I. Méthode ancienne
Elle consiste à ouvrir la tumeur.
Procède
opératoire.
452 L. V. CH. II. MALADIES DE l’aPP. DE LA CIRCULATION.
L’insuffisance, ou les dangers des moyens indiqués plus haut , ne permettant pas de se confier en leurs effets , on chercha dans l’opération chirurgicale une ressource plus assurée contre les anévrismes ; cette opération se pratique de deux manières différentes.
Suivant la méthode adoptée par les anciens , le cours du sang étant arrêté par la compression du vaisseau, on ouvrait la tumeur , on la vidait des caillots et de la fibrine qifelie contenait , et l’on recourait, soit à la eau-' térisation de l’artère ouverte , soit à la compression de son orifice, soit enfin à l’application de deux ligatures , l’une au-dessus et l’autre au-dessous de la déchirure de ses parois. Le premier de ces procédés fut mis en usage par les anciens ; Sabatier se servit encore du second pour un anévrisme de f artère fémorale ; enfin , le troisième a été généralement pratiqué jusqu’à nos jours , où il compte encore quelques partisans. Pour l’exécuter, le sujet étant placé de telle sorte que la tumeur soit parfaitement éclairée et découverte, on applique un tourniquet à la partie supérieure du membre. On incise ensuite longitudinalement, avec précaution, les parties qui recouvrent la tumeur, évitant les nerfs, les tendons, les veines , et liant les petites artères à mesure qu’elles sont divisées. Les parois du kyste étant elles-mêmes incisées dans toute leur étendue, on les débarrasse de tout ce qu’elles renferment ; on absterge le sang avec une éponge, et fon cherche l’ouverture du vaisseau. Un stylet est introduit alors de bas en haut dans sa cavité , et ce conducteur , ainsi que les parois artérielles qui le recouvrent étant saisis parle chirurgien, entre le pouce et l’indicateur de la main gauche, il soulève l’artère en
1 écartant des parties sous-jacentes. Une aiguille courbe, conduite sur les doigts qui tiennent le vaisseau, sert à placer au-dessus de l’ouverture artérielle un premier fil cire, que 1 on serre, puis, un peu plus haut, une ligature d’attente qui doit rester libre. Keisler, en 1644, borna là l’opération; mais plus tard, on établit la règle de placer deux autres ligatures, une serrée et une d’attente, au-dessous de l’ouverture artérielle.
Telle est l’opération ancienne. Il est inutile de parler de ce procédé de Paul d’Egine , qui prescrivait d’extirper la tumeur, après avoir lie le vaisseau au-dessus et audessous d’elle. Guillemeau eut une idée plus judicieuse lorsqu il bal artère brachiale, avant d ouvrir un anévrisme situé au pli du coude : il prépara en quelque sorte la voie pour la méthode actuellement employée.
L opération ancienne a pour incon venions : 1® d’être difficile à pratiquer, surtout lorsqu’un abcès recouvre la tumeur, lorsqu’il existe plusieurs sacs, lorsque les parois de l’anévrisme sont enflammées, ou épaissies, ou fibreuses; 2° d’obliger toujours à placer les fils dans les endroits les plus rapprochés de la lésion artérielle, et souvent sur les parties de l’artère que la phlogose a rendues faciles à se diviser sous la ligature; ce qui est la cause la plus puissante des hémorragies consécutives; 5“ de donner constamment lieu à une inflammation étendue , profonde , quelquefois dangereuse , à laquelle succèdent une suppuration abondante, prolongée, et souvent de la gêne dans les mouvemens du membre. Ges inconvéniens , la méthode ancienne les présente sans qu un seul avantage particulier en compense la gravité et puisse militer en sa faveur.
Modilîcatîon
de
Guillemeau.
Inconvénîena de cette méthode.