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LÉSIONS PU PHARYNX ET DE L'OESOPHAGE

à travers les parties voisines, une foule de cas attestent que la mort a presque toujours été le résultat d’une temporisation trop obstinée, En parcourant les écrits des observateurs, on voit des corps de toute espèce, tantôt peu volumineux, mais irréguliers, tantôt altérables et arrondis comme une châtaigne, par exemple, tantôt aigus comme de grosses arêtes ou des fragments d’os très-allongés , déterminer des lésions subitement mortelles par l'ouverture d’artères volumineuses, telles que les carotides, l'aorte, l'artère pulmonaire. D'autres fois, la partie postérieure de la trachée a été perforée, et la mort eut lieu par suite de la communication établie tout à coup entre les voies de la digestion et celles de la respiration, M. le baron Larrey rapporte, dans sa Clinique, l'exemple d’un homme qui mourut par suite de l’inflammation intense résultant du séjour prolongé d'un écu de cinq francs dans la partie la plus inférieure de l’œsophage. Sans faire de grands frais d’érudition, j'ai rassemblé plus de vignt cas

de mort, récemment observés dans l'armée,

sans qu’un seul exemple de guérison établisse la moindre compensation en faveur de l’inaction proposée.

Toutes les fois donc qu’un sujet porte un corps étranger arrêté sur quelque point de l’'æsophage, sans qu’il existe aucun phéno:mène très-alarmant, sans que ce corps fasse saillie, il se peut sans doute que l'organisme s’en débarrasse; maisilest bien plus fréquent aussi de voir survenir des accidents mortels, que rien ne peut empêcher avant leur manifestation, ni faire cesser lorsqu'ils ont lieu. Abandonner à lui-même un homme placé dans de telles circonstances , c’est se résoudre à le voir guérir ou succomber sans rien tenter pour le soustraire aux chances

prépondérantes qui le menacent. S'il gué-

rit, on s’applaudit sans doute de l’inaction

que l'on a choisie ; mais s’il succombe, qui :

absoudra le chirurgien d’être resté spectateur glacé d’un événement aussi déplorable ?

Les procédés opératoires proposés pour la pratique de l'æsophagotomie, et restés en projet plutôt que mis à exécution, se réduisent aux suivants :

Selon Guaitani, le malade sera assis sur

une chaise, ayant la tête penchée en arrière, et soutenue par un, aide, qui la maintiendra immobile. L'opérateur situé en avant, ayant pincé transversalement la peau du cou, et fait pincer de même le côté gauche par un aide, fera, avec un bistouri droit, une incision longitudinale aux téguments, depuis la partie supérieure de la trachée jusque près de la partie supérieure du sternum, Il dégagera ensuite le tissu cellulaire, la graisse, les membranes, etc. Il observera de ne porter le bistouri ou le sealpel dont il se servira, qu'entre les muscles sterno-hyoïdiens et sterno-thyroïdiens gauches, et le corps de la trachée du même côté, Il placera ensuite deux érignes mousses, à deux branches, à droite et à gauche, et écartera par ce moyen les lèvres de la plaie ; puis, dégageant le tissu cellulaire du côté de la trachée-artère, avec le doigt et quelques coups de bistouri, il verra l’œsophage, sur lequel il fera une ineision longitudinale dans l’endroit le plus bas, laquelle il dilatera ensuite de bas en haut avec des ciseaux courbes et mousses. S'il y trouvait de la difficulté, il se servirait d’une sonde cannelée pour en favoriser le passage.

Ilintroduira ensuite de petites tenettes courbes, à pen près comme celles qui servent à l'extraction des polypes dans le gosier, pour retirer le corps étranger. L'œsophage étant ouvert dans l’endroit indiqué, on pourra, au moyen de ces tenettes, retirer le corps étranger, soit qu'il siége au-dessus ou au-dessous de l'incision. Cetie ouverture sera même avantageuse dans le cas où le corps serait si avant qu'on ne pourrait le saisir avec les tenettes, parce qu’il serait alors assez facile de le pousser dans l’estomae avecune bougie ou d’autres instruments semblables. Le bandage unissant des plaies longitudinales servira ensuite à favoriser la réunion dela plaie.

Chopartet Desault, résumant et modifiant.

les préceptes du chirurgien de Sa Sainteté, supposent que lon ne doit opérer que sur la saillie formée au cow par le corps étranger arrêté dans Fœsophage. Le malade,

disent-ils, élant couché ou assis et assujetti. ,

convenablement, le chirurgien, placé de-:.

vant le côté droit, tendra la peau avec le pouce et le doigt du milieu de la main gau-

che, appliqués de chaque côté du corps étranger, et avec l'index au-dessus, où il portera la pointe du bistouri, et incisera longitudinalement dans l'étendue d’environ deux pouces, d’abord la peau et le peaucier; puis, en écartant ces parties avec les doigts ou des crochets plats, il coupera dans une étendue suffisante le tissu cellulaire et l'æsophage, entre le sterno-hyoïdien, le sterno-thyroïdien et l’omo-hyoïdien, évitant du côté interne la trachée-artère et le merf récurrent, du côté externe la carotide et la veine jugulaire interne, en haut les vaisseaux thyroïdiens supérieurs et en bas les inférieurs. Enfin, il extraira, avec les doiots, une curette ou des pinces, le corps étranger, s’il n’est pas expulsé par la plaie. Après avoir arrêté l’hémorragie et redressé le cou du malade, il tendra les bords de la division, rapprochés à l’aide d’emplâtres agglutinatifs et d’un bandage convenable.

Cette description se retrouve, à quelques variations insignifiantes près, dans les ouvrages de B. Bell, Boyer, Richerand, et la plupart des écrivains de notre époque.

Vacca Berlinghieri imagina de suppléer à la saillie du corps étranger, lorsqu'elle n’a pas lieu, à l’aide d’un instrument fort ingénieux, analogue à une algalie : c’estune longue tige en acier, recourbée, fendue en deux moitiés latérales, qui s’écartent par leur élasticité, Cette tige est reçue dans une ‘canule en argent, également recourbée, ‘ouverte le long de son côté gauche, et dont le fond maintient rapprochées les deux par- ‘ies de la tige. Le malade placé comme l’a- ‘vait indiqué Guattani, on doit inciser les ‘parties molles du cou jusque près de l’æsoiphage ; puis, introduisant la canule pour- ‘vue de sa tige dans l’œsophage, jusqu’à ce “que ‘son extrémité arrive au niveau de la ‘plaie ‘extérieure, on maintient la canule #mmobile, tandis qu’un aide retire un peu fa tige. La partie gauche de celle-ci, se dé- Sageant alors du cul-de-sac qui la retenait, sort à travers la fente de la canule, soulève de ‘côté gauche de l’œsophage et sert de guide à l’instrument qui cherche à pénétrer dans ce conduit.

M. Roux a proposé de substituer à l’ectopæsophage de Vacca une algalie ordinaire,

dont le bec pourrait aisément étre incliné vers la plaie et présenter au bistouri les parois œsophagiennes. On a enfin conseillé l'usage de la sonde à dard, que frère Côme employait pour la taille sus-pubienne. On recommandait d'introduire cette sonde dans l'œsophage, après l'incision des parties molles du cou, puis, après avoir fait saillir son bec, de faire pousser le dard par un aide, de le saisir et, sur la cannelure de sa concavité, de porter le bistouri jusque dans l'intérieur du conduit.

Il est évident que ni Guattani et ses imitateurs, ni Vacca et les estimables auteurs des modifications apportées à son procédé, n’ont eu des idées justes de la pratique de l'œsophagotomie chez l’homme malade. Ils ont manifestement raisonné en conséquence d'essais tentés sur le cadavre ou sur les animaux, et non d’après ce qu’on observe sur le sujet vivant. D'une part, il est impossible d'agir convenablement sur l’œsophage de l’homme dans les limites fixées par les premiers; de l’autre, les instruments conducteurs proposés par les seconds ne sauraient ètre introduits, maintenus, manœuvyrés avec une précision suffisante pour servir de suid: au chirurgien, chez desindividus dont

les organes sont irrités, dont la respiration

est déjà laborieuseet dont les muscles de la gorge et du pharynx se révoltent au seul contact un peu prolongé des tiges métalliques.

De chaque côté du cou, outre la saillie médiane formée par la trachée-artère et le muscle sterno-cléido-mastoïdien, existe un sillon, ou plutôt un espace triangulaire dont la base est en haut et le sommet en bas. Le côté interne de ce triangle est vertical ; l'externe se dirige obliquement en haut et en dehors vers l’apophyse mastoide; le sommet touche au sternum; la base, placée à la hauteur de l’hyoïde, est occupée par les muscles stylo-hyoïdien et digastrique, ainsi que par le fascia aponévrotique , né de ce dernier muscle, qui revêt la région sushyoïdienne. |

En dedans de ce triangle, on rencontre la trachée-artère, surmontée par le larynx, recouverte par les muscles sterno-hyoïdien, sterno-thyroïdien et le corps thyroïde. En dehors marche le muscle sterno-cléido-mas-

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