‹ Nouveaux élémens de chirurgie et de médecine opératoire, ouvrage contenant l'exposition complète des maladies chirurgicales, et des opérations qu'elles réclamentChapitre 15 sur 170 · LIV. î. GHAP. il. DE L INFLAMMATION · texte numérisé non relu

LIV. î. GHAP. il. DE L INFLAMMATION

La ventouse est un vase de verre arrondi à son ibnd , et présentant une ouverture circulaire plus ou moins

lar^e , dont le bord doit être lisse et uni. Un verre or-

dinaire ou un verre à liqueur peuvent au besoin remplir le même usage, La partie sur laquelle on doit appliquer l’instrument étant rasée et située convenablement , on place quelques brins d’étoupes dans le fond de la ventouse, on les allume à la flamme d’une bougie, et, à l’instant où la combustion s’opère avec le plus de force , on renverse le vase sur les tégumens , auxquels il adhère bientôt. Dans cette opération , l’air que contient la ventouse est d’abord dilaté par la chaleur qui résulte de la combustion des étoupes; après l’application, celles-ci s’éteignent, et la température de l’intérieur de la cloche s’abaissant , il s’y forme un vide imparfait qui soustrait la partie recouverte à la pression atmosphérique. Aussi, voit-on cette partie devenir bientôt rouge , se gonfler , et se porter avec force dans l’intérieur du vase. Cette action est quelquefois telle, que le sang s’échappe de ses vaisseaux, et qu’il forme des ecchymoses dans l’épaisseur du derme, ou qu’on le voit sortir à travers les orilices capillaires des tégumens. Les étoupes peuvent être remplacées par. des lanières de papier ou par tout autre matière facile à brûler. Quelques personnes se servent d’un petit morceau de bougie collé sur .une carte, et au-dessus de la flamme duquel elles tiennent un instant la ventouse avant de l’appliquer. Enfin, les ventouseurs allemands se servent d’une petite lampe , sur laquelle ils placent un instant la ventouse, avant d’en recouvrir rapidement la partie. Cette action suffit pour raréfier l’air contenu dans l’instrument, et le mouvement d’applica-

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lion est si vif, qu’il est terminé avant que la température de l’intérieur de la cloche ait pu s’abaisser. Après un temps plus ou moins long , on détache la ventouse , en appuyant l’extrémité du doigt ou le manche d’un bistouri près de son bord, de manière à laisser pénétrer l’air dans la cavité. La rougeur qu’elle a produite se dissipe le second ou le troisième jour, et tout rentre dans l’ordre normal.

On nomme ventouses sèches, celles que l’on applique ainsi. Elles n’agissent évidemment qu’en déterminant sur les endroits où on les applique une congestion sanguine artificielle, que l’on oppose comme dérivatif delà congestion morbide produite par l’irritation que l’on combat.

Se propose -t-on d’unir les scarifications aux ven- h stan/ise. touses , et d’opérer ainsi une saignée locale ? Il faut appliquer d’abord le vase sur la partie , suivant le procédé qui vient d’être indiqué , afin d’y déterminer l’afflux du sang. La ventouse est ensuite ôtée , et l’on fait sur l’endroit qu’elle recouvrait un plus ou moins grand nombre de scarifications; après quoi, on la réapplique de nouveau. Le sang sort alors des solutions de continuités avec une force et une abondance proportionnées , d’une part, à la profondeur, à l’étendue et à la multiplicité des scarifications, de l’autre, au degré de raréfaction que l’on a communiqué à l’air renfermé dans la ventouse. On conçoit , d’après cette observation , combien il importe , lorsque l’on veut opérer alors des évacuations sanguines abondantes , de pratiquer des scarifications assez profondes pour pénétrer dans l’épaisseur du derme , et pour ouvrir en grand nombre les vaisseaux qui le parcourent. Lorsque la ventouse, étant

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