‹ Nouveaux élémens de chirurgie et de médecine opératoire, ouvrage contenant l'exposition complète des maladies chirurgicales, et des opérations qu'elles réclamentChapitre 13 sur 170 · LIV. I. CilAP. II. DE l’inflammation · texte numérisé non relu

LIV. I. CilAP. II. DE l’inflammation

Caiaclèies généraux de î’inflaminaticui aiguë.

Anridens iiu’ellr occasionc.

chirurgie, comme en médecine proprement dite, c’est l’inflammation qui fait périr l’immense majoritédes sujets auxquels on prodigue les secours de la thérapeutique.

Le chirurgien doit donc fixer toute son attention sur cette maladie ; il faut que les organes qui en sont alTectés soient l’objet continuel de ses explorations. Prévenir et combattre la phlogose dans les parties blessées, ou dans celles qui ont été le siège d’opérations plus ou moins graves , telles sont les deux principales indications qu’il a constamment h remplir : elles doivent dominer toute sa pratique et le diriger dans toutes ses actions.

Lorsqu’ils s’enflamment, les tissus vivans se pénètrent de sang; ils rougissent et se tuméfient; l’action organique des vaisseaux capillaires y augmente d’intensité ; une chaleur tantôt âcre et tantôt halitueuse, accompagnée d’une douleur pulsative et d’une tension plus ou moins considérable, se fait sentir. En même temps que ces phénomènes se manifestent, le tissu affecté perd les propriétés physiques qui le distinguaient; le sang, qui semble l’envahir tout entier, le rend plus compacte, plus homogène, plus friable; les matériaux organiques dont il était pénétré disparaissent par l’absorption, et, après un temps plus ou moins long, on n’y découvre plus qu’une substance cellulo-vasculaire, dont la nature ne varie presque pas, quel que soit l’organe afl’ecté. C’est ainsi que la peau, les muscles, les membranes muqueuses , la substance cérébrale , les cartilages , les os eux-mêmes, sont dénaturés par l’inflammation lorsqu’elle est intense et prolongée.

Jamais la phlogose alors ne reste isolée dans l’organe qui en est le siège ; elle tend constamment , au contrains.

à s’étendre, à se propager, par la voie des sympathies, dans les principaux organes de l’économie vivante , et à déterminer des désordres notables dans l’action du cerveau , du cœur et de l’appareil digestif. Est-elle modérée : une fièvre peu intense se manifeste et suit les modifications successives qu’elle éprouve elle-même. Estelle intense au contraire: chez les sujets nerveux, elle déterminera des spasmes , des convulsions ou d’autres phénomènes du même genre ; chez les sujets appelés bilieux, où l’appareil gastro- hépatique jouit d’un surcroît d’activité, elle provoquera des dégoûts , des nausées, des vomissemens, et tous les accidens qui caractérisent les vives irritations de cet appareil. Enfin, détermine-t-elle sympathiquement une gastro-entérite intense : on voit survenir les phénomènes de ce que les médecins ont longtemps appelé fièvre adynamique et fièvre ataxique. Dans tous les cas, le pronostic est d’autant plus grave que l’organe primitivement affecté est plus important à la vie , que sa phlogose est plus violente, et qu’il agit sympathiquement avec plus de force sur les parties centrales de l’économie.

On ne saurait , sans inconvénient, laisser les inflammations , même les plus légères , parcourir leurs périodes, sans écarter les causes qui tendent à les exaspérer ; et toujours il est prudent de leur opposer des moyens curatifs appropriés. On peut diviser en trois ordres les opérations chirurgicales qui sont indiquées par les inflammations aiguës. Les unes appartiennent au traitement local de ces aflèctions ; les autres, aux moyens généraux dont elles réclament l’emploi; les dernières enfin, à la révulsion qu’on leur oppose fréquemment.^

Pi'onoslic.

Le tiaileincul qu’elles réclainent est local, général ou révulsif.

LIV. I. CHÀP. II. DE l’inflammation Opérations L’inflammation est-elle peu intense ou profondément

relatives an

traiiemeni local situéc , OU pcut SC bomcr à recouvrir la partie affectée , ou la région qui lui correspond , d’une flanelle repliée Fomcniaiions. CD plusieuFS doublcs , OU d’uDc compicsse épaisse imbibée de quelque liquide émollient , tel que l’eau de guimauve. Il importe que ce topique soit assez fréquemment renouvelé pour qu’il ne perde pas sa chaleur; et afin que le linge ou la flanelle ne mouillent pas le lit du malade , on a soin de les tordre avant d’en faire l’application. De cette manière , la partie affectée est en quelque sorte plongée dans un bain de vapeur qui la relâche et qui diminue la violence de l’irritation dont elle est le siège. M. Blaquière a proposé de substituer à la flanelle et au linge des tranches minces d’éponge fine, que l’on appliquerait sur les parties , en ayant l’attention de les arroser fréquemment d’eau de guimauve. Ce topique a, sur la fomentation ordinaire, l’avantage de pouvoir demeurer appliqué pendant long-temps. L’éponge est préférable d’ailleurs à la flanelle , et surtou l au linge , qui est compacte et se refroidit avec la plus grande facilité. Plus légère que le cataplasme , elle occasione moins d’embarras, ne salit pas la partie qu’elle recouvre , latigue moins par son poids , et remplit les mêmes indications. On sent combien il importe , pendant que l’on renouvelle les fomentations , de prévenir l’action irritante et répercussive du froid sur les parties affectées, que l’on maintient dans un état continuel de transpiration , et même sur tout le corps du malade , qui participe plus ou moins à cet état.

Il est à peine utile de faire observer qu’en changeant la nature du liquide employé , on peut rendre les fo-

mentations toniques , irritantes , narcotiques , ou répercussives , et remplir avec elles les indications les plus variées. ^

Mises en usage contre les douleurs produites par les irritations des parties profondes , plus souvent que dans le cas de phlegmasie extérieure aiguë , les embrocations, sont pratiquées au moyen d’huiles ou de graisses médiocrement échauffées et étendues sur les parties affectées. Quelques chirurgiens varient presque à l’infini les topiques de ce genre , et les emploient contre une foule de maladies, bien que leur efficacité soit douteuse, au moins en beaucoup de circonstances , et qu’elles ne puissent pénétrer jusque dans la profondeur des organes. Quoi qu’il en soit , pour que les embrocations soient utiles , il faut , après qu’elles sont terminées , recouvrir la partie d’une flanelle chaude , et y entretenir une douce transpiration.

Les cataplasmes constituent un topique plus généralement employé que les précédens contre les inflammations aiguës. On les prépare en faisant une espèce de bouillie avec la mie de pain ou la farine des graines émollientes et l’eau. Pour être appliquée, la masse du cataplasme doit être étendue sur un linge dont on reploie les bords , afin de l’empêcher de se répandre au loin et de salir les parties voisines. 11 importe qu’elle ne soit ni trop épaisse ni trop liquide : dans le premier cas, son action serait presque nulle; dans l’autre, on ne pourrait la fixer sur l’organe qu’elle doit recouvrir. Afin de le maintenir appliqué, il faut placer sur le cataplasme une compresse plus grande que lui, et le contenir avec un bandage, que l’on serre davantage à ses extrémités

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