LÉSIONS DU PHARYNX ET DE L'OESOPHACE
corps étranger par les voies supérieures; 2° le précipiter, si l'extraction est impossible, dans l'estomac; 8° à attendre, en l’abandon-
nant dans le lieu qu’il occupe, que la nature
détermine son expulsion PPOAReSs }° en- fin, à le retirer directement, à travers une
laie pratiquée au cou, c’est-à-dire à l’aide P
de l'opération de l’æsophagotomie.
Toutes les fois que le corps étranger, fixé versles piliers du voile du palais, les tonsilles
ou à la partie supérieure du pharynx, peut être vu ou touché par le chirurgien , il devient facile de diriger sur lui des pinces à pansement ou à polype, droites ou recourbées , afin de le saisir et de l’extraire. Le blessé doitètre assis vis-à-vis d’une fenêtre, la gorge bien éclairée, la bouche largement ouverte, la tête renversée en arrière, et soutenue contre la poitrine d’un aide. À une profondeur assez considérable pour que l’œil ne puisse l’apercevoir ni le doigtile sentir , on peut souvent encore porter sur le corps étranger de longues pinces, solides, recour- : bées sur leurs bords, terminées par des cuillers garnies d’aspérités à leur face interne, Cet instrument, enduit d’un corps gras comme le beurre, doit être introduit fermé, avec précaution, jusqu’à ce que son extrémité touche le corps étranger. Le chirurgien l’ouvre alors, dirige les mors dans le sens que l'exploration lui fait présumer le plus favorable, et, écartant les parois œsophagiennes, s'efforce de le saisir; puis, serrant avec une force suffisante , il cherche, au moyen detractions ARTE à le débagér et à l’attirer au dehors. Aux pinces, qui n’agissent quelquefois pas avec assez de puissance, et qu’on ne peut faire pénétrer au delà d’une certaine pro-
fondeur, il convient, dans les cas plus diffi-
ciles, de substituer un crochet mousse en argent, faisant suite à une tige arrondie, bible, longue de quatorze à quinze pouces, et terminée, du côté opposé, par un
anneau. Ce crochet est porté jusqu’au-des-"
sous du corps étranger, puis relevé, en dirigeant son ouverture de manière à saisir celui-ci, à le soulever et à le dégager. On a monté, à l'extrémité d’une tige de baleine, un erochet double et Hole. qui semble plus commode que le crochet simple ; mais ÉLÉMENTS DE CHIRURGIE, T, I.
w Je n'ai pu lui découvrir aucun avantage sur celui-ci dans les cas nombreux où j'ai fait usage de ces instruments. Il n’est pas aussi | facile qu'on le pourrait croire, au reste, de les diriger sûrement à une certaine D OTEN.
deur. A raison des contractions convulsives des organes dans lesquels on agit, ces crochets soulèvent parfois la membrane muqueuse, lui font faire des replis, et s’arrétent de manière à ce qu'il soit difficile de les retirer. L’embarras peut être grand alors, ainsi que je me rappelle l'avoir éprouvé assez récemment. On conçoit qu il faut se hàter de repousser l'instrument en bas, de lui imprimer un mouvement de rotation, et de le dégager, afin de l’amener dans une direction plus convenable. Afin d'éviter cet inconvénient, ou plutôt ce danger, j'ai fait percer l’extrémité libre de mon crochet, d’un trou, dans lequel j'ai fixé l'extrémité d’un long cordonnet de soie, dont l’autre bout est saisi avec l'anneau de l'instrument. Et l’introduisant ainsi armé, le cordonnet étant lâche, le crochet jouit de toute sa propriété prenante; mais sl s'arrête contre des replis muqueux, il suflit de tirer le cordonnet et de le tendre, pour éloigner les parties étrangères, et prolonger le bec recourbé par une ligne droite qui le rend inoffensif. Ce mécanisme m'a semblé unir la simplicité à la sûreté.
Aux pinces et au crochet, viennent s’ajouter, mais en présentant beaucoup moins de‘puissance et d'avantages, l'éponge contenue dans un tube, que l’on porte au-dessous du corps étranger, dont on provoque le gonflement par l’ingestion de quelque liquide, et qui, retirée ensuite, est destinée à le soulever et à l’amener au dehors ; des anneaux en argent, engagés les uns dans les autres, et destinés au même usage, etc.
M. Charrière, dans une circonstance grave,
‘nous avait construit au Val-de-Grâce une
sorte de pince à quatre branches élastiques, qui devait s'ouvrir au-dessus du corps étranger, dilater l’œsophage contracté, et permettre à une seconde pince servante, plus petite, d'aller saisir ce corps, et de j’'amener dans la grande. Mais ces moyens sont trop compliqués, et la manœuvre en
‘sera toujours:trop difficile pour qu'ils puis
sent entrer dans le domaine usuel de l’art.
Enfin, on a eu recours, pour provoquer l'expulsion de corps étrangers arrêtés dans l'œsophage , à l’ingestion d'une quantité considérable d’aliments mous et pulpeux, comme la panade, une bouillie épaisse, etc., ingection suivie de l'administration d’un vomilif. Si la manière d'agir de cette médication est facile à comprendre, on deyra remarquer qu’elle peut offrir des inconvénients, lorsque le corps étranger est volumineux et très-solidement enclavé dans la place qu’il occupe.
Il est hors de doute que si aucun des
moyens qui viennent d’être indiqués n’est
suivi de succès, le chirurgien doit s’occuper de faire continuer au corps étranger son chemin , el de le précipiter dans l’estomac. Ce moyen peut être employé sans le moindre inconvénient pour les corps alimentaires disestibles, ou inoffensifs à raison de leur forme globuleuse ou arrondie. Il n’en serait pas de même de fragments métalliques , d'os inégaux et compactes, ou de substances susceptibles de blesser ou d’enflammer les viscères. Qui pourrait assurer qu’en pressant sur une esquille inégale ou pointue , elle ne dilacérera ou ne percera pas l'œsophage , au lieu de parvenir à l’estomac? Ce procédé n’est donc pas aussi généralement applicable que Sue l'a établi dans son savant mémoire. Lorsqu'on juge cependant opportun de l’employer, une tige de baleine surmontée d’une éponge, et portant le nom de Willis, une grosse sonde en gomme élastique, garnie de son mandrin, ou même un poireau, comme l’employait notre bon Paré, sont autant d'insitruments à l’aide desquels on peut l’exécuter.
Les pressions doivent étre lentes, soutenues, proportionnées aux douleurs qu’elles OCCasionnent , et, dans les cas douteux , il est plus prudent de s'arrêter, que d'agir ‘ayec trop de violence.
Lorsque le corps étranger est si fortement fixé dans le lieu qu'il occupe que ni les pinces, ni les crochets, ni leg pressions.
les DMEUS dirigées, ne peuvent le déplacer, le chirurgien doit ou abandonner Le ma lade aux ressources
? 2 0 l'organisme » OU recourir à Popération, Les-
que déploie parfois.
maîtres les plus habiles, tels que Desault; Chopart, Boyer, Delpech, Richerand, S. Cooper, penchent pour le premier avis, surtont si le corps étranger ne fait pas au cou de saillie susceptible de guider les instruments tranchants, et d’écarter les vaisseaux et les nerfs de la route qu’ils doivent suivre. Il faut, suivant eux, temporiser alors, combattre les accidents, maintenir le malade à un régime sévère , le nourrir au besoin à l’aide de lavements, lui faire prendre des boissons adoucissantes et huiïleuses , et attendre ainsi patiemment le résultat du travail éliminateur.
Trois chances de salut se présentent, dans ces cas difficiles, en faveur du malade :
1° L’inflammation, d’abord provoquée par la présence du corps étranger , et qui, en tuméfiant les tissus, contribue à le faire retenir avec plus de force, peut tomber
au bout de quelques jours. De la suppura-
tion s'établit alors ; les parties se détendent
et s'affaissent, et le corps étranger, devenu
plus libre, peut céder aux efforts spontanés d'expulsion des organes, ou aux tentatives de l'art, pour le pousser plus avant ou pour l’extraire.
2° Quelques substances solides, alimen-
taires, et même, selon B. Bell, des frag-
ments d'os spongieux , sont susceptibles de
| s’altérer par leur séjour prolongé dans l'œ-
sophage,de s’y ramollir, d’y devenir friables, et, après un temps plus ou moins long, de s’y briser et d’être rejetés par parcelles au dehors.
3° Enfin, des corps étrangers, aigus et acérés, peuvent graduellement user les parois œsophagiennes, les perforer, se frayer un chemin à travers les tissus environnants,
|et arriver ainsi sous la peau, soit en provo-
quant la formation d’abcès avec le pus desquels ils sortent, soit sans exciter autour d'eux de suppuration appréciable.
Or, ces chances, dont la timidité s’est
exagéré l’importance, sont en réalité très-,
faibles en faveur des malades. Pour quelques corps très-aieus et très-déliés, comme des aiguilles, des épingles ou des arêtes de poisson, qui sont sortis! spontanément par les voies naturelles ou se sont ouvert un chemin
seigle