LÉSIONS DU FOIE ET DE LA RATE
opère sur la partie antérieure du ventre, et suivant la direction du rebord des côtes lorsque l’on agit sur le côté gauche, vers le grand renflement de l'estomac. Les muscles doivent être divisés couche par couche. Les vaisseaux ouverts étant liés, l'instrument est porté avec de grandes précautions jusque. dans la cavité de l'organe. Le doigt indicateur, porté à chaque instant dans la sôlution de continuité, avertit incessamment de l'épaisseur des tissus qui restent à diviser, et s'assure de leur mutuelle adhérence.
Le corps étranger étant extrait , il faut panser la plaie simplement, maintenir ses bords rapprochés, mais sans recourir à lasuture, et attendre qu’elle se cicatrise spontanément.
Si, malgré la présomption contraire, on reconnaissait, après avoir pénétré dans la cavité abdominale, que l'estomac, conte nant le corps étranger , n’a pas contracté d'union avec la paroi correspondante , il serait prudent de s'arrêter, de suspendre l'exécution du procédé opératoire, et d’attendre deux ou trois jours avant d'ouvrir le viscère, Sa surface aurait en effet contracté alors avec les lèvres de la plaie des adhérences , au centre desquelles on pourrait l'inciser > Sans qu'aucun épanchement de matière étrangère dans le péritoine devint possible,
Les mêmes règles doivent servir de guide au chirurgien , lorsque le corps étranger Occupe le canal intestinal. Paré, Fabrice de Hiüden, M. Dubois, ont vu des corps étrangers volumineux perforer l'estomac après lavoir fait adhérer au colon, et venir donner naissance, dans l’une ou l’autre région inguinale , à des abcès avec le pus desquels ils sont sortis. Si la nature semblait devoir suivre cette marche, il faudrait attendre le résultat de ses efforts, et se tenir prêt à la seconder ; dans le cas contraire, la violence des accidents pourrait forcer d'opérer , et lon ne devrait pas hésiter à le fairé.
HE: Lésrons pv rorg Er DE LA RATE.
Bornées à la surface externe de cet organe, les plaies du foie, même par armes à feu, ne sont pas nécessairement mortelles; Mais, lorsque leur profondeur est considé-
rable, ou lorsqu'elles atteignent la face concave du parenchyme, un épanchement bi-
| lieux et sanguin , presque toujours suivi
d'accidents funestes, en est ordinairement le résultat. Dans l’un comme dans l’autre cas, on ne peut que leur opposer le traitement antiphlogistique général et local dont nous avons précédemment établi les bases.
Plus dangereuses encore que celles du parenchyme hépatique , les divisions de la
| vésieule biliaire sont dans la plupart des
càs au-dessus des ressources, quelquefois si puissantes, de la médecine opératoire, et ne peuvent être combattues qu’au moyen de médications internes et externes trop souvent insuffisantes.
Les abcès du foie surviennent dans deux circonstances principales : ils sont, ou sympas thiques, ou produits par des lésions directes,
| suivies de l'inflammation du parenchyme
hépatique. On avait pensé, généralement , que les premiers ne succèdent guère qu'aux plaies de tête; mais on les voit au moins aussi souvent se manifester à l’occasion de lésions profondes , atteignant les tissus fibreux ou les articulations des membres, ainsi que l’ont démontré des recherches récentes , dont j'ai pu maintes fois constater l'exactitude, spécialement après les journées de juillet 1830 et de juin 1832. Les auteurs n’ont pas fait assez d'attention à la sympathie étroite qui existe entre les articulations, les os ou les parties fibreuses extérieures, et l'organe sécréteur de la bile. Les hypothèses émises par Bertrandi, Pouteau et M. Richerand , pour expliquer la lésion du foie chez les sujets atteints de blessures à la tête, sont depuis trop longtemps ettrop solidement réfutées , pour mériter de trouver place ailleurs que dans l’histoire des erreurs qui se sont succédé en physiologie pathologique. Sans nier que le foie ne puisse être mécaniquement ébranlé ou rompu dans les kystes, en même temps que les autres parties du corps, et même plus souvent ou plus profondément que plusieurs d’entre elles, à raison de sa pesanteur et de la friabilité de son parenchyme; sans méconnaitre, dis-je, cette vérité, il est évident que, dans la plupart des cas, c’est à une affection sympathique qu’il faut rapporter les irrigr
tations et les abcès dont il est le siége à Poccasion des plaies du crâne, aussi bien qu’après les lésions profondes et graves des membres.
Dans la plupart des cas de ce genre, la mort succède aux désordres dont l'hépatite est elle-même une des parties; et s’il est un moyen de la prévenir, il consiste dans un traitement doux, dans l’abstinence des émétiques et des purgatifs, dans l'emploi local et général des antiphlogistiques et des révulsifs.
Lorsque, à la suite des-hépatites ordinaires, les signes généraux de la phlogose du foie sont remplacés par de la pesanteur à Ja région de cet organe , par des frissons irréguliers, par un mouvement fébrile qui revient le soir, et que le sujet, au lieu de se rétablir, demeure jaune, maigrit et perd ses forces, il est probable que la maladie s’est terminée par suppuration. Que l’abcès aitun volume plus ou moins considérable; que sa formation aït été rapide ou lente ; qu’iloccupela surface ou le centre du viscère ; enfin, qu’ilcontiennesoitune matière jaunâtre, brunâtre ou purulente, soit une sorte de bouillie produite par les débris du parenchyme hépatique délayés et broyés dans un liquide sanguinolent : dans tous les cas, les secours de la chirurgie ne deviennent applicables que quand l'élévation œdémateuse de l’hypocondre, et surtout une fluctuation obscure et profonde , annoncent que les enveloppes du foyer ont indubitablement contracté des adhérences avec la paroi abdominale correspondante. Il faut alors plonger le bistouri au centre de la tumeur, et, après l’évacuation de la matière, panser simplement Je malade, jusqu’à ce que la nature opère la cicatrisation des parties. Il est presque inutile d’ajouter que les moyens généraux de traitement indiqués contre l'hépatite chronique, dans ce cas comme dans le suivant, doivent être employés, afin de seconder l’effet des opérations chirurgicales.
Que le canal cholédoque soit obstrué, ou que des calculs formés par la bile occupent la vésicule qui sert de réservoir à ce liquide, celui-ci s'accumulera dans la poche qui lui est destinée, distendra ses parois , et formera, sous le rebord des côtes asternales
droites, une tumeur plus ou moins dure ou fluctuante , suivant la distension qu’ellé éprouve , et le degré d’inflammation des parties voisines. Après un temps variable et sous l’influence de la phlogose, les tuniques irritées de la vésicule contractent des adhérences avec la paroi abdominale ou avec l'intestin; et leur ulcération a pour effet de déterminer, soit un abcès extérieur, soit un épanchement dans le colon, et la sortie par l’anus des matières qu’elle contenait. Quelque positifs que paraissent les signes de la maladie, on ne peut entreprendre aucune opération jusqu’à ce que l’engorgement des parties molles sous-cutanées indique leur irritation et l’adhérence de la vésicule au péritoine. Dans les cas où l’abcès s’est spontanément ouvert, et où des fistules lui ont succédé, il faut entretenir leur trajet dilaté, extraire, s’il est possible, les calculs arrêtés dans le réservoir de la bile, et s'efforcer ainsi d’écarter les complications de la maladie, et de la ramener à des conditions telles que la nature puisse la guérir.
Les plaies de la rate sont difficiles à reconnaître, en ce qu’elles n’ont pas de signes spéciaux , et qu’elles ne peuvent donner lieu qu’à un épanchement sanguin plus ou moins considérable dans le péritoine. Il est plus que douteux qu’elles soient toujours, ainsi qu’on l'a dit, accompagnées d’une hémorragie mortelle. Leur traitement se réduit à l'emploi des moyens antiphlogistiques généraux et locaux. Quant aux maladies de la rate, leur nature est encore peu connue, leurs signes souvent incertains, et presque Jamais elles ne réclament le secours des opérations de la chirurgie.
r $ IV. ÉPANCHEMENTS ABDOMINAUX.
Lorsque des vaisseaux d’un faible calibre sont ouverts dans l’intérieur du ventre, l’action des parois de cette cavité sur les viscères qu’elle renferme suffit fréquemment pour mettre un terme à l’hémorragie , avant qu'aucun épanchement appréciable se soit formé. Après la blessure de canaux plus volumineux, au contraire, le sang, surmontant la résistance qu’il rencontre , forme des collections parfois considérables.