LIVRE I. CHAPITRE IV. DES SOLUTIONS DE CONTINUITÉ
hérences, et abréger ainsi de beaucoup la guérison.
Ces moyens sont ceux qui conviennent le mieux dans les plaies faites par les armes à feu ; cependant, le trajet des balles devant s’enflammer dans toute son étendue, ce qui ne saurait avoir lieu sans occasionner le son flement des parties, il est utile, lorsque la blessure atteint un membre entouré par quelque forte aponévrose, di inciser largement celle-ci, afin d'agrandir la plaie et de prévenir l’étranglement des organes profondément situés. Ces incisions ne doivent pas être prodiguées , c’est-à-dire qu’il convient d'éviter d’y recourir aux endroits où l’étranglëment n’est point à craindre ; mais aussi l'on ne doit jamais les néoliser, dans les cas contraires ; et alors il vaut nieux les faire plus grandes que plus petites.
La recherche et l'extraction des balles, des morceaux d’habits, des pièces de monnaie, et même des portions osseuses fracturées, doit exciter toute la sollicitude du chirurgien. Si ces corps demeuraient dans nos parties, on les verrait déterminer autour d'eux une inflammation qui, peu vive, occasionnerait l’organisation d’un kyste cellulofibreux , dans lequelils seraient contenus , et peut-être insensiblement altérés et détruits. Plus intense, cette phlogose provoquerait la sécrétion du pus et la formation de fusées ou .abcès étendus et profonds, avec la matière desquelsils s’ouvriraientune issue au dehors.
. Pour les extraire, il faut procéder d’abord à leur recherche, s'assurer de leur situation, et guider sur eux, soit des pinces plus ou moins longues , que l’on n’ouvre que quand l'extrémité de leurs branches les touche immédiatement , soit une cuiller glüssée le long de la paroi opposée de la plaie, et dont on fait passer le bec sous eux, afin de les faire tomber dans sa cavité ; soit enfin un tire-fond, qui ne convient que lorsque la balle est enchâssée et retenue avec force dans la substance d'un os. Des pinces
longues de huit à dix pouces, garnies de
mors à cuiller , et à branches croisées, ou même des pinces à pansement ordinaire, sont de tous les tire-balles celui dont l’u-
sagetest le plus sûr, le plus simple et le plus généralement RSS
Quelquefois , afin de retirer plus facile- 4
ment les projectiles, ou seulement pour rendre plus libre l'écoulement du pus, on pratique des contre-ouvertures. Le bistouri, guidé , ou par la saillie de la balle , ou par l'extrémité d'un stylet introduit dans la plaie, sert à cette opération, dans laquelle on doit éviter le trajet des nerfs et des vaisseaux importants. Ces premiers soins étant donnés , il faut panser la plaie de la manière la plus douce, et rester attentif à combattre, par tous lesmoyens convenables, l'excès d’inflammation qui pourrait s’en emparer. .
Parmi les accidents auxquels les plaies d'armes à feu donnent plus spécialement lieu que les autres, il faut ranger, d’une part, la commotion et la stupeur plus ou moins étendues et profondes des parties blessées, de l’autre, les spasmes et le tétanos, résultats fréquents de la dilacération des tissus serrés et abondamment pourvus de nerfs,
Caractérisée par le refroidissement de la surface cutanée, la diminution de la sensibilité, la perte momentanée du mouvement, soit de la partie blessée, soit, lorsque
Pébranlement s’est propagé aux centres nerveux, de la totalité du corps, et alors
aussi par la faiblesse du pouls, le ralentissement de la circulation, la suspension des actions sensoriales et hr fonctions intellectuelles, la commotion fait naître d’abord et constamment l'indication de rappeler la vie à l’aide des stimulants. Les frictions sèches, irritantes, aromatiques, sur les membres, le tronc et surtout la région précordiale ; l'approche sous le nez de diverses liqueurs excitantes du sysième nerveux, l'administration de préparations alcooliques variées, les sinapismes aux membres inférieurs, tiennent alors le premier rang. Mais, aussitôt qu’on est parvenu à réveiller la vie prète à s’éteindre , il importe de substituer à la médication sthénique , l'usage des délayants, et même les évacuations sanguines, afin de prévenir une trop vive réaction , et le développement d'accidents inflammatoires trop intenses. Cette substitution d’un mode de traitement à l’autre exige beau-
| coup de tact et d’habileté, pour être opérée
en-temps opportun et pour rester dans des bornes convenables.
La stupeur.a quelque chose d’ataxique, d'irrégulier, de désordonné : elle consiste en une atteinte profonde , plutôt vitale encore que mécanique, portée au système nerveux. Les moyens indiqués contre la commotion doivent lui être opposés; mais, tandis que l’ébranlement , en se dissipant, laisse les parties disposées à la guérison ou seulement à la phlogose, la stupeur est souvent remplacée par des phénomènes irrésuliers d’excitation, qui doivent être combattus à l’aide de médications variées selon les appareils organiques qui en sont spécialement le siése. Les antispasmodiques, les évacuations sanguines locales, les révulsifs, et particulièrement les vésicatoires appliqués à la nuque ou le long de la colonne dorsale, constituent les moyens les plus généralement utiles contre cette dangereuse complication.
Toujours produit par l'excitation des centres nerveux, le tétanos dépend, chez les : blessés, tantôt de la lésion traumatique ellemême , et tantôt d’affections diverses des viscères. Lombard voulait que les vers inlestinaux fussent la cause la plus générale Ce son développement ; mais l'expérience a fait Justice de cette proposition. Le tétanos débute presque toujours par le resserrement “es mâchoires, et recoit alors le nom de trismus. De là, le spasme s'étend aux muscles «de la nuque, de la gorge, du tronc et des membres; et, selon que ces parties sont renversées dans l'extension, fléchies sur elles-mêmes, ou inclinées latéralement , on le désigne par les termes" d' d D honos et de plewrostih vent déterminée par le froi 14 surtout les brusques varratiô riques , cette affection est presque toujours mortelle. À l’ouverture des cadavres, on découvre, le plus ordinairement, dans la moelle épinière ou dans ses enveloppes, les traces de l’inflammation rachidienne qui la provoque.
Le traitement du tétanos doit reposer d'abord sur la recherche et la connaissance des causes internes ou eKtérnes qui l’ont occasionné. En général , on le prévient, chez
les blessés, à l’aide d’une hygiène judicieuse et rationnelle , et surtout au moyen de débridements convenables , de pansements doux , émollients , calmants et rares, dans lesquels on évite d'exposer souvent et trop longtemps les parties divisées au contact de l'air. On peut le combattre en faisant cesser ses causes provocatrices , et ensuite en opposant à la myélite rachidienne des évacuations sanguines générales, des applications de sanosues ou de ventouses scarifiées le long de la colonne vertébrale, des bains tièdes associés aux affusions froides sur la tête, des boissons délayantes lésèrement Mo cetiques. L’acétate de ns UE appliqué selon la méthode endermique, à la.
dose d’un quart ou d’un demi-grain , sur la plaie d’un vésicatoire placé à la nuque, a produit de bons effets, L’opium, à très-haute dose, ne justifie pas généralement la grande réputation que sa propriété stupéfiante lui a faite. Le musc et le castoréum, à la dose d'un à deux gros par jour, divisés en prises de huit à quinze grains , toutes les heures, ont été associés avec succès aux moyens précédents. L’alcali volatil, à la dose de dix à douze gouttes dans deux ou trois onces
. d’eau, répété jusqu’à la production de l’effet
sudorifique , a, parfois, spécialement dans les pays chauds, procuré une détente favorable. Il en est de même des bains alcalins, composés de décoction de cendres, avec addition d’une à deux onces de pierre à cautère, et de Îla potion alcaline du docteur Stultz, fqui contient de un à quatre gros de carbonate de potasse dans six onces d’eau distillée; moyens dont l’action diaphorétique est très-marquée. L’amputation, conseillée afin d'arrêter la marche du tétanos dès qu’il se manifeste, n’a que rarement été suivie de succès. Il en est, malheureusement, presque toujours de même des médications indiquées plus haut, soit employées seules, soit combinées entre elles. Dans l’état actuel de la science, c’est plutôt à prévenir le tétanos qu à le guérir qu’il faut s’attacher : le premier but peut être atteint ; tandis que le second sembie trop souvent audessus de la puissance de Part.
L’arrachement des membres les plus con- :
sidérables n’est pas suivi d'accidents aussi
graves qu’on pourrait le croire au premier abord. Les plaies de ce genre, quel que soit le volume des artères déchirées, ne sont point suivies, par exemple, des hémorragies qui Sémbleraient inévitables, tant les tuniques de ces vaisseaux , après avoir été allongées outre mesure, reviennent avec force sur elles-mêmes, et se cachent profondément dans les parties. Lier celles des branches artérielles que l’on peut découvrir, rapprocher autant que possible les bords des plaies, prévenir et combattre la trop vive inflammation des tissus qui en sont le siége : telles sont les indications qui se présentent dans la plupart des cas de ce genre, et qu'il suffit d'indiquer pour que l'on conçoive à l’aide de quels moyens on parvient à les remplir. La guérison est presque toujours prompte et facile.
Il est des circonstances où, en même temps qu'une plaie est faite, une matière étrangère, plus ou moins active, vénéneuse, septique ou irritante, se trouve déposée dans le tissu de nos organes, et détermine, par son absorption, des accidents plus ou moins graves. Dans ces cas, la blessure est envenimée où empoisonnée , et la première indication à remplir doit toujours être d’éliminer ou de détruire la matière toxique qu'elle recèle. C’est ainsi que les piqüres faites en disséquant des cadavres déjà fort avancés doivent être lavées à grande eau, et ensuite cautérisées. Les piqûres d’abeille, lorsqu’elles sont multipliées, exigent que l'on ôte d’abord l’aiguillon que l'anal peut y avoir laissé, et à la base duquel se trouve une vésicule qui verse un liquide irritant dans le canal de la plaie. H faut ensuite plonser la partie dans un bain froid, et la recouvrir pendant plusieurs jours de compresses trempées dans de l’eau vinaigrée froide, que l’on arrose à mesure qu’elles se sèchent,
Plus que les blessures précédentes, la morsure de la vipère occasionne dés accidents praves; et quoique, ellene soit que très-rarement mortélle pour l'homme, cette lésion donne cependant lieu à des phénomènes parfois très-alarmants, Une douleur vive se fait sentir sur-le-champ;
le gonflementetlinflammationnetardentpas !
dans nos contrées, |