LIV. I. CHAP. I. GÉNÉRALITÉS
ment avant une opération, est susceptible aussi de présenter des inconvénîëns trop graves pour que Ton puisse Tautoriser avant que l’expérience ait définitivement prononcé sur ses effets.
L’opération étant terminée , le chirurgien doit procé-
ics opérations, ^ rccherche des vaisseaux divisés et sur lesquels
réèouïèmrnt point encore placé de ligature. Les connaissances
du sang. anatomiques le guideront toujours sûrement dans la recherche des gros troncs et des branches principales ; et leurs extrémités étant découvertes, il les saisira au moyen de pinces à ligatures, tandis qu’un aide les étreindra d’un ruban de fil ciré. Cette ligature immédiate des vaisseaux est le moyen le plus simple et le plus efficace d’arrêter les hémorragies. Les fils cirés ne fatiguent pas les plaies, ils ne s’opposent point à la réunion de leurs bords ; leur action n’accroît pas l’irritation des tissus; et.toutes les fois qu’on peut les employer, ils doivent être préférés au tamponnement , à la cautérisation , aux caustiques et aux autres moyens d’arrêter les hémorragies. Cependant , lorsque le vaisseau ne peut être saisi , une compression directe exercée sur son ouverture, ou mieux encore une compression éloignée pratiquée sur son trajet , entre le point de sa division et le cœur, est souvent fort utile. Mais les moyens que l’on emploie alors fatiguent toujours les parties; leur action diminue facilement d’intensité, et l’hémorragie qu’ils avaient d’abord arrêtée reparaît assez souvent après un temps très court. Aussi la cautérisation avec le fer incandescent doit-elle encore mériter la préférence sur la compression, toutes les fois que le vaisseau est ouvert au fond d’une plaie étroite , et au milieu de parties sensibles et irri-
tables , dont l’inflaminalion serait augmentée par le tamponnement. Quant aux caustiques , tant usités autrefois , ils sont définitivement et presque universellement rejetés.
La solution de continuité étant ensuite débarrassée du sang qui recouvre sa surface et ses bords, on rapproche ceux-ci autant que possible, et l’on procède à une réunion aussi exacte que le comporte la disposition des organes.’ Des emplâtres agglutinatifs servent ordinairement à cette partie du pansement; des bandelettes de cérat étendues sur les lèvres de la plaie préviennent le coliement des gâteaux de charpie dont onia recouvre; et quelques com presses , soutenues par un bandage approprié , complètent l’appareil.
Le sujet doit être ensuite replacé doucement dans son lit, la partie opérée située de manière à ce que, libre de toute compression , elle n’éprouve pas la plus légère fatigue. Il convient que le malade lui - même conserve la position la plus commode et la plus favorable à l’organe affecté. La chambre qui le reçoit doit avoir une température médiocrement élevée ; l’air en sera fréquemment renouvelé, et la propreté la plus scrupuleuse y sera maintenue. D’autant plus couvert que le froid est plus grand , le sujet doit être maintenu dans un état constant de calme et de tranquillité morale et physique. Si, aussitôt après l’opération , il se trouve très affaibli par la douleur , quelques gouttes de vin vieux peuvent lui être administrées avec avantage. Mais , en général , il convient alors de s’abstenir des excitans et surtout des substances alcooliques : dans l’état d’épuisement qui succède aux grandes opérations , ils achèvent fréquem-
âO Nettoyer et panser la plaie .
30 Hepîaeer le sujet dans son lit.
4'^ Lui prescrire les moyens hygiéniques et médicinaux les mieux appropriés à son état.
50 Le traiter eonsérulivement comme les sujet»
alï'ectés de plaies graves.
Léllnition du pansemeut.
1 8 LIV. ï. CHAP. 1. GENÉRALiTÉS
ment de détruire le reste des forces, par la réaction momentanée qu’ils provoquent , cl ils jettent les sujets dans un affaissement plus profond que celui dont ils les ont fait sortir pendant quelques instans. Le meilleur tonique dont on poisse alors faire usage consiste dans la satisfaction que le malade éprouve d’être enfin délivré de son mal , dans le repos qu’on Ipi laisse goûter, dans le sommeil qui s’empare souvent de lui. Une potion calmante prépare merveilleusement ces heureux effets, et achève d’apaiser, chez les sujets irritables, le tumulte intérieur excité par l’opération. Ce n’est qu’après un intervalle de quelques heures , et quand l’économie vivante a repris l’exercice régulier de ses fonctions , que l’on peut s’occuper d’accorder aux malades quelques substances propres à ranimer leurs forces et à réparer les pertes qu’ils ont faites. Encore faut-il ne jamais oublier qu’une vive inflammation doit bientôt se développer dans les parties opérées , et qifil importe d’éviter tout ce qui pourrait augmenter sa violence , et préparer les élémens d’une excitation fébrile intense et dangereuse.
Après l’administration de ces premiers soins, et les résultats immédiats de l’opération étant heureux, le sujet doit être traité comme tous ceux qui sont affectés de plaies graves, ou d’inflammations plus ou moins étendues et violentes. Il sera question plus bas des soins qu’il convient alors de leur être prodigués.
On nomme pansement , l’application méthodique des appareils et des médicamens externes sur les parties malades. Si l’action bien dirigée des instrumens prépare le succès des opérations, des pansemens consécutifs exécutés avec attention l’assurent et le rendent plus complet
et plus brillant encore, par la rapidité et la facilité des guérisons qu’ils procurent. L’art de soigner une plaie , de panser une fracture, d’appliquer convenablement les diverses pièces d’un appareil, ne doit pas être dédaigné; il constitue l’une des parties les plus importantes de la chirurgie, et l’on ne rencontre qu’assez rarement des hommes qui excellent dans la pratique manuelle des opérations qu’il exige.
Avant de procéder à un pansement, il convient de ce quii faut faite préparer d’abord tout ce qui doit y être employé. Des vases propres à recevoir les portions salies de l’ancien appareil ; de l’eau tiède , simple ou chargée de quelque substance médicamenteuse, destinée soit à imbiber les objets dont la partie malade est couverte , afin de rendre leur enlèvement plus facile , soit à laver les bords de la solution de continuité, soit enfin à mouiller les plumasseaux ou les compresses dont on va se servir; du feu dans un réchaud , si la température est très basse , ou si quelques objets, tels que des emplâtres agglutinatifs, ont besoin d’être préalablement échauffés; des draps repliés en alèzes ; enfin, une ou plusieurs bougies, si la lumière naturelle est insuffisante : tels sont les objets, pour ainsi dire, accessoires au pansement, qu’il faut d’abord disposer. Ensuite viennent les instrumens et les pièces d’appareil dont on doit faire usage. Les premiers sont ordinairement des ciseaux propres à couper le linge , la charpie, ou d’autres substances également molles ; une’ spatule , destinée à étendre les onguens ou les emplâtres ; des pinces à anneaux, dont on se sert pour détacher les portions salies de l’ancien appareil ; et, suivant les cas, des canules, des sondes , des