‹ Nouveaux élémens de chirurgie et de médecine opératoire, ouvrage contenant l'exposition complète des maladies chirurgicales, et des opérations qu'elles réclamentChapitre 126 sur 170 · LÉSIONS DU CRANE · texte numérisé non relu

LÉSIONS DU CRANE

Les fractures du crâne sont tantôt linéaires, tantôt en étoile, tantôt avec fracas. Elles ont lieu, ou à l’endroit même de la blessure, ou sur une autre partie de l’os frappé, et quelquefois au point opposé à celui de la lésion, Les premières ont été nommées fractures directes, et les autres, fractures par contre-coup. La présence d’une fracture simple, au fond d’une plaie du crâne, si d’ailleurs aucun accident ne se manifeste, ne change en rien les indications qui naissent de la solution de continuité des parties molles. Il convient seulement de ne pas réunir exactement les lèvres de la division extérieure, et de redoubler d’activité pour prévenir le développement des symptômes de l’encéphalite ou de la méningite. Il faut se garder de vouloir alors inciser les parties molles jusqu’aux limites de la fracture,* une telle opération, propre uniquement à satisfaire la curiosité du chirurgien, serait inutile, ou même dangereuse pour le malade. Si des pièces, détachées des os, étaient portées vers le cerveau, il faudrait à l’instant même s’efforcer de les relever et de les extraire. La petite extrémité d’une spatule, glissée sous les pièces enfoncées, est le meilleur élévatoire dont ou puisse faire usage. Le trépan peut devenir alors nécessaire pour faciliter le dégagement, et l’extraction des esquilles. Cette indication étant remplie, on panse mollement la plaie, on jfavorise l’écoulement au dehors des liquides épanchés, et l’on favorise ainsi, sans la troubler, la marche de la nature vers la guérison.

l^a plupart des chirurgiens tourmentent trop les plaies du crâne. Leurs stylets, promenés sans but comme sans mesure au fond de parties enflammées et sillonnées en tous sens par des filets nerveux, y accroissent l’irritation,

E. Fracture»

aux os du crâne.

Variétés qu’elles peuvent présenter.

Régie générale sur

le pansement des plaies du crâne.

564 L* Vï. MALADIES DE l’aPPAREIL SENSITIF.

et y développent les élémens des inflammations les plus graves. Leurs pansemens, multipliés sans nécessité, ne sont propres qu’à faire pénétrer l’air au fond des plaies, et à rendre incessamment plus vive la phlegmasie dont elles sont le siège. Toutes les fois qu’aucun accident cérébral ne se manifeste, il faut, après avoir pansé convenablement la plaie, appliquer sur la tête un appareil solide qui en comprime doucement la surface, et qu’on laisse, sans y toucher, pendant six, huit ou dix jours, excepté lorsque des phénomènes insolites se manilestent, et obligent d’examiner l’état des parties. Ces pansemens, rares, simples et méthodiques, ont souvent réussi à M. Gama dans les cas les plus graves.

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