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LIVRE I. CHAPITRE II. DE L'INFLAMMATION

des autres muscles qui de la cuisse vont s'attacher à la partie interne du membre ; à la poitrine, enfin, les espaces intercostaux : tels sont les lieux où l'on applique le plus ordinairement les cautères. Ils peuvent toutefois être placés aussi sur les côtés du rachis, à la nuque; dans l’écartement que laissent entre eux les muscles splénius, aux hypocondres, sur les articulations malades, en un mot partout où leur présence est jugée nécessaire.

Une des manièresles plus simples d'établir les cautères consiste à faire aux téguments un pli dont on soutient une extrémité, tandis que l’autre est confiée à un aide, et que l’on divise avec le bistouri, L’incision peut également être faite à plat, avec un bistouri convexe perté sur la peau convenablement tendue avec la main gauche. À la partie moyenne de la plaie, on plate une boule de cire ; un plüumasseau enduit de cérat, une compresse et une bande complètent l’appareil. Trois à quatre jours après , on renouvelle le pansement, et toute Ja solution de continuité se cicatrise à l'ordinaire excepté sa partie moyenne, où l’on continue de placer le corps étranger.

Chez les sujets pusillanimes, ou lorsque l'on veut produire d’abord une vive irritation locale, on substitue le caustique à l’instrument tranchant. Le procédé le plus communément employé alors est fortsimple:

un emplâtre de diachylum gommé, percé à son centre d’une ouverture arrondie fort étroite, est placé d’abord sur la partie, à laquelle on le fait adhérer avecexactitude ; dans le trou qu’il présente, on placequ elques petits morceaux de potasse caustique , lé:

sèrement humectée, et par-dessus le tout, un autre émplâtre, non fenêtré, et plus srand que le premier, qu'il doit recouvrir dans toute sa circonférence. Cet appareil, soutenu parur bandage contentif, est maintenu en place pendant huit à dix heures.

I faut avoir soin de faire le trou central du premier emplâtre beaucoup plus petit que ne devra l'être l’escarre que l’on veut obtenir, parce que Ja potasse étend toujours

son action un peu au delà des limites de

celte ouverture. L'effet du caustique étant produit, on ôte les emplâtres, et la partie

tre de cette plaie un pois,

le derme,

étant neltoyée, on panse l’escarre avec un corps gras jusqu'à ce que sa chute ait eu lieu ; aprés*quoi on place un pois dans la plaie qu’elle laisse béante. Quelques chirurgiens préférent à la potasse un petit fragment de nitrate d'argent fondu, dont l’action, disentils, est moins douloureuse et plus sûrement Himitée, parce qu'il n’a pas l'inconvénient de se fondre si vite. Le procédé d'application est d’ailleurs le même,

Les pansements consécutifs Consistent à

renouveler le corps étranger et à recouvrir

la plaie d’une feuille de lierre ou d’un linge enduit de cérat. Si la suppuration languit,

quelque pommade irritante sufñt pour la ranimer, Une compression Roue prévient les végétations qui tendent à se former sur les bords de la solution de continuité , et l’on peut au besoin les réprimer avec le nitrate d'argent ou les HER avec les ciseaux.

Lorsqu'il s’agit de substituer un cautère à la plaie, souvent difficile à entretenir, d'un vésicatoire , il suffit de placer au cend’abord petit, puis de plus en plus gros , que l’on soutient au moyen d’une compresse médiocrement épaisse, Bientôt ce corps étranger déprime le désorganise et se forme un trou plus ou moins profond. Pendant tout ce temps, la plaie du vésicatoire doit être pansée à l'ordinaire ; et lorsque le pois a produit l'effet que l’on attend de son application, on peut recouvrir l’ulcère du vésicatoire de substances adoucissantes, sous l'impression desquelles il se ferme bientôt, à l'exception de l'endroit où le cautère se trouve établi.

Aux cautères , quelques personnes préferent le séton qui, plus étendu sous les téguyments , entretient aussi une irritation plus profonde, et fournit une suppuration plus abondante. La nuque est l'endroit où l’ôn applique le plus souvent cet exutoire; quelques personnes, et entre autres Vaidÿ, en ont fait un grand usage contre les maladies de la poitrine, et le placçaient sur les parois de cette cavité. Pour pratiquer le séton , il convient de préparer une mèche de linge effilée sur ses bords, de manière à ce que cinq ou six fils constituent sa partie

* ET DES OPÉÉATIONS QU'ELLE RÉCLAME. Le.

moyenne , et que ses barbes transversales. gose n'avait eu cependant d'autre, origine

aient quatre à cinq lignes de longueur, Suivant le procédé le Eu simple , cette mèche est passée dans le chas transversal d’une aiguille aplatie, légèrement recourbée et terminée par une pointe acérée et iranchante, que l'on nomme aiguille à séton.

On l’enduit ensuite de cérat. Un pli est fait à la peau, dans une direction perpendieulaire à celle que le trajet ulcéreux doit avoir ; et, pendant que le chirurgien soutient une des extrémités de ce Ed dont l’autre bout est confié : à un aide, l'aiguille est porice sur sa base, qu ’elle traverse, entraînant avec elle la mèche, qu’on laisse dans la plaie. Deux plumasseaux recouverts de cérat, une compresse sur laquelle on replie ce qui reste de la mèche, et une bande servent ensuite au pansement.

Suivant le second procédé, la lame d’un bistouri droit est plongée à la base du pli des téguments , etensuite un stylet aiguillé, qui supporte la mèche, est passé dans la plaie, que l’on a eu soin de rendre aussi étendue à sa sortie qu’à son entrée.

Quel que soit le procédé que l’on ait employé, les Ur ALL consécutifs ont pour objet de retirer la portion de mèche qui a séjourné vingt-quatre heures dans la plaie, et de lui en substituer une autre que l’on a préalablement enduite de cérat ou d’une pommade léoèrement excitante. Lorsque la première mèche est épuisée, on en place une nouvelle, en cousant l'extrémité de celle-ci à la fin de la première, de telle sorte qu’en même temps que l'on retire l’une , l’autre soit introduite , sans fatiouer la plaie. On doit préférer généralement le linge efñlé au coton en mèche, dont quelques personnes font usage pour panser les sétons, parce qu'il est moins irritant et qu’il entretient aussi facilement la suppu-»

ration. Les sétons doivent être pansés avec la plus grande douceur ; car il n’est point rare de voir leur trajet s’enflammer violemment, la peau qui les recouvre tomber en gangrène, et la phlopose, ainsi que la désorganisation des téguments, s'étendre au A Dans plusieurs circonstances, J'ai vu ces accidents produire des ravages tels que la mort en a été le résultat, et la phlo-

que des pansements rudes et mal faits.

Plus douloureux dans son application que les deux moyens précédents, le moxa consiste en un cylindre de coton ou de toute autre matière analogue , dont on opère la combustion sur la peau: Pour le préparer, on prend une certaine quantité de coton cardé, dont on fait un rouleau médiocrement serré, que l’on enveloppe d’un morceau de toile, afin qu'il conserve la, forme cylindrique.

Percy conseillait de substituer à ce moxa des morceaux de la moelle du grand tournesol (helianthus annuus). M, L arrey emploie de préférence les moxas chinois ou japonais qui ont la forme de petits bâtons arrondis, et auxquels le duvet. de l’armoise sert rs base. Enfin, M. Sarlandière a proposé de les faire avec le duvet et les feuilles pilées de la même plante, dont il forme une pyramide, qu’il place par sa base sur l’endroit ou la brûlure doit avoir lieu.

Que l’on ait ainsi multiplié les procédés suivant lesquels on prépare les moxas, il n’y a rien [à qui puisse exciter la surprise ; mais que chacun aîït attribué à son instrument l’avantage de faire les brûlures les plus légères et les plus douces, voilà ce qui doit étonner les physiciens. Élever de sem blables prétentions, c’est vouloir ramener laschirurgie à l’époque d’ignorance où l’on croyait que les cautères d’or où d'argent .

brûülent moins désagréablement que ceux de fer. Ce serait faire injure aux lecteurs que de réfuter des erreurs üe ce genre, Il est évident que les moxas dont je viens de parler ne différent entre eux qu’à raison de la quantité plus ou moins grande de calorique fourni par la matière qui les compose, d'ou résultent des brülures plus où moins profondes et des escarres variables pour l'épaisseur et l'étendue. Les indications que l'on se propose de remplir doivent seules guider le chirurgien dans le choix qu'il est appelé à faire entre eux sous se rapport; et les moxas qui agissent avec le plus de force sont aussi généralement les plus convenables et les plus efficaces, Les cylindres d’armoise brülent seuls; la combustion des autres a besoin d'être alimentée avec un

chalumeau, à moins que l’on n'ait eu la

précaution de faire bouillir le coton, l’amadou, la charpie, ou les autres matières analogues , dans une dissolution concentrée de nitrate de potasse; mais cette circonstance est en réalité d’ ‘une faible importance dans la pratique.

Pour appliquer le moxa, on prend un des cylindres dont nous avons parlé, après avoir allumé une de ses extrémités à la flimme d’une bougie , on applique l’autre sur.Ja peau. Ce cylindre ne doit avoir que dix lignes environ de longueur, sa base . étant coupée parfaitement net , et la partie ayant une Situation horizontale , il se tient ordinairement seul debout. Si le sujet est indocile, ou si, cédant à la douleur, il exécute quelques mouvements, il faut rètenir le moxa avec des pinces. On peut aussi le placer dans l'anneau métallique, supporté par trois petits pieds en ébène, et monté sur un manche, qui forme le portemoxa de M. Larrey , ou le coudre au centre d’une compresse dont on entoure la partie, etqui, étant mouillée, préserve la peau environnante des parcelles de matière enflammée qui jaillissent quelquefois du moxa.

Ces précautions étant prises, on active, s’il en est besoin, la combustion du cylindre en soufflant dessus, soit avec la bouche seule, soit à l’aide d’un chalumeau. On voit bientôt la peau rougir; à une sensation . agréable de chaleur, succède rapidement une douleur vive, qui s'accroit par degrés, jusqu’à la décotpantéation du derme. Cette membrane jaunit sous le moxa, se racornit et se transforme en une escarre brunâtre, sèche, insensible, autour de laquelle les téguments voisins forment des plis rayonnés.

Après la combustion, la partie doit être recouverte d’un linge sec et d’une bande.

L’inflammation se développe graduellement autour de l’escarre, qui se détache et laisse après elle une plaie simple, qu’on peut ou laisser se cicatriser, ou entretenir ouverte au moyen de pois ou d’autres corps étrangers.

Lorsque l’on veut entretenir avec les moxas uneirritation vive et prolongée dans les parties extérieures du corps, il fant les faire petits et les appliquer deux par deux,

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