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LIVRE L CHAPITRE IV. DES SOLUTIONS DE CONTINUITÉ

soit en des rétrécissements d'ouvertures normales ou en des organisations de brides, qui maintiennent immobiles , déviées et en contact, des parties importantes, qui devraient être séparées et susceptibles de mouvement.

Lorsque les paupières , le nez, les joues, les lèvres , la paroi antérieure du cou et la trachée-artère, l’urètre et les téguments qui le recouvrent, les parois adossées de la vessie et du vagin chez la femme , ont éprouvé des pertes de substance considérables, et que leurs solutions de continuité sont cicatrisées , en laissant des ouvertures anormales plus ou moins grandes, l’art met à profit, afin de remédier aux infirmités qui en résultent, les propriétés adhésives de nos tissus. Rafraichir les bords des plaies et les rendre saignants, puis les mettre et les maintenir pendant un temps suffisant en contact, soit entre eux , soit avec d’autres portions de peau , détachées de régions plus ou moins éloignées, telles sont les règles gé-

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nérales qui président aux opérations de ce :

Hanre Le.

Dans les cas les plus simples, comme dans ceux du bec de lièvre, par exemple, les bords de la plaie étant excisés, on rapproche l’une de l’autre les portions séparées de lorgane; et la suture, ordinairement entortillée, assure leur contact jusqu’à l’époque de l’adhésion, :

Lorsque la perte de substance est trop considérable pour être effacée au moyen de la simple extension des parties, on parvient souvent à la combler en détachant, dans une seule ou dans plusieurs directions, les téguments qui forment les bords de la solution de continuité, ce qui permet de les alionger davantage et d'appliquer leurs lèvres rendues saignantes entre elles, C'est ainsi qu’on en use parfois pour les lèvres, les joues, le périnée , etc.

Certains cas exigent que l’on cerne, au voisinage de l'ouverture à combler, un lambeau de tégument que l’on applique sur elle, et qu'on y maintient jusqu’à la cicatrisation, Tantôt ce lambeau tient à la plaie, avec un des bords de laquelle il se continue, de manière à ce qu’il n’éprouve, pour être placé convenablement, qu’un mouvement

de rotation ou de locomotion sur son pédicule, Tantôt, au contraire, il n’a aucune

communication ayec la solution de continuité à

combler, et pour être appliqué sur elle, il faut imprimer à son Le “une te indispensable , afin de diriger sa surface saignante vers celle qu’on a préparée pour le recevoir.

Dans l'exécution de ce procédé, il importe , 1° de prendre bien exactement la mesure de la perte de substance qu'il s’agit de réparer, et de donner au lambeau une étendue d’un quart ou d’un tiers plus considérable qu’elle, afin de pourvoir à la tendance extrême qu'il a à se rétracter ; 2° de détacher les téguments en laissant sa wie à leur face interne le plus d'épaisseur possible de tissu cellulaire; 83° de donner au pédicule une largeur assez grande pour qu’il contienne la quantité de vaisseaux sanguins nécessaire au maintien de sa nutrition.

La torsion de ces lambeaux sur leur pédicule ajoute à la difformité, comprime les vaisseaux, diminue leur influence nutritive,

et par conséquent doit être évitée toutes les

fois que la disposition des parties le permet.

Une méthode souvent employée autrefois pour les pertes du nez, consistait à faire à Vavant-bras une plaie avec les lèvres de laquelle on cousait les bords rafraichis de la déperdition de substance faciale , et à maintenir les parties en rapport jusqu’à complète cicatrisation. Après cela on taillait sur le

* membre une quantité suflisante de peau

pour reformer la saillie nasale abattue.

Cette adhésion a été quelquefois pratiquée entre deux individus, et lorsque la plaie ‘avivée de l’un était Ride avec les bords d’une incision faite à l’autre, on taillait sur celui-ci une quantité de peau suflisante pour reconstituer ce qui manquait au premier. | |

On cite des exemples de réparations du nez opérées au moyen de l’avivement de la surface de la plaie résultant de Ia blessure, et de la prompte application d’un nez détaché à l'instant d’un autre individu. Des voleurs , dit-on , voulant remédier à la diffor-

mité d’un de leurs chefs, vont chez un

chirurgien , et, lui ayant entendu dire qu’il

pourrait agir de cette facon, sortent de l’'of- |

ficine, saisissent un passant , lui coupent le nez , et le font appliquer au visage du bandit, qui guérit fort bien. Quelques voyageurs prétendent que, dans l’Inde, ce moyen est parfois employé, soit en négociant l’achat d’un nez nouveau, soit en s’emparant de force de celui du prochain. Il est inutile de multiplier davantage ces contes, qui ont trop longtemps déshonoré l’histoire de notre art.

La transplantation des dents, si communément employée encore dans le dernier siècle, n’était rien autre chose qu’un emprunt de cette nature. Mais la dent placée dans l’alvéole des riches ou des puissants n’y vivait pas , elle y restait mécaniquement enchâssée ; et, bien qu’elle remplit d’une manière assez SM ee le double usage auquel on la destinait, c’est-à-dire d’effa-

cer la difformité et de servir à la mastication,

l'emploi des dents artificielles a cependant prévalu,

Il est évident que, plus on dénude, plus on rétrécit à leur pédicule les portions de peau destinées à remplir les vides laissés par des pertes de substance, et plus on y affaiblit la puissance vitale , l'énergie circulatoire , et plus on y prépare, par conséquent, des chances de gangrène. Sous ce point de vue, le premier des procédés décrits est donc de tous le plus simple à la fois dans son exécution et le plus certain dans ses résultats, Le dernier, au contraire , répugne à la morale, outrage lhumanité et ne réussit pas plus souvent que la réapplication d’une partie complétement abattue contre la surface d’où elle a été détachée.

Pour les procédés intermédiaires , l'ordre de leur classement est aussi celui selon lequel il faudrait les ranger, en considérant les probabilités de leur succés.

Ordinairement produites par les brûlures aux troisième et quatrième degrés, les cicatrices saillantes, bridées, étroites, qui retiennent les parties dans l’immobilité, ont été, d’une part, observées, sur toutes les régions du corps, et de l’autre opposent à la chirurgie qui s’efforce de les étendre ou de les détruire une résistance dont il est difficile d'acquérir une notion exacte, si l'on n’en a pas éprouvé les effets, Ainsi que

le démontrèrent Dupuytren et Delpech , les cicatrices ont pour base un tissu fibreux, élastique ; solide, éminemment rétractile, qui résiste aux extensions, revient incessamment sur lui-même après qu’elles ont cessé, ou se reproduit plus solide et plus épais après qu'il a été divisé. Aussi n'est-il, maloré leur apparente simplicité, aucune difformité plus rebelle à la puissance de l’art que celles dont les cicatrices bridées dont il s'agit sont la cause.

Le procédé le plus simple qu’on puisse Jeur opposer consiste dans la division perpendiculaire de toute leur hauteur, du bord libre à la base, sur un ou plusieurs points de leur étendue, et dans le maintien des parties, redevenues libres, au plus haut degré possible d’écartement. Le menton, attaché contre le sternum , sera relevé jusqu’aux dernières limites de l’extension de la tête ; les doigts reployés dans la paume de la main , l’avant-bras fixé contre le bras, seront étendus sur des atteiles jusqu’à l’époque de la cicatrisation. Des corps étrangers solides , placés dans ia plaie, contribueront peut-être à ce que la cicatrice se reproduise avec sa forme primitive. Ce moyen est spécialement employé dans les adhérences palmées des doigts , etc.

Quelques chirurgiens ont, avec raison, assimilé certaines cicatrices étroites, saillantes et membraneuses , au Jobule de l’oreille, ou à la cloison du nez , ou à d’autres parties proéminentes du corps, dans lesquelles certains peuples sont dans l'usage de pratiquer des perforations , qui deviennent permanentes , et se consolident par la présence de divers ornements. Ils ont proposé dès lors de perforer ces cicatrices près de leur base, de les traverser avec un fil de plomb, et de laisser ouérir le trajet fort court parcouru par celui-ci. Ce résultat étant obtenu , ils ont divisé le reste de la bride depuis l'ouverture faite jusqu’au bord saillant , et ont rendu ainsi aux parties leur liberté. Le point cicatrisé d’abord s’est opposé, dans ce cas , à la force qui tend ordinairement à reproduire la bride.

Delpech et plusieurs autres praticiens habiles ont pensé que le moyen le plus sûr d’empécher les brides de se renouveler, con-

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