‹ Nouveaux élémens de chirurgie et de médecine opératoire, ouvrage contenant l'exposition complète des maladies chirurgicales, et des opérations qu'elles réclamentChapitre 134 sur 170 · XVI. De l'ariiculalion fémorotibiale · texte numérisé non relu

XVI. De l'ariiculalion fémorotibiale

A. De la rotule,

Signes.

Réduction.

Du tibia.

Signes.

Réduction.

690 Ij. VII. ch. II. MALADIES DE l’aPP. LOCOMOTEUR.

rencontre le bord externe de U rotule, qui est relevé, de manière à laisser sentir la facette articulaire correspondante. Si la luxation était complète, la poulie articulaire du fémur serait entièrement abandonnée; en dehors, on trouverait la saillie formée par la rotule, appliquée au condyle externe du fémur ; des phénomènes opposés caractérisent les luxations internes. Dans toutes , la jambe est étendue , la flexion douloureuse et presque impossible , le genou déformé.

Le malade étant couché sur le dos , un aide saisit le talon et l’élève , ainsi que tout le membre étendu , de manière à mettre les muscles antérieurs de la cuisse dans le plus grand relâchement possible : alors le chirurgien saisit la rotule devenue libre, et la reporte à sa place. Le membre doit être ensuite maintenu dans la demi-flexion et le repos.

Le tibia est-il porté en arrière ? la jambe est fléchie à angle aigu , la face cutanée de la rotule est inclinée en bas , son ligament est saillant ; une tumeur formée par les condyles du tibia occupe le creux du jarret. Dans la luxation en avant, rarliculalion est très mobile , la jambe

étendue, la rotule inclinée en haut j les muscles jumeaux

sailîans et tendus au jarret. Les tumeurs formées d’un côté par le tibia et de l’autre par le fémur, caractérisent les luxations latérales, qui ne sont presque jamais complètes.

Dans tous ces cas, un aide s’emparant du bassin et un autre de la jambe étendent le membre, jusqu’à ce que les os se dégagent et que le chirurgien puisse les remettre en rapport. La jambe doit ensuile être mainlenue dans la demi-flexion.

Lorsque la tête du fémur est portée en haut et en dehors de la cavité cotyloïde , le membre est raccourci , le pli de la fesse correspondante élevé , le grand trochanter rapproché de l’épine iliaque antérieure^ une tumeur arrondie soulève la fesse et la rend plus saillante ; enfin le membre est porté dans l’adduction et la pointe du pied inclinée en dedans. Dans la luxation en haut et en avant ou en dedans , la cuisse est également raccourcie; mais le genou et la pointe du pied sont tournés en dehors, la fesse aplatie, le grand trochanter placé sur Ja même ligne verticale que l’épine iliaque antérieure et supérieure ; une tumeur volumineuse et dure occupe l’aine , soulève les nerfs ainsi que les vaisseaux, et occasione de vives douleurs; enfin le membre est écarté de celui du côté opposé. Les luxations en dedans et en bas, sur le trou ovalaire , sont caractérisées par l’alongement du membre, l’aplatissement de la fesse, l’éloignement en bas et en avant du grand trochanter , la rotation de la cuisse en dehors, son écartement de celle du côté opposé , la tension des muscles de sa partie interne , la flexion légère de la jambe , la présence d’une tumeur arrondie près delà branche ascendante de l’ischion. On reconnaît les luxations en bas et en arrière, ou en dehors , qui sont de toutes les plus rares , à la longueur augmentée du membre , l\ sa rotation en dedans , à la saillie formée par la tête de l’os au bas de la fesse , au mouvement qui a porté le grand trochanter en arrière et en bas de sa situation normale. Ces luxations se convertissent bientôt, par Faction muscuiaire, en celles du premier genre.

Aün de réduire les déplacemens du fémur, le sujet doit être couché sur un lit solide et sans dossier ou sur une

xyii.

De l’articulation coxocfémorale.

Signes.

Réduction.

502 L. VII. CH. II. MALADIES DE l’aPP. LOCOMOTEUR.

table garnie d’un matelas. Un drap plié suivant sa longueur est appliqué au pli de la cuisse du côté sain, et ses extrémités sont conduites, en avant et arrière, jusqu’à un objet solide où on les fixe. Une serviette , placée en travers , entre la crête iliaque et le trochanter, du côté malade, embrasse le bassin, et ses extrémités sont confiées à des aides. Enfin, une autre nappe, fixée à la partie inférieure de la jambe, au-dessus des malléoles, sert à opérer l’extension, qui exige souvent l’emploi d’une grande force. La serviette transversale a pour objet d’empêcher le bassin de céder et de se renverser du côté de la maladie. Le fémur commençant à s’ébranler , le chirurgien , dans la luxation en haut et en dehors , appuie avec ses deux mains sur le trochanter et le pousse en bas et en dedans. Dans la luxation en haut et en dedans, il porte la tête fémorale en bas et en dehors. Lorsque le déplacement a lieu en bas et eu dedans, au contraire, il embrasse de ses deux mains la partie supérieure et interne de la cuisse, qu’il dirige en dehors, en même temps que les aides portent la partie inférieure delà jambe au-dessus de celle du côté opposé. Enfin, dans la luxation en bas et en arrière , on pousserait le fémur en haut et en dedans , lorsque les extensions auraient dégagé sa tête. Il suffit, pour prévenir la récidive, de fixer la cuisse malade à celle du côté sain, au moyen d’une jarretière.

Les os du bassin ne sont jamais luxés qu’imparfaitepes articulations mout ot Dar d OS violcnces directes. Les antiphlogistiques,

jiehienncs. loi'

le repos et la compression du contour de la cavité pelvienne , à l’aide d’un bandage de corps médiocrement serré, tels sont les seuls moyens à employer dans ces

cas graves.

Produites parles mômes causes que les luxations ; consistant dans le lirallîement plus ou moins considérabie , et souvent dans la déchirure des liganiens articulaires, les entorses constituent des lésions presque toujours graves, auxqmdies succèdent les plus violentes inllammations. L’immersion de la partie affectée pendant trois , quatre ou six heures dans un vase rempli d’eau froide est un répercussif souvent très utile, quand on est appelé aussitôt après l’accidènt qui a déterminé l’entorse. Cn bandage médiocrement serré, et à chaque instant arrosé d’une liqueur résolutive , telle que l’acétate de plomb; l’immobilité absolue du membre, des saignées générales, des boissons délayantes, tels sont les moyens qu’il faut employer ensuite. Lorsque. la chaleur , la douleur et le gonflement annoncent le début de la phlogose , des sangsues doivent recouvrir, en grand nombre et à plusieurs reprises , la surface de la jointure affectée. Des topiques émolliens et narcotiques, soutenus par un bandage légèrement compressif, doivent alterner avec ces saignées locales, et favorisent leurs effets. On ne doit rien négliger, en un mot, pour faire avorter l’inflammation articulaire et prévenir les funestes conséquences qu’elle entraîne trop souvent. Ce n’est que quand la douleur et les autres phénomènes de l’irritation sont complètement dissipés que l’on rendra graduellement l’articulation affectée à l’exercice de ses fonctions. Ces préceptes sont de la plus haute importance, et l’on doit s’y conformer avec d’autant plus d’exactitude que c’est à des entorses négligées ou imparfaitement guéries que sont dues la plupart des phlegmasies désorganisatrices des articulations.

Les plaies qui pénètrent dans les cavités articulaires doi-

Entortti.

5* Platet de»

arllculailo^’^-

4° Corps étrangers des

articulations.

594 L. VII. CH. II. MALADIES DE l’aPP. LOCOMOTEUR.

vent fixer toute l’attention du chirurgien. Il faut , autant que possible, les réunir immédiatement, afin de prévenir l’action irritante de l’air sur les capsules synoviales. Les parties doivent être maintenues dans le repos , couvertes de topiques émolliens , et des évacuations sanguines générales et locales abondantes s’opposeront au développement d’inflammations trop intenses. La pratique de plusieurs chirurgiens militaires, éclairés par la doctrine physiologique, démontre que l’on peut obtenir ainsi la guérison complète des divisions et des coups de feu les plus étendus aux articulations.

Produits par une irritation obscure des membranes articulaires , les corps étrangers que l’on rencontre dans les capsules synoviales occasionent des accidens quelquefois très graves. Ils se glissent fréquemment entre les surfaces cartilagineuses , occasionent les plus vives douleurs, et provoquent une irritation qui ne se calme que lorsqu’ils ont gagné un endroit où ils ne puissent nuire. Ces corps, ordinairement fibro-cartilagineux, ne peuvent être attaqués que quand on les sent à travers les parois de la jointure, il faut alors les attirer et les fixer dans un endroit où la capsule articulaire soit lâche, et en contact avec la peau, comme, au genou, sur le côté interne de la rotule, au coude, vers les parties latérales de î’oiécrane. Une main tend alors les tégumens, et les tire de côté sur le corps étranger ; puis, incisant toutes les parties jusqu’à lui, on le saisit, et on l’extrait. La peau étant ensuite abandonnée à elle-même, son ouverture cesse d’être parallèle avec celle de la membrane synoviale, et l’on en réunit exactement les bords. Le traitement consécutifne difiere pas de celui des plaies simples des articulations.

Résultat de la phlogose plus ou moins vive des capsules synoviales, l’hydropisie articulaire est caractérisée par la tuméfaction de la jointure, qui présente, aux endroits où ses enveloppes sont lâches et libres, des tumeurs molles et fluctuantes plus ou moins considérables. Au genou, la rotule est entourée alors de deux bourrelets arrondis, et sa face interne est éloignée par le liquide de la partie antérieure des condyles fémoraux. Des bourrelets semblables se manifestent dans i’hydarthrose du coude, sur les côtés de l’olécrane. Cette maladie réclame l’emploi des saignées locales, des applications émollientes, et ensuite l’application des résolutifs, des vésicatoires, et même du rnoxa. L’administration interne et externe du mercure a produit de bons effets, lorsque la maladie succède à la syphilis. Il est rare que l’on soit alors Obligé de recourir à la ponction de l’articulation, opération facile, après laquelle il faudrait s’efforcer de prévenir le développement des accidens inflammatoires.

* L’inflammation lente et chronique des tissus qui entourent et affermissent les aiiiculations est très souvent la suite des lésions précédentes. L’hydarlhrose est ellemême un des résultats de cette phlegmasie, qui peut reconnaître aussi pour cause l’action du froid, les contusions, etc. Elle est susceptible d’affecter primitivement : 1° l’appareil celluleux et aponévrotique placé sous la peau, et qui enveloppe la jointure; 2“ les ligarnens articulaires ; 3° le périoste des extrémités des os; 4° la membrane synoviale; 5° les cartilages; 6° les os eux-mêmes. Nées dans l’une de ces parties, l’irritation et la phlogose se propagent graduellement aux autres,

50 HyHarthrofg

6® Inflammation chronique des

articulations ^ ou

arthrocaoes.

Parties qu’elle peut primitivement aBFecter.

Résiiltnls

qu’elles

entraînent.

Traitement que l’on doit leur opposer.

596 L. VII. CH. II. MALADIES DE l’aPP. LOCOMOTEUR,

s’étendent plus ou moins profondément, et envahissent enfin la totalité ou la plus grande partie des tissus qui concourent à composer rarîiculalion.

Les noms de tumeurs blanches, de tumeurs scrofuleuses, etc. , donnés à cette maladie, doivent être rejetés. Il faut étudier sa marche dans les diflerens cas, noter ses principaux phénomènes, et la combattre d’après la nature de la modification vitale qui la constitue. C’est à rinfîammaiion chronique que sont dus ces gonflemens des cartilages articulaires qui alongenl les membres, éloignent les surfaces osseuses et les forcent de s’abandonner. La même cause produit ces caries des articulations, qui, détruisant les éminences des os, les obligent de céder à l’action musculaire, et de se luxer consécutivement; elle occasione enfin ces collections purulentes internes, dont les ouvertures extérieures demeurent fisluleuses, et épuisent lentement le malade, ainsi que ces dégénérescences fongueuses, lardacées ou cancéreuses de tous les tissus articulaires.

Les arthrites chroniques réclament, quel que soit leur siège primitif, l’application réitérée des sangsues, le repos absolu du malade, les bains et les topiques émolliens jusqu’à ce que les phénomènes de l’irritation se soient dissipés. On a ensuite recours aux révulsifs, aux vésicatoires, aux moxas, et aux autres irritans cutanés, dont on recouvre les environs de l’articulalion aireclée. Mais il ne faut employer cet ordre de moyens que lorsqu’on a long-temps insisté sur les saignées locales et les émolliens, qui souvent suffisent seuls pour opérer la guérison.

L’immobilité des surfaces articulaires, ou l’ankylose, est susceptible d’exister à divers degrés, depuis la simple

7O Ankylii}/!.

Tüideur de la jointure, jusqu’à sa soudure complète. Il faut prévenir ou combattre cet accident, après les fractures, les luxations, les entorses, en faisant mouvoir graduellement les parties, en employant les bains tièdes, les embrocations huileuses, les douches, etc. Il convient de respecter et défavoriser, au contraire, la soudure des articulations, lorsqu’elle succède à des inflammations chroniques, profondes, qui ont désorganisé les cartilages, les ligainens, ou d’autres parties. L’ankylose est alors le résultat presque inévitable du travail d’une guérison que l’on est trop heureux d’obtenir à ce prix.

Les blessures qui ont détruit une grande partie des extrémités articulaires des os ; les caries étendues et profondes, de ces extrémités, ainsi que des cartilages ; en un mot, les lésions bornées aux articulations, sont, plus souvent qu’on ne le croit généralement, susceptibles d’être guéries par la résection des parties désorganisées.

Indiquée d’abord par Park, et pratiquée ensuite par Moreau, de Bar, la résection du coude exige que le malade soit couché sur le ventre, l’articulation à demi fléchie, et présentant au chirurgien sa partie postérieure. Un petit couteau droit, des ciseaux, une scie 5 main, des pinces à ligatures, des fils cirés, une plaque de bois ou de carton, des emplâtres agglutinatiis, des aiguilles courbes, de la charpie, des compresses et une bande doivent avoir été préparées d’avance. Des aides contiennent le sujet et le membre.

Une incision d’un pouce et demi h deux pouces est faite alors le long de chacun des bords latéraux de la partie inférieure de l’humérus. On réunit ensuite les exlrémilés inférieures de chacune de ces incisions, par une

8* Résectiatt des

artlculationi.

Page 1