VI. Fractures de
l’omoplate.
6 ï a L. VII. CH. III. MALADIES DE l’aPP. LOCOMOT^EUR.
contre cette fracture l’étoupade de Moscati ; l’appareil de Desault lui-même semble inutile. Il suffit de mainte^ nir le bras malade rapproché du tronc, l’avant-bras fléchi, la main appuyée et fixée sur l’épaule du côté sain. Dans cette situation, qu’il est facile de rendre permanente, en soutenant le poids du bras, et en le fixant contre le tronc avec un bandage du corps, la partie supérieure de fhumérus est portée en dehors et en arrière à la rencontre du fragment supérieur; et la coaptation est d’autant mieux affermie que rien ne tend à la déranger. M. Richerand dit avoir traité par ce procédé, qu’ilippocrate conseillait déjà, un grand nombre de fractures du col de l’humérus, et toujours avec succès.
L’apophyse acromion peut être aisément fracturée. Il faut alors soulever le bras contre l’épaule , appliquer des compresses mouillées et épaisses sur la fracture, et les maintenir au moyen de tours de bande dirigés de l’aisselle du côté sain sur l’appareil, et de là sous le coude correspondant ; une écharpe doit soutenir l’avant-bras ; un bandage de corps, en maintenant le bras rapproché du tronc, termine l’appareil, en augmentant sa solidité'. Dans les fractures verticales du scapulum, les fragmens sont maintenus en contact par les muscles qui s’y attachent, et il suffit de fixer le bras contre le tronc. Lorsque la solution de continuité est au contraire horizontale, et surtout dans les cas où l’angle inférieur est détaché du reste de l’os, il faut placer sous lui des compresses épaisses, maintenues par des tours de bande qui enveloppent le tronc ; puis fixer le bras contre la poitrine, le coude porté en avant, et soutenu par une écharpe. Quant aux fractures du col de l’omoplate et de fapo-
MALAIHES DES OS.
physe coracoïde, elles sont excessivement rares, toujours produites par des causes directes très violentes; et, quand elles ont lieu, on a plus à s’occuper des lésions des parties molles qui les accompagnent, que de la solution de continuité de l’os. Elles exigent au reste que le bras soit maintenu soulevé et rapproché du tronc.
Afin de réduire les fractures de la clavicule, il faut porter l’épaule en dehors, en airière et en haut. Le bandage de Desault, en maintenant le membre dans cette situation, a long-temps paru le seul appareil propre à bien contenir les fractures dont il s’agit. Un coussin conoïde, aplati, plus large et plus épais en haut qu’en bas, est placé sous l’aisselle, et fixé par deux cordonnets qui, partant de sa base, vont s’entre - croiser sur l’épaule du côté sain, et reviennent entourer le tronc. L'avant bras étant fléchi à angle droit, et tout le membre enveloppé d’un bandage roulé, le bras est maintenu appliqué contre le tronc par des doloires ascendantes, plus serrées près du coude qu’au voisinage de l’épaule. Enfin, l’avant-bras est placé dans une écharpe, et des tours de bande, di rigés du coude sur l’épaule du côté malade, et de là sous l’aisselle du côté sain, soutiennent le poids du bras, et maintiennent l’appareil, dont il est quelquefois indispensable de couvrir la fracture. Tel est le bandage de Desault, que ]\L Boyer a modifié, en substituant à la première bande un bracelet fixé par des courroies h un bandage de corps. Cet appareil est embarrassant à appliquer ; il se relâche aisément, comprime fortement le thorax, et, chez beaucoup de femmes, ne peut être supporté. Il vaut mieux alors faire coucher le sujet horizontalement, maintenir l’avant-bras et le coude relevés par une