LIVRE 1. CHAPITRE 1Ÿ. DES SOLUTIONS DE CONTINUITÉ
siste à les exciser complétement par deux
incisiofs parallèles à leur direction , et pé- à nétrant jusqu’au delà du tissu cellulaire qui !
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leur Sert de base, de manière à enlever complétement celui-ci. Puis, les parties étant ramences à leur situation normale, on devait réunir d’un côté à l’autre les bords de la section faite, après avoir détaché la peau sur les deux côtés de la plaie, si cela semblait nécessaire , afin d'opérer une réunion parfaitement immédiate. J'ai plusieurs fois employé ce procédé avec un succès complet.
Pour les lèvres, pour les paupières, maintenues renversées à la suite de brèlures qui avaient détruit uné portion considérable de la peau de ces parties, on a pratiqué une véritable restauration des organes lésés en leur rendant une quantité de téguments équivalente à celle qu'ils avaient perdue. La bride étant divisée transversalement, ou mieux encore complétement excisée, et lorgane se trouvant ramené dans sa situation
naturelle , le chirurgien prend alors la me-.
sure de la plaie devenue béante, et détache, près de cetie plaie, un lambeau de peau , à la manière ordinaire, qu’il tord sur son pédicule, ou qu’il tourne sans renversement, de manière à ce qu’il vienne s’appliquer, par sa surface saisnante , contre la solution de continuité, où on le fixe au moyen de points de suture.
Quelquefois enfin, on peut déplacer en quelque sorte la bride et arriver ainsi à la ouérison. Si, partant de la partie la plus mobile de celles qui sont rapprochées, deux incisions vont se réunir à angle aigu sur ja portion opposée, et comprennent entre elles non-seulement la cicatrice vicieuse, mais une portion de peau située au-dessous , on aura un lambeau en V, qu’il sera facile de détacher de son sommet vers sa base. Les parties étant ensuite ramenées à leur situation normale ; ce lambeau contenant la cicatrice sera étendu dans la plaie, dont fa portion la plus étroite, restée à découvert, pourra être facilement réunie d’un côté à l’autre , au-dessous de lui, Dans un cas où la tête était fixée sur la poitrine par suite d’une profonde brûlure au cou, j'ai récemment mis cette opération en pratique avec
un succès presque complet, et qui l’eût été entièrement si la gangrène, en frappant le sommet du lambeau, n’eût pas reproduit en partie la perte de substance.
Il existe, ainsi que je l’ai déjà fait observer, un singulier et affligeant contraste entre la simplicité apparente des cicatrices formant des brides et l'énorme difficulté que présente le rétablissement des mouvements que leur présence rend impossible. Il semble qu’il n’y ait qu’une section à faire, et
que tout va rentrer dans l’ordre normal, .
tandis que les précédés les plus compliqués,
les efforts les plus puissants , non-seulement échouent, mais laissent parfois le mal plus orand qu’il n’était auparavant. Le chirur-
ÉLÉMENTS DE CHIRURGIE, T. fs
gien ne saurait donc être trop circonspect dans les promesses qu’il pourra faire sur les résultats probables de ses opérations. Au surplus, parmi les procédés indiqués les incisions simples ne réussissent presque jamais, quelque précaution que l’on prenne ensuite pour maintenir les parties écartées; la perforation et la cicatrisation sur un corps étranger est déjà moins incertaine; mais l’excision suivie de la réunion, la séparation triangulaire de la cicatrice, la restauration u de la perte de substance au moyen d’un lambeau pris sur les parties voisines , sont les moyens qui présentent le plus de certitude et qui, choisis d’après la diversité des cas, sont le plus généralement suivis de succès.