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LIVRE I. CHAPITRE II. DE L’'INFLAMMATION

éloignée de la maladie. Dans le second, au contraire, la phlogose étant ancienne et enracinée pour ainsi dire dans les organes, il faut opérer le plus près possible du lieu qu’elle affecte. C’est ainsi que, dans les pneumonies et les pleurésies chroniques, aussi bien que dans les arthrocaces, on place les -vésicatoires, les cautères ou le moxa sur la peau qui recouvre la poitrine ou les articulations malades. Aux congestions commençantes, il suflit d'opposer une irritation passagère et superficielle, mais vive et étendue , que l’on reproduit à volonté; les inflammations chroniques, au contraire, doivent être combattues par d’autres inflammations ésalement profondes, durables, et accompagnées de suppurations abondantes. Enfin, jamais les révulsions ne doivent être tentées durant la violence des inflammations aiguës : elles les accroitraient au lieu de les faire cesser ; et, avant d'y recourir, il faut toujours diminuer , à l’aide des évacualions sanguines, l’excessive intensité de Firritation que l’on veut combattre par leur moyen.

Parmi les révulsifs externes, un des plus salutaires consiste en des frictions pratiquées sur toute la surface du corps, ou seulement sur une de ses régions, soit avec la main nue, soit à l’aide de flanelles, de brosses

douces où d’autres moyens analogues. Il:

faut alors frotter d’une manière égale, sur de grandes surfaces, et assez fort pour que les téguments rougissent, mais sans aller jusqu’à détacher l’épiderme et occasionner Ja vésication. Les frictions sont simples ou sèches lorsqu'on les fait avec les instruments indiqués ; elles sont humides, au contraire, quand on se propose de faire pénétrer par leur moyen des substances médicamenteuses. Souvent on augmente leurs effets, en imprégnant de vapeurs aromatiques les flanelles ou les brosses qui servent à les exécuter.

On peut considérer comme un moyen de révulsion l’acupuncture, dont les Orientaux, et en particulier les Chinois, font un si fréquent usage. Exécutée avec une aiguille très-fine, surmontée d’un manche, et qu’on tourne rapidement entre les doigts, en la faisant lentement pénétrer, ou sur laquelle

db.

on exerce de petites percussions, cette opération peut être faite sur toutes les parties du corps. L'instrument est susceptible de pénétrer à de grandes profondeurs, en écartant les mailles des tissus , et sans déterminer de lésions graves. Il faut avoir soin seulement de l’éloigner des articulations, du trajet des vaisseaux et des nerfs considérables, ainsi que de tous les organes importants. Une irritation légère est le résultat de l’acupuncture, sur l'efficacité de laquelle l'expérience n’a pas aussi favorablement prononcé que des guérisons prétendues merveilleuses semblaient d’abord le faire espérer. On a définitivement rangé parmi les rêveries l'assimilation que quelques personnes ont voulu faire des aiguilles avec les paratonnerres, ainsi que la soustraction du fluide nerveux, ou, pour mieux dire, la saignée nerveuse, qu’elles prétendaient opérer par leur moyen.

Plus actifs que les frictions, les sinapis-

mes consistent en des cataplasmes de farine de graine de moutarde et de vinaigre , que Jon prépare et qu’on applique suivant le même procédé que les autres topiques du même genre. On peut, à volonté , modérer la force irrilante du sinapisme, en y incorporant une plus ou moins grande quantité de farine de graine de lité En général, il convient de le fséhdés très-actif, de l’étendre à de grandes surfaces ; et lorsqu'on l’applique aux pieds, par exemple, il faut qu’il enveloppe non-seulement cette partie en totalité, mais presque toute la jambe. Si l’on jugeutile de ménager la sensibilité du sujet, c'est plutôt en levant le topique aussitôt que son action devient douloureuse, qu’en diminuant son énergie, ou bétehidbé de sa surface, que l’on doit chercher à remplir cette indication.

Les ponens précédents ne déterminentsur la peau qu’une rubéfaction pius ou moins intense. Les vésicatoires provoquent de plus un afilux assez considérable de liquides, une irritation parfois très-vive, et la formation, à la surface des téguments, de phlyctènes remplies d’une sérosité souvent fort abon-

dante, Le topique destiné à produire ces effets se compose ordinairement, soit d’une pâte de levain saupoudrée de cantharides

en poudre, humectées de vinaigre; soit d’un emplâtre rendu irritant par l’incorporation des mêmes substances ; soit enfin d’une sorte de taffetas composé, qui contient la matière extractive des cantharides. La partie sur laquelle on se propose de faire l’application doit être rasée, puis frictionnée avec du vinaigre jusqu'à ce qu’elle devienne rouge, et enfin recouverte de l’emplâtre vésicatoire , que l’on maintient à l’aide d’un bandage approprié. Douze heures après, l'effet est produit. On ôte l’appareil; ensuite, avec des ciseaux on incise les parois de la phlyctène, et, après l'écoulement de la sérosité, on la recouvre d’une feuille de poirée, de papier brouillard, ou d’un linge fin, enduit de beurre frais. Si le vésicatoire ne doit pas être entretenu ouvert, ces pansements sont continués pendant quelques jours, et la guérison s'opère par le desséchement et la chute spontanée de l’épiderme.

On appelle vésicatoires volants ceux de cette espèce. Les ne a ou les vésicaloires permanents, exigent qu’au second pansement on coupe toute la circonférence de l’épiderme détaché, afin de l’emporter et de panser la plaie, mise à nu, avec une substance grasse, destinée à l’entretenir ouverte, Diverses pommades , et entre autres celle de garou, sont destinées à renouveler son irritation et à l’'empécher de se fermer toutes les fois qu’elle a de la tendance à se dessécher.

On donne le nom de cautères, ou mieux encore , celui de fonticules, à des ulcères artificiels, plus ou moins étendus , que l’on entretient ouverts à l'aide de corps étransers, tels qu’un pois, une boule de cire, un globe de racine d'rris, etc. Tout ce qui peut entamer la peau est susceptible de servir à l'établissement des cautères. On les place loin des os, du centre des muscles, du trajet des tendons, et de tous les endroits qui supportent habituellement des pressions fortes ou des frottements considérables. Au bras, la dépression située au-dessous de l'insertion inférieure du deltoïde ; à la cuisse, l'intervalle compris, inférieurement, entre Ia portion interne du triceps et le troisième adducteur; à la jambe, entre le tibia et le soléaire, au-dessous des expansions tendineuses du conturier, du grêle interne et

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