‹ Nouveaux élémens de chirurgie et de médecine opératoire, ouvrage contenant l'exposition complète des maladies chirurgicales, et des opérations qu'elles réclamentChapitre 9 sur 170 · LIV. I. CHAP. I. GÉNÉRALITÉS · texte numérisé non relu

LIV. I. CHAP. I. GÉNÉRALITÉS

artérielles et veineuses.

2'’ Diminuer la violence des douleurs.

hémorrhagie n’est possible , et les vaisseaux ne sont liés qu’après l’opération ; tantôt au contraire , le cours du sang n’ayant pu être suspendu , ce liquide jaillit de toutes les branches ouvertes , qui doivent être liées à mesure qu’on les divise, ou même, dans certains cas, coupées entre deux ligatures. Enfin, dans quelques occasions, comme à l’amputation du bras à l’épaule, les gros troncs sont réservés pour la fin de l’opération , et coupés au-devant des doigts d’un aide qui les saisit et les comprime, dans l’épaisseur des parties que l’on divise en dernier lieu. Il est évident qu’aucune opération qui ne permettrait absolument pas au chirurgien de se rendre maître du cours du sang, soit avant, soit pendant, soit immédiatement après son exécution, ne saurait être entreprise. L’ouverture des veines est moins dangereuse que celle des artères; cependant elles fournissent quelquefois des flots de sang noir qui menacent en peu d’instans la vie du sujet. Il faut alors suspendre un instant l’action des instrumenS , rassurer le malade, ‘ et l’engager à respirer largement ,j sans effort v de manière à ce que la circulation pulmonaire ne soit pas entravée. On voit alors l’hémorrhagie veineuse cesser d’elle-même et ne plus reparaître. ; .

Les chirurgiens du moyen âge attachaient une grande importance à prévenir ou à diminuer les douleurs que les opérations entraînent après elles. Pour cela, ils pror diguaient les narcotiques à l’intérieur et pratiquaient des ligatures circulaires très serrées sur les parties. Mais ces moyens , plus nuisibles qu’utiles , sont rejetés de la saine pratique. On se contente , chez les sujets très sensibles et très Irritables, d’administrer, quelque temps avant l’opération, une potion antispasmodique légèrement

opiacée ; c’est dans la célérité , et dans la manière méthodique de faire agir les instrumens , que la chirurgie moderne trouve les plus sûrs moyens d’abréger les douleurs du malade, et de diminuer leur violence.

L’hémorragie et la douleur étant ainsi , autant que possible, écartées des opérations, deux accidens peuvent encore entraver celles-ci et jeter le chirurgien dans le plus grand embarras; ce sont les mouvemens convulsifs et les défaillances réitérées du sujet. Dans le premier cas, il faut suspendre l’action des instrumens, et attendre, pour continuer, que le calme soit rétabli. Quelquefois , on est obligé, afin de prévenir cet accident, et de ne pas trop fatiguer le malade , de diviser l’opération en deux temps , que l’on exécute à des intervalles plus ou moins grands. Les opérations de la fistule lacrymale et de la taille sont spécialement susceptibles d’être ainsi divisées. Quant aux défaillances , elles ont lieu plutôt par la perle du sang et par la crainte qu’éprouve le sujet que par toute autre cause. Les douleurs de l’opération sont plus propres à les dissiper qu’à les produire ; et quoiqu’elles se manifestent , il n’en faut pas moins continuer d’opérer, pourvu toutefois que l’on ait arrêté d’abord l’hémorragie , si elle existait.

M. Wardrop propose même de jeter toujours les sujets craintifs et irritables dans un état profond de syncope avant de les opérer ; et pour cela , i! leur lire tout à coup plusieurs livres de sang. Suivant lui, les suites de l’opération sont alors plus simples et plus favorables que dans les cas ordinaires. Cette pratique peut être utile chez quehpies sujets; mais la brusque soustraction d’une grande quantité de sang , immédiatc-

3® Remédieiaux mouvemens convulsifs et aux défaillances.

Pi'éceple de M. Wardrop à ce sujet.

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