CHAPITRE III
io Plaieè.
Bémomgics Teitifuse»
pendant les opérations.
Moyens d’y remédier.
Les divisions des veines ne sont dangereuses que quand elles atteignent les gros troncs renfermés dans l’abdomen ou le thorax, ou lorsque les veines principales des membres, telles que la crurale à l’aine, et l’axillaire au voisinage de la clavicule , sont entièrement coupées en travers. Hors ces cas , une compression méthodique exercée sur le vaisseau blessé suffit pour arrêter l’eirusion du sang et pour permettre la cicatrisation de l’ouverture qui lui donne passage. Dans les opérations pratiquées au voisinage du tronc , on est souvent incommodé par la sortie abondante d’un sang noir qui coule en nappe de tous les points de la plaie , et qui , recouvrant les parties , s’oppose à ce qu’elles puissent être distinguées. Il est à remarquer que le sang surgit alors avec d’autant plus de violence et d’opiniâtreté que le sujet pousse des gémisse mens plus prolongés et suspend plus complètement sa respiration. Pour mettre un terme h ces hémorragies, on doit , ainsi que le conseille M. Dupuytren , suspendre un instant l’opération , engager le malade b se remettre, laisserai! mouvement circulatoire le temps de se rétablir, et recommander au malade d\3xhaler ses cris au dehors et de respirer b pleine poitrine : alors le sang n’éprouvant plus d’obstacle b traverser le poumon ne stagne pas dans les cavités droites du cœur , et par suite dans le
LÉSIONS DES VËS3ÏES.
système veineux. Lorsque , dans les opérations , on divise des veines un peu considérables, il faut toujours lier leurs deux extrémités.
L’inflammation des membranes qui composent les ca~ naux veineux est moins rare qu’on ne l’a généralement pensé jusqu’en ces derniers temps. Elle survient assei fréquemment à la suite de la saignée , après les amputations , les ligatures , les incisions , ou les excisions de?; veines ; on l’a vue succéder aux accoucliemens laborieux, h des métastases, et même survenir sans caus locale appréciable. Cette affection s'annonce par une douleur vive et brûlante qui part du point où la veine été blessée, et qui s’étend quelquefois vers ses branches, mais presque toujours du côté du tronc du vaisseau. Celui-ci forme une corde dure , noueuse , immobile. La peau qui le recouvre est le siège d’une chaleur considérable , bientôt elle rougit et s’enflamme, le tissu cellulaire du voisinage s’engorge et se tuméfie , le membre entier se gonfle quelquefois , et une inflammation érysipélatO'phlegmoneuse s’étend au devant de l’organe affecté. Une fièvre proportionnée à la violence et è l’étendue de la phlegmasie locale se développe ; la suppuration survient; des abcès plus ou moins nombreux se manifestent sur le trajet de la veine, et donnent issue au liquide qu’elle contient, et dont les valvules gênent le libre écoulement.
Les antiphlogistiques , les saignées générales , les ap* plicalions de sangsues le long des veines affectées , les topiques émolliens , tels sont les moyens les plus propres à combattre la phlébite. Lorsque les abcès se manifestent, il faut promptement les ouvrir, tout en insistant
2" Inflammation dfi veines
phlébite.
rt
Traîlcmeill
Ami
pUlogisti((ues,
. Cotupressionr
Section de la veine en travers.
D. Incision de sa partie pLIogosée.
5® Varices.
488 L. V. CH. III. MALADIES DE l’aPP. DE LA CIRCULATION.
sur remploi des médications émollientes. J. Hunter, Reil et M. Abernethy conseillent d’ajouter à ces moyens la compression au-dessus et au-dessous de la portion affectée du vaisseau, afin de provoquer l’adhérence de ses parois et de borner l’extension de sa phiogose. Ce procédé aurait aussi l’avantage de s’opposer à la pénétration du pus dans le torrent circulatoire; mais l’expérience a démontré qu’il faut peu compter sur son elTicacité. La section en travers du vaisseau au-dessus et au-dessous de la maladie est une ressource plus assurée , mais que l’on ne peut mettre en usage que sur les veines superficielles. Enfin M. Ribes a incisé une fois avec succès la portion phlogosée de la grande veine saphène. Ces opérations sont susceptibles d’être très utiles; mais il faut surtout combattre l’irritation locale, et souvent les sangsues font avorter ou modèrent tellement l’inflammation qu’il devient inutile d’y recourir.
Qu’un obstacle mécanique s’oppose au retour du sang veineux, ou qu’une irritation appelle incessamment et retienne le liquide dans une partie, les veines de cette partie se dilateront, formeront des cordons mollasses bleuâtres , noueux, étendus sous la peau , et^ donneront lieu quelquefois, par leur agglomération, à des tumeurs très volumineuses. Les j ambes sont le plus souvent le siège de ces dilatations, qui diminuent parla situation horizontale, augmentent durant la station, la marche et tous les exercices violens. Les troncs veineux profonds des membres , à raison de la compression qu’exercent sur eux les muscles , les aponévroses et les organes qui les en-tourent, sont rarement afl'ectés. Un sang noir séjourne et finit par s’altérer dans les varices ; les parois distendues
des veines s’irritent, s’enflamment, s’ulcèrent fréquemment. Cette phlegmasie se communiquant à la peau, celleci s’ouvre, se détruit et donne lieu à des ulcères que l’on a nommés variqueux. MM. Dupuytren, Tilorier, Breschet et Béclard ont trouvé dans les veines ainsi affectées des concrétions tantôt libres et renfermées au milieu de caillots sanguins, tantôt adhérentes aux parois des vaisseaux et comme pédiculées. En examinant des varices considérables qu’un militaire porte depuis long - temps à la jambe, je viens d’y sentir des concrétions de ce genre, qui sont mobiles et sensibles à travers les tégumens amincis. Le sang arrêté dans les veines dilatées s’y coagule quelquefois, et les varices se transforment en des cordons durs, compactes, insensibles, manifestement imperméables.
Les varices récentes peuvent guérir par la soustraction des causes qui les avaient produites. C’est ce qui arrive, après l’accouchement, aux dilatations veineuses des jambes survenues durant la grossesse. Chez un grand nombre de sujets , on rend les varices supportables, et l’on prévient leur accroissement ultérieur en comprimant toute l’étendue des membres affectés, et en# évitant les travaux susceptibles de les occasioner. Ce traitement n’est que palliatif : des opérations plus graves ont été conseillées pour obtenir la guérison. Les anciens less détruisaient au moyen du cautère actuel; mais ce procédé est rejeté de la chirurgie. On emploie quelquefois encore l’extirpation des veines dilatées, que Celse recommandait déjà. Bien que la gravité delà maladie ne justifie pas la pratique d’une opération aussi douloureuse, M. Boyer a cru cependant devoir y recourir chez
Ulcères
Tariqueux^
Traitement.
A. Situation horizontale , et
compression^
. Cautérisation]