DES HERNIES EN GÉNÉRAL
4° Si ces moÿens ne suffisent pas, l’opé- | chaudes et relächantes sur la tumeur ne
ration de M. Gerdy, préférable à celles de M. Belmas et de M. Jamesson, qui sont plus compliquées ; plus douloureuses et accompagnées de plus de danger, sans offrir plus de certitude.
De moyens internes il n’en est pas besoin : l'expérience a démontré leur parfaite inutilité.
Les hernies volumineuses, que des adhérences ou le développement des parties déplacées rendent irréductibles , ont quelquefois cédé à une situation horizontale prolongée , pendant laquelle on répétait chaque jour les efforts du taxis, afin de ré
duire les parties à mesure aw’elles dimi- P
nuaient de volume ou que leurs adhérences |
s’allongeaient. Dans ces cas , ainsi que l’a
observé M. Verdier, chirurgien herniaire
fort habile, des douches d’eau froide, dirigées avec précaulion, d’abord au-dessous, puis sur les côtés, et enfin sur toute la surface de la hernie, produisent fréquemment d'heureux effets, surtout contre les épiplocèles considérables que l’on observe chez certains vieillards. Les mercuriaux, tant vantés, n’agissent qu'en hâtant l’amaiorissement général, et par suite celui des parties qui séjournent au dehors : les frictions mercurielles sur la tumeur demeurent ordinairement sans effet. Un suspensoir, et ensuite un brayer, dont la pelote, d’abord concave, est successivement rendue plane, et plus tard convexe , doivent retenir la hernie, la soulever, suivre les progrès de sa réduction, et enfin la maintenir dans le ventre.
Lorsqu'une accumulation de matières stercorales ou de corps étrangers dans les intestins déplacés y occasionne de l’engorgement, de l'embarras et de l’irritation, il faut chercher à réduire la tumeur à l’aide du taxis. On a pu quelquefois alors la pétrir, en quelque sorte, et la vider, en repoussant dans l’abdomen les substances qu’elle contenait. Les purgatifs administrés par la bouche, ne conviennent que rarement dans ces circonstances ; les émétiques accroissent presque toujours, sans effet heureux, l'irritation gastro-intestinale ; les boissons stimulantes sont constamment nuisibles, sans pouvoir être jamais utiles. Les applications ÉLÉMENTS DE CHIRURGIE, T, I.
méritent aucune confiance. Si la douleur et l'irritation sont vives, les sangsues produisent fréquemment d'excellents effets : les topiques froids, et même la glace, ont réussi entre les mains de Cheselden , de Goulard, de Schmucker, etc.; mais ils occasionnent parfois une réaction susceptible de devenir funeste, et il faut opérer lorsque, prolongés pendant six à dix heures, ils n’ont pas permis d'obtenir la réduction. Enfin, dans les càs qui nous occupent, en même temps qu’on laisse en repos la partie supérieure
| du canal digestif, on peut impunément sti-
muler sa portion inférieure, et y exciter des contractions expulsives, qui, en se propageant à la hernie, sont susceptibles de la débarrasser , et de rendre aux matières stercorales leur cours habituel. Parmi les moyens employés en pareil cas, les lavements de décoction de tabac sont considérés comme si eflicaces par Heister, Monro, MM. Lawrence, Marjolin, et la plupart des chirurgiens de nos jours, que, suivant eux, on serait presque impardonnable d'opérer une hernie engouée sans y avoir eu recours.
L’inflammation des parties comprises dans une hernie est-elle vive? l’étranglement
| s'est-il, soit primitivement , soit consécuti- | vement, developpé? il convient de recourir
exclusivement d’abord au traitement antiphlogistique. Il est inutile, sans doute, de dire que quand l’étranglement succède à un long engouement , il faut opérer sans plus tarder. Dans les cas contraires, de larges saignées générales, des bains prolongés, des applications de trente à quarante sangsues sur la tumeur, des cataplasmes émollients , tels sont les premiers moyens à employer. Il importe de diminuer, avant tout, la phlogose ainsi que la douleur locale; et les sangsues ont souvent si bien réussi en pareil cas , que la réduction est devenue facile, immédiatement après leur chute. Le taxis serait inutile, et même dan- ‘gereux, aussi longtemps que lirritation n'est pas diminuée, et que la tumeur conserve sa tension et son extrême sensibilité.
Desault, Richter, Scarpa, Dupuytren, ont souvent vérifié combien des efforts intempestifs et prolongés, exercés sur la tumeur,
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sont alors pernicieux, et combien il faut äpporter de prudence dans leur emploi.
Appliqué aux hernies étranglées , le taxis est cependant un des moyens précieux que possède la chirurgie ; ais il est aussi un de ceux dünt l'ignorance et la routine ont Île plus abusé. Desault déplorait vivement les funestes effets du taxis exercé trop tôt, ou opéré avec trop d'insistance. Afin de lé rendre plus facile, quelques personnes, à l'imitation des anciens, et même de plusieurs chirurgiens du siècle dernier, préconisent de nouveau dé placer le malade sur ün plan incliné à 45 degrés environ , la tête en bas, convenablement soutente, les jambes en haut, à demi fléchies, et le bas-ventre dans le relâchement. Par cette situation, la masse intestinale cesse de peser sur les régions inguinales et crurales : elle se porte au contraire du côté du diaphragme , et l’on peut obtenir uné sorte de traction, exercée de l'intérieur sur les viscères incarcérés. Au taxis ordinaire, on substitue parfois aussi, avec cette situation ou sans elle, une pression continue, douce, égale, dirigée dans le sens des ouvertures de l'abdomen. Un fer à repasser, une brique, ou tout autre corps analogue , à quelquefois été substitué à la main du chirurgien , mais sans pouvoir la remplacer. M. Ribes se loue beaucoup des résultats obtenus à la fois par la situation déclive, par la pression soutenue et par l'application locale de la glace.
Ces moyens, autrefois déjà préconisés , mais peut-être rejetés d’une manière trop absolue, c’est-à-dire la position déclive, les pressions continues, les applications réfrigérantes, peuvent être sans doute d’une grande efficacité ; la prudence et la raison preserivent d'y recourir, après l'emploi des saignées et des bains prolongés, avant de se décider à l’opération. Mais les présenter comme des procédés infaillibles, assurer que par leur usage on doit pouvoir réduire toutes les hernies, et que l'opération deviendra bien-
tôt inutile, c’est donner un démenti à la”
pratique de nos prédécesseurs les plus habiles, c’est avancer un paradoxe insoutenable au lit des malades ; c’est, ce qui est bien autrement déplorable encore, autoriser les chirurgiens peu exercés ou timides x une
temporisation trop prolongée, et dès lors souvent funeste.
Lors donc que les antiphlogistiques et les
procédés de réduction sont demieurés sans
succès , bien qu’éemployés méthôdiquement et avec la persévérance convenable; il fâut recourir à l'opération. Sans apporter de précipitation dans l’emploi de cette dernière ressource de la chirurgie, on doit cepéndant éviter dé trop tarder à la pratiquer. C’est un axiome devenu incontestable, qu'il y à moins de péril à opérer promptement qu’à trop temporiser. L'opération de la hernie n’est pas par elle-même très-dangereuse ; elle n’est généralement suivie de résultats funestes qu’à raison des altérations qu'on à laissé à la phlogose le temps de produire dans les viscères.
L'opération dont il s’agit a spécialement pour objet de détruire la constriction dont les viscères contenus dans la hernie sont le siéve. On a proposé, pour atteindre ce but,
les trois méthodes suivantes : 1° ouvrir la.
paroi abdominale au-dessus de la tumeur, pénétrer dans le ventre, et attaquer l’étranglement de dedans en dehors ; 2° inciser la partie de la hernie qui correspond à l’ouverture abdominale , et débrider sans toucher au corps de la tumeur ; 8°enfin, diviser celle-ci dans toute son étendue, découvrir les viscères dans toutes les parties, et Îles réduire, après avoir exécuté le débride-= ment.
La première de ces méthodes, déjà décrite.
par Rousset et Pisray , bien que l’histoire en ait attribué l'invention à Cheselden, pré: sente les plus graves inconvénients. Faire aux tépuments, aux muscles et au péritoine de la paroi abdominale, à un pouce au-dessus du col de la hernie, une incision à travers laquelle on essaye de retirer l'intestin dans le ventre, ou qui sert à introduire le bistouri pour exécuter le débridement, c’est
agir en aveugle, puisqu'on ne voit pas de |
lieu que l’étranglement occupe, qu'il est impossible d’appréciersondegré de violence, et que l'on ignoré dans quel état d’adhé-
rence, de liberté, d’inflammation ou de gan-
ton
grène se trouvent les parties déplacées. Aussi .
celte manière d'opérer la hernie est-elle depuis longtemps proscrite,