‹ Nouveaux élémens de chirurgie et de médecine opératoire, ouvrage contenant l'exposition complète des maladies chirurgicales, et des opérations qu'elles réclamentChapitre 121 sur 170 · V. Ligature · texte numérisé non relu

V. Ligature

Procédé de Brasdbr.

54B L. VI. CH. III. MALADIES DE l’aPPAREIL SENSITIF.

de substances astringentes solides ou liquides, est depuis long-temps bannie de la pratique. Les caustiques ont partagé le même sort : presque toujours inefficaces, ces moyens ne sont propres qu’à provoquer la dégénérescence cancéreuse des tumeurs sur lesquelles on les applique.

Employé par les anciens, et formé par un lien hérissé de nœuds, le séton a dû être abandonné comme insuffisant. On ne fait plus usage que de quelques bourdonnets, chargés de médicamens suppuratifs, que l’on promène dans les narines, alin de détruire, chez certains sujets, les racines encore existantes des polypes liés ou arrachés. Quelques injections émollientes hâtent les progrès de ce traitement, destiné à compléter une guérison que d’autres moyens ont préparée.

L’excision des excroissances des fosses nasales ne peut convenir que quand ces tumeurs sont petites, verruqueuses, et nées des parties les plus rapprochées de la narine. Des ciseaux bien évidés servent à exécuter celle facile opération, après laquelle on cautérise la racine de la tumeur au moyen du nitrate d’argent fondu.

De tous les procédés proposés pour lier les polypes des cavités nasales qui se dirigent en arrière, ceux de Brasdor et de Desault sont seuls restés dans la pratique. Le premier diffère peu de celui de Levret. Pour l’exécuter, il faut introduire par la narine une sonde de Bellocq, dont le bouton sort derrière le voile du palais, et se déploie sous la voûte palatine. A ce bouton doit être attachée la partie moyenne d’un fd, dont les deux bouts sont fixés aux extrémités d’un lien d’argent de coupelle recuit, qui forme une anse renversée. Le stylet étant rentré dans la sonde, et celle-ci extraite de la narine, on

dégage le fil, dont on se saisit. Un autre fil est passé dans fanse d’argent, afin de pouvoir la ramener en bas si, en l’élevant, on manque le polype. Ces préparatifs étant faits, et le sujet ayant la bouche maintenue ouverte au moyen de morceaux de liège placés entre les dents, le chirurgien, d’une main, tire les fils par le nez, et de l’autre, dirige l’anse d’argent derrière le voile du palais. Il s’efforce d’y engager le polype, en la portant du côté opposé à celui par lequel remontent ses extrémités, et en lui donnant tout l’écartement possible. 11 est évident que l’on a réussi lorsque l’anse est fortement arrêtée par le pédicule de la tumeur; celle-ci n’est pas saisie au contraire lorsque le fil d’argent remonte sans obstacle à travers le nez. Alors il faut le retirer en arrière, écarter ses côtés, et s’efforcer de le mieux diriger. L’anse entourant enfin le polype, on ôte le fil, devenu inutile, que l’on y avait passé, et ses extrémités étant engagées, soit dans la double canule de Levret, soit dans le serre-nœud de Desault, on étrangle la tumeur.

Le procédé de Desault exige que l’on prépare une ligature ordinaire faite d’un cordonnet de soie solide, et une anse de fd simple. Une sonde de Bellocq et une canule légèrement recourbée à son extrémité complètent l’appareil. Le sujet étant convenablement situé et maintenu, la sonde est introduite par la narine, et à son bouton, déployé dans la bouche, on attache une des extrémités de la ligature et les deux bouts du fil simple. Ces objets sont retirés hors du nez, et confiés à un aide. L’anse que forme le fil simple et qui sort par la bouche est également confiée à un autre aide. Alors le chirurgien passe le bout de la ligature demeuré libre dans la ca-

Procédé de Desault.

Procédé

de

Mj Moscati.

Procédé pour lier les polypes dirigés en avant.

Soins

consécutifs.

55 O L. VI. CH. in. MALADIES DE l’apPAîîEIL SENSItIF.

nuie, et portant celîe-ci derrière le voile du palais, il lui fait décrire toute la circonférence du pédicule du polype. Ensuite, il engage la canule elle-même dans l’anse de fd simple, et portant celle-ci en arrière, à mesure que l’aide tire ces extrémités par le nez, il la fait arriver jusque sur la ligature qu’elle entraîne bientôt au dehors, à travers la narine, en laissant la canule vide. La tumeur est dès lors entourée; les deux extrémités de la ligature sont passées dans le serre-noeud, et l’on opère aisément la constriction désirée.

Ce procédé vient d’être ingénieusement modifié par M. Moscati. Ce praticien fait usage d’une sorte de cuillère d’argent, dont le fond manque, et qui est creusée sur son bord d’un sillon propre à recevoir une ligature, dont les extrémités sont placées dans le manche de l’instrument. Un fil ordinaire étant passé de la bouche dans la narine, on attache son extrémité inférieure aux deux bouts du lien que porte la cuillère; puis, introduisant celle-ci dans le pharynx, et l’appliquant sous le polype, il est facile, en retirant le fil par le nez, d’entraîner avec lui la ligature, et d’embrasser la tumeur.

Lorsque le polype est dirigé en avant, on introduit^ entre lui et la paroi nasale qui le supporte, le portenœud et le serre-nœud réunis et armés d’une ligature. Lorsque ces instrumens sont parvenus au pédicule de la tumeur, le porte-nœud est glissé autour d’elle, et le fil ayant embrassé sa base, on le dégage, et on l’introduit dans l’ouverture du serre-nœud pour exercer la constriction désirée.

Le malade, après la ligature, doit être soumis à une diète sévère. Si le polype se gonfle outre mesure, il faut

scarifier sa surface. Des injections acidulées entraîneront les matières putrides qui en découlent, et s’opposeront aux mauvais effets que leur déglutition pourrait entraîner. Enfin, la tumeur, si elle occupe le pharynx, sera traversée par un fil, afin de prévenir sa chute sur la glotte, et de faciliter son extraction lorsqu’elle tombera.

La ligature des phlypes des fosses nasales est une opération souvent difficile, toujours laborieuse, quelquefois impraticable. L’arrachement lui est préféré par presque tous les praticiens. Si les polypes sont mous et vésiculeux, des pinces à anneaux, fenêtrées aux extrémités de leurs mors, servent à les saisir et à les retirer, en les tournant sur eux-mêmes. L’opération doit être réitérée jusqu’à ce que la narine soit libre; quelques lotions acidulées suffisent pour arrêter le peu de sang quis^écoule.

S’agit-il de polypes solides , il faut les saisir avec des pinces garnies de dentelures, ou des pinces de Museux, et s'efforcer de les retirer parla narine. Si l’ouverture de celle-ci était trop étroite, il conviendrait d’inciser la partie antérieure de son contour. Lorsque le polype occupe le pharynx, et ne peut être reporté dans le nez , c’est par la bouche qu’il faut le saisir avec des pinces courbes. Dans tous les cas, si un premier instrument n’agissait pas avec assez de force, il faudrait en appliquer un second, et même un troisième et un quatrième, de plus en plus profondément sur le corps du polype.

Si la tumeur remplit le sinus maxillaire, elle peut y être née , ou n’y avoir que secondairement pénétré. Dans Tun et l’autre cas, il faut commencer à l’attaquer par cette voie. Lorsque le polype soulève la joue, il faut le découvrir en incisant la membrane muqueuse de la

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