par la pression incommode qu’il exerce sur toute la tête, que par
l’action directe et quelquefois très-violente des nœuds qui le composent sur la région temporale. J'ai toujours vu l'effusion sanguine s'arrêter facilement et sûrement par l'application autour du crâne de quelques circulaires médiocrement serrés, et dont on prévient le dérangement par un tour vi bande sous le menton.
On cite quelques exemples d’anévrismes circonscrits , développés à la suite de la saignée de la temporale; ce sont des exceptions trèsrares. L'application méthodique du bandage et une compression exacte suffisent pour prévenir cet accident.
La physiologie pathologique et l’observation clinique ont démontré qu’en opposant aux inflammations des irritations artificielles, on diminuait souvent leur violence et l’on rendait leur guérison plus rapide ou plus complète. Les irritants des membranes muqueuses gastro-intestinales et ceux de la peau sont fréquemment employés pour opérer ces effets. L'usage des premiers, qui est tout médical , exige que les organes digestifs soient eux- ie dans l'état de Mint , de manière à ce que leur stimulation ne développe pas en eux une phlogose intense, susceptible d'augmenter sympathiquement celle que l’on veut combattre. Parmi les médicaments de ce genre, le calomélas, employé avec prudence , à doses successives, est, maloré les abus qui auraient pu le faire tomber en discrédit , un des plus précieux, un de ceux dont on obtient les plus favorables résultats.
Quant aux révulsifs extérieurs, ou cutanés . ils rentrent entièrement dans le domaine de la chirurgie, et nécessitent la pratique d'opérations plus ou moins délicates.
Quelle que soit la surface’ cutanée ou muqueuse sur laquelle on l’exerce, la révulsion, pour devenir utile, doit être opérée, soit au début de l'inflammation, soit à son déclin, ou lorsqu'elle passe à l’état chronique. Dans le premier cas, on y ajoute, si le sujet est vigoureux, les saignées générales et locales, ainsi que l'application des fomentations émollientes ou du froid sur la partie affectée ; et, afin de détourner plus sûrement la fluxion dont elle est le siège, on place le révulsif le plus puissant sur la région du corps la plus