LÉSIONS DU PHARYNX ET DE L'OESOPHAGE
pincés à polypes, récourbéés, à double croi:
sément, et d’une cotisttuctiôn solide, sont,
engéñéral, l'instrument quis akbottiibide lé mieux à la disposition des partiës et à la
direction de l'&sophage. Il est important dé se pourvoir d’un assez grand nombre de ces pincés , de forme et de diiñensions diffé:
rentes, afin de satisfaire aix indications divérsés qui peuvent se présentér.
Après l’éxtractiôn du corps étranger , lés lèvrés dé la division doivent être, nün pas réunies à l’aide de bandélettes agglutiniativés, ét encore moins au moyen de points de suture, mais seulement rapprochées, recouvertes avec un linge fenètré enduit de cérat ou de styrax, et ensuite de plumasseaux de charpie. Des compresses locales et circulaires, surmontées de quelques tours de bande , affermiront et compléteront lappareil. ve
Les motifs de cette conduite soht faciles à expliquer et à comprendre. Le sujet à
qui l’on vient de pratiquer l’œsophagotomie, n’est pas dans la même position que celui qui est atteint d'une plaie récente au cou, avec lésion del’œsophage. Dans ce dermier cas, les tissus sont sains, la section est plus ou moins nette, la tendance à l’agolutination immédiate on ne peut plus active, et la réunion peut être opérée avec le plus grand avantage. Dans le cas de l'opération, au contrairé, l’œsophage a souffert durant un temps variable , par le fait même de la présence du corps étranger ; une inflammation plus ou moins vive, quelquefois accompagnée déjà de gangrène ou de suppuration, s’est développée dans ses parois :
toujours , l’introductien du doigt et des pinces, les eflorts d'extraction , le passage du corps étranger, ont tourmenté, distendu, froissé où même déchiré les ièvres de la plüie intérieure ; de telle sorte qu’elle doit nécessairement s’enflammer et suppurer ; ou même, comme chez le premier des sujets que nous avons soumis à l'opération, donner passage à des parties molles frappées de mort. Dans de telles conjonctures, une réunion exacte, et spécialement la süture, seraient non-seulement inutiles, mais éminemment nuisibles : inutiles, parce que les parties ne s’agolutineraient pas ; nvisibles,
en cé qu’elles renfermeraient at dédans leg matières puruleñtes où autres qui devront s’écouler par la plâie. Il est donc préférable de laisser celle-ci parcourir $és périodes dé stüippuration, de détérsion, et sé citätriz ser graduellement par les sEblé efforts dé la nature.
Au lieu de nourrir exclüsivément les ma lades avec dés lâvemeñts plus où imois chars gés de matièrés alibiles, où peut, et l’on doit letir donner ; dès le lendemain de l’o2 pération, ün pet de bouillon léger, ün peu de lait ou dé bouillie très-claire, que l’où fait parveñir dans l'estomac à l’aide de la sonde œsophagienne. Avec un peu d'habitude, cette sonde est facilement glissée jusqu’audessous de la plaie, et l’ingestion s'opère sans difficulté, à l’aide d’un petit entonnoir de verre, appliqué à son extrémité, Comme on ne pratique, et que l’on n’exécutera sans douté jamais l’opération de l’æsophagotomie, qu'après avoir longtemps essayé de retirer le corps étranger par la bouche ou de le précipiter vers. l'estomac, il en résulte que les opérés seront constamment affaiblis, fatigués, épuisés par l’inquiétude, Ponte: 124 tentatives mêmes d’extraction, et qu’il y aura nécessité de les restaurer promptement, avec plus d'énergie qu'on ne peut le faire à l'aide des lavements, si nutritifs qu’on les suppose.
La plaie du cou ne tarde pas longtemps à se rétrécir, à se fermer vers son fond ; de telle sorte que, du sixième au douzièmejour, elle ne laisse plus échapper que de très-petitesquantités de liquides, et que les aliments mous parviennent dans l'estomac sans se ré:
pandre en aucune sorte au dehors. À cette époque aussi, l'usage de la sonde œsôphasienne devient dtrpetIus et l’on doit entièrement l’abandonner.
Il est à remarquer qu’ après ob anne on complète de la plaié, la cicatrice est d’abord enfoncée, adhérente, et suit les mouvements du pharyhx, ainsi que dé la partie supérieure de l’æsophage durant la déglutition ; mais, graduellement, cette cicatrice se dé:
tache du fond de la plaie, ses adhérences profondes se relàchent ; elle arrive de niveau avec le plan de la région cervicale, et
| cesse de participer aux oscillations des or-
ganes profonds auxquels elle était d’abord ! d’une si prochaine suffocation, qu’on le re-.
fixée. Ces changements ont eu lieu chez deux sujets que J'ai opérés, en six semaines ou deux mois, avant lesquels les voies de la déglutition , de la respiration et l’exercice de la parole , avaient déjà repris toute leur liberté.
Dans un cas où l'æsophage, distendu par un corps étranger trés-volumineux, comprimait d’arrière en avant la trachée-artère, et menacait le sujet de suffocation, Habicot pratiqua la bronchotomie. Il faudrait, pour imiter cet exemple, que le sujet füt dans une situation tellement grave , et menacé
connüt hors d'état de supporter aucune des opérations indiquées plus haut. L’incision de la trachée-artère ou du larynx ne peut avoir d'autre utilité que de remédier à l’obstacle qui rend la respiration dificile ; elle n’influe en rien sur la situation du corps étranger ; et, après son exécution, il faudra s'occuper d'extraire ou de repousser celui-ci, comme si l’on n’avait rien fait encore pour le sujet, dont l’état est seulement rendu plus grave par la plaie nouvelle que l’on a pratiquée, bien qu’elle ait remédié au danger le plus pressant.