XVII. Aorte abdominale
Procédé
de
M. A. Cooper.
480 U V. CH. II. MALADIES DE l’aPP. DE LA CIRCULATION.
côté malade, afin de relâcheï' les parties; puis, déplaçant le péritoine et le rejetant en dedans, on arrive au Lord interne du muscle psoas , où les pulsations de l’artère se font sentir.
Le procédé de M. A. Cooper présente le désavantage d’une incision pratiquée presque en travers de la direction de Farlère à lier. Située très Las, elle ne saurait convenir quand l’anévrisme soulève fortement l’arcade crurale. En l’exécutant il est difficile de lier l’artère à une assez grande hauteur pour que l’origine de l’artère épigastrique, en ramenant le sang dans le Lout inférieur, ne s’oppose à son oblitération. Des hémorragies consécutives mortelles ont eu lieu par cette cause. Le procédé de M. Abernethy ne présente aucun de ces désavantages , il permet de découvrir aisément toute l’étendue du vaisseau. C’est celui qu’ont adopté MM. Delaporte, Dupuytren , Bouchet, Moulaud , et presque tous ceux qui ont exécuté la ligature de l’iliaque.
Le procédé de M. Abernethy peut servir à lier l’artère iliaque interne. Il suffit pour cela de porter l’incision des muscles de l’abdomen un peu plus haut, et de détacher le péritoine jusqu’à ce que l’on rencontre la bifurcation des deux vaisseaux. La ligature doit être placée à un pouce au moins de l’origine de l’iliaque interne , ce qui est fort difficile. Il le serait moins de lier la fin de l’iliaque primitive.
Pour lier le tronc de l’aorte , le sujet doit être couché sur le dos, la paroi abdominale maintenue dans le relâchement. On fait alors, le long de la ligne blanche, une incision de trois l\ quatre pouces qui contourne l’ombilic à gauche, et pénètre, avec les précautions nécessaires,
LÉSIOIVS DES ARTÈRES. 4^1
jusque dans la cavité du péritoine. Le doigt indicateur gauche, plongé à travers la plaie, écarte les intestins, et parvient jusqu’à l’aorte. L’ongle de ce doigt déchire le péritoine, et, contournant le vaisseau, sert de guide à l’aiguille mousse qui porte la ligature. En serrant celleci, on doit bien s’assurer qu’aucune portion d’intestin n’y est comprise. Les extrémités des fils, ramenées à la plaie, y sont maintenues jusqu’à leur chute, et l’on réunit le reste de la solution de continuité au moyen de la suture et des emplâtres agglutinatifs.
Tel est le procédé de M. A. Gooper, Paris, Graham, J. Bell, Th. Goodisson. MM. Hodgson et Piorry ont rapporté des exemples d’oblitération de l’aorte qui n’avaient pas occasioné la mort. Dans ses expériences sur les chiens, M. Béclard a vu cette opération réussir; mais peut - on de là en conclure qu’elle soit praticable sur l’homme?.... Le chirurgien doit alors se rappeler qu’il vaut mieux tenter un moyen incertain que d’abandonner le malade à une mort assurée.
La varice anévrismale consiste en une tumeur produite par le passage du sang d’une artère dans la cavité d’une veine voisine, après la division des membranes des deux vaisseaux, et leur mutuelle adhérence. Quelquefois, en même temps que la veine reçoit le sang de l’artère , une poche anévrismale se développe au devant de la plaie artérielle, et forme une tumeur que quelques personnes appellent exclusivement anévrisme variqueux. Mais ces distinctions sont plus subtiles qu’importantes. Les varices anévrismaîes ont été presque toujours observées au bras, à la suite de saignées dans lesquelles la lancette avait traversé la veine médiane et atteint
4° Anévrismê variqueux, et
varice
anévrimaie.
iSâ L. V. CH. IJ. MALADIES DE l’aPP. DE LA CIRCULATION.
Ces maladies exigent la ligature des deux bouts de baitère.
Dégénérescence des parois des artères.
Tarière. M. Dopnylreii en a observé à la cuisse, MM'. Williaume et Larrey au cou , entre la carotide et la veine jugulaire. Dans tous ces cas, le canal veineux forme une tumeur molle, alongée,dans laquelle on sent un bruissement particulier , isochrone aux pulsations des artères. Ce gonflement et cette agitation augmentent dans la veine affectée, lorsqffon la comprime au-dessus delà maladie. Le même phénomène a lieu par la compression de Tarière au-dessous de la blessure. Enfin la tumeur disparaît, pour revenir ensuite avec une sorte de sifflement, quand on comprime Tarière malade entre le cœur et son ouverture.
Cette maladie ne fait que des progrès très lenls. Pour y mettre un terme, il faut découvrir Tarière et la lier au-dessus et au-dessous de la blessure. Ce moven est le
seul qui mette le sujet à Tabri de la récidive. Dans plusieurs cas de ligature isolée du bout supérieur de Tarière, la tumeur a reparu quelques jours après , et a exigé de nouvelles opérations.
Les dégénérescences cartilagineuses , osseuses ou cancéreuses des tuniques artérielles, ainsi que leurs ulcérations, ne réclament les secours de la chirurgie que lorsqu’il en résulte des tumeurs anévrisinaîes, ou des effusions sanguines. Si après une amputation, on trouvait Tarière ossifiée au point que sa ligature ou son aplatissement fussent impossibles, il faudrait Toîilitérer, en introduisant dans son calibre un cylindre de cire, ou tout autre corps analogue, que Ton soutiendrait par une compression exacte jnsqu’è la formation et la solidification du caillot.
Les vaisseaux capillaires artériels semblent susceptibles d’envahir et de désorganiser tous les tissus. Ils for-
6“ Tumeurs érectile.^.
lésions' DES ARTÈRES.
ment alors des productions organiques auxquelles on a donné les noms de tumeur érectile, fondus hématode, anévrisme par anastomose , tumeur fongueuse sanguine, etc. Ces dégénérescences vasculaires de nos organes sont, ou congéniales, ou accidentelles. Dans le premier cas , elles affectent la peau , où elles se manifestent sous la forme de taches, plus ou moins saillantes, rosées, rouges ou brimes plus ou moins étendues, lisses ou rugueuses, et quelquefois couvertes de poils à leur surface. Elles constituent la plupart des productions connues sous le nom de nœvi materni. Dans le second, elles se développent sous la peau , ou même dans les parties les plus profondes, et forment des tumeurs qui, d’abord dures et peu volumineuses, s’étendent graduellement en devenant plus molles, et en envahissant la tissu cutané.
Quelle que soit leur origine , elles présentent un tissu vasculeux, aréolaire , injecté de sang, semblable au parenchyme du placenta ou cic la rate, ou mieux encore b la substance des corps caverneux de la verge. Une trame fibreuse en forme la base ; des artères multipliées et volumineuses y versent le sang; souvent les vaisseaux qui les pénètrent sont altérés, amincis, criblés de trous, et laissent échapper le liquide qui les parcourt. Chez quelques sujets, les tumeurs érectiles sont agitées de pulsations manifestes, et pourraient, lorsqu’elles sont profondément situées, être confondues avec les anévrismes; dans d’autres cas, elles renferment du sang extravasé qui leur communique une évidente fluctuation ; bnfin, le tissu qui les forme est susceptible de dégénérescences cartilagineuses, osseuses où cancéreuses. Dans leur exten-
er
Nom* dlver# qu’elles ont reçu.
Elles sont congéniales.
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Leur sUucmre,
Traitement.