‹ Nouveaux élémens de chirurgie et de médecine opératoire, ouvrage contenant l'exposition complète des maladies chirurgicales, et des opérations qu'elles réclamentChapitre 144 sur 170 · DES AMPUTATIONS D ES MEMBRES · texte numérisé non relu

DES AMPUTATIONS D ES MEMBRES

Les circonstances qui rendent les amputations néces- Circonstance* saires sont : 1° l’ablation complète des membres par de , indiquent

f r leur execution*

gros projectiles^ tels que les boulets de canon, qui font aux parties molles des plaies contuses, irrégulières, ac*compagnées de fractures étendues aux os, et qui ne pourraient que très difficilement guérir | ‘2° les écrasemens dans lesquels les chairs, les os, les troncs artériels et nerveux sont broyés et confondus; 3° les plaies avec dilacération considérable aux grandes articulations, et fractures comminutives aux os qui les forment; 4° les luxations complètes des articulations principales, avec issue des extrémités osseuses à travers les chairs déchirées ;

5° les sphacèles ; 6° les tumeurs fongueuses, érectiles, cancéreuses ou anévrismales très considérables, qui ont altéré et détruit les os, les nerfs et toutes les parties principales des membres ; 7" les extravasations sanguines, suites de blessures artérielles, et qui, portées au point de ne pas permettre la ligature des vaisseaux, menacent la partie de gangrène; 8° les inflammations chroniques et invétérées des articulations, avec nécrose, carie, ou dégénérescence fongueuse des os; 9® enlîn toutes les lésions profondes, rebelles, incurables par tout autre

(Jn traitement rationnel peut quelquefois faire éviter une opération.

Division générale des

amputations.

Elles sont circulaires , ou

à lambeaux.

Amputation

[circulaire.

Appareil.

63o L. VII. CH. IV. MALADIES DE l’aPP. LOCOMOTEUR.

moyen, qui épuisent les forces, et menacent immédiatement la vie des sujets.

Il ne faut pas oublier toutefois que l’emploi bien dirigé des ressources thérapeutiques ne puisse, dans beaucoup de cas , faire éviter les amputations alors qu’on les croyait le plus nécessaires ; et sous ce rapport la doctrine physiologique a rendu à la chirurgie et h rhumanité les plus grands services. Aux membres thoraciques , ainsi que je l’ai dit précédemment , il est souvent possible de substituer avec avantage les résections des articulations malades aux ablations complètes des parties.

Les amputations peuvent être exécutées , soit dans la continuité des membres , soit dans les articulations qui séparent leurs diverses parties.

Amputations dans la continuité des membres.

Il est possible de retrancher les membres en coupant circuiairement les chairs qui les composent , ou en les tailiant^de manière à en former des lambeaux.

L’appareil qu’il faut préparer pour exécuter ces opérations , se compose : d’un tourniquet ou d’une pe-

lote destinée à comprimer les vaisseaux et à suspendre le cours du sang ; 2° de couteaux droits, bien affilés, et plus ou moins longs ; 3® d’une large et forte compresse , fendue jusqu’à la moitié de sa longueur, en deux ou trois chefs , suivant que la partie sur laquelle on veut opérer est formée d’un seul ou de deux os ; 4“ d’une scie pourvue d’un feuillet de rechange ; 5° de pinces à ligature, et de fils cirés, formant des rubans plus ou moins

larges ; 6° de ciseaux , d’aiguilles courbes , de bistouris droits. De l’eau, des éponges, des flacons d’odeurs, dont il est possible que l’on ait besoin , de la charpie en boulettes et en plumasseaux, des emplâtres agglutinatifs, des compresses et des bandes doivent être disposés à part, afin de servir au pansement après l’opération.

Supposons que l’on pratique l’amputation circukaire à la cuisse. Le malade, couché sur une table , convenablement garnie , doit être attiré de manière à ce que ses membres abdominaux dépassent le bord du meuble. Un aide soutient la partie que l’on va retrancher , un second saisit le membre au-dessus , et relève la peau ainsi que les chairs ,* le troisième suspend le cours du sang ou veille sur le tourniquet qui a été placé pour cet objet au tiers supérieur de la cuisse. Mais cet instrument peut être fort bien remplacé par une pelote solide ou par les doigts de l’aide , appliqués sur l’endroit où l’artère crurale passe au-devant de la branche horizontale du pubis. Le chirurgien doit s’assurer lui-même que ces doigts ou cette pelote sont bien placés , et il faut que l’aide ait assez de force et de fermeté pour soutenir la compression jusqu’à la fin de l’opération. D’autres aides contiennent le malade, présentent les instrumens et éclairent le chirurgien , si la lumière du jour ne suffit pas.

L’opérateur lui-même se place au côté externe du membre. Les anciens coupaient d’un seul trait et quelquefois avec un couteau rougi au feu , ou avec une lame tranchante qu’ils laissaient tomber sur le membre, toutes les parties qui composent celui-ci. J.-L. Petit, en France, et Glieselden , en Angleterre , substituèrent à ces procédés celui de couper d’abord la peau et ensuite les mus-

Page 1