‹ Nouveaux élémens de chirurgie et de médecine opératoire, ouvrage contenant l'exposition complète des maladies chirurgicales, et des opérations qu'elles réclamentChapitre 20 sur 170 · LIV. I. CHAP. II. BE L*INFLAMMATION · texte numérisé non relu

LIV. I. CHAP. II. BE L*INFLAMMATION

E, InflammatioDj soit des veines , soit de l’ensemble du membre.

Procédé opératoire pour la saignée du pied.

qu’5 aggraver le mal , et souvent à nécessiter l’ablation d’un membre que l’on aurait pu conserver par une conduite plus franche et plus méthodique. Il faut donc, dans ces occasions, appliquer d’abord sur la plaie un bandage compressif, et instruire le malade de l’accident qui vient d’arriver, afin qu’il se laisse pratiquer sur-le champ la ligature de l’artère, opération qui alors est peu grave^ et que plus tard il ne serait peut-être plus temps d’exécuter.

Enfin, la saignée est quelquefois suivie de la phlogose intense de la veine ouverte ou du tissu cellulaire du memhre. Il serait injuste d’attribuer au chirurgien le développement d’accidens de ce genre; la piqûre de la veine elle-même n’en est que la cause occasionelle, et aucun procédé opératoire ne saurait les prévenir. Cependant^ il importe de faire toujours usage de lancettes parfaitement propres et bien affilées, car on a remarqué que les instrumens émoussés, et surtout ceux qui sont imprégnés de matières virulentes, peuvent, soit par la dilacération qu’ils opèrent, soit par l’inoculation qui est la suite de leur action sur les organes , provoquer les accidens dont il est ici question. Quoi qu’il en soit , la pblogose des veines est caractérisée par des phénomènes spéciaux , et elle réclame l’emploi de moyens thérapeutiques dont il sera question plus tard. Quant à celle des autres parties du membre, on doit lui opposer les moyens antlphlogis> tiques locaux et généraux indiqués contre toutes les maladies du même genre.

Beaucoup moins féconde en accidens, mais plus rarement pratiquée que celle du bras , la saignée du pied peut être exécutée, soit sur l’une ou l’autre des veines

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saphènes, qui glissent au-devant des malléoles, soit sur les ramifications veineuses multipliées qui recouvrent le tarse et le mélatarse. La ligature ici doit être placée, ou immédiatement au-dessus des malléoles, ou au-dessous du genou. Dans tous les cas, il convient de plonger ensuite le membre dans un vase rempli d’eau chaude, afin de rendre les veines plus apparentes. Lorsque cet effet est produit, le chirurgien, assis vis-à-vis du malade, fait retirer le pied, en applique le talon sur son genou, recouvert d’une alèze, puis , de la main qui correspond au vaisseau qu’il se propose d’ouvrir, il prend la lancette et exécute l’opération, suivant les règles indiquées pour la saignée du bras. Le membre est ensuite replongé dans l’eau, jusqu’à ce que la quantité de sang indiquée soit sortie : alors on saisit le pied en plaçant le pouce sur la plaie , on le retire, et, après l’avoir placé de nouveau sur le genou , on l’essuie, et la compresse est appliquée sur l’incision. Le bandage que l’on applique alors porte le nom de bandage en étrier.

Pour le faire, on prend une bande longue d’une aune et demie, et roulée à un cylindre. Le chef de cette bande est placé sous le talon, et laissé pendant du côté opposé à la saignée. On conduit ensuite le cylindre sur la compresse, autour de la partie inférieure de la jambe, au-dessus des malléoles ; de là il revient sur la compresse, croiser le premier jet et gagner la base du pied. On réitère deux ou trois tours semblables, et l’on termine en passant obliquement derrière le talon, que la bande embrasse du côté de la compresse, et le chef, laissé flottant , étant enfin relevé, on le noue avec l’autre

ApplicatioH du bandage.

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sur le côlé opposé du pied. Le sujçl, remis au lit, doit garder pendant deux ou trois jours un repos absolu du membre opéré.

Accidens Les deux veines saphènes sont accompagnées, l’interne

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lui succéder, surtout, do tconcs ncrvcux assez considérables, dont la piqûre peut occasîoner les plus graves accidens. J’ai déjà fait connaître les moyens les plus propres à combattre les symptômes qui se manifestent après les lésions de ce genre , et l’on doit y recourir sans délai. Une lame aponévrotique , assez mince , mais fort apparente et médiocrement serrée, passe au-devant des veines saphènes, et doit être nécessairement incisée par la lancette qui ouvre ces vaisseaux. Or, lorsque le tissu cellulaire sous-jacent s’enflamme à la suite de l’opération, cette aponévrose, tendue sur lui, s’oppose à sa tuméfaction, et complique la phlogose d’étranglement. De là les phénomènes alarmans qui se manifestent alors, ainsi que les désordres étendus que produit la maladie, et qui vont quelquefois jusqu’à dénuder au loin le tibia par la gangrène du périoste. La prompte dilatation de la plaie est le moyen le plus efficace de borner les ravages de la phlogose, en produisant un débridement salutaire; on doit y recourir toutes les fois que la maladie ne cède pas en peu de temps au repos , aux applications émollientes , et aux saignées locales, dont il convient de faire d’abord usage.

Procédé Étendues le long des parties latérales du cou, les

pour la saignée . • i i .

du cou. veines jugulaires externes, recouvertes seulement par une peau fine et mince , ainsi que par le plan charnu et mernbraniforme des muscles peauciers, sont faciles à découvrir et à diviser. Le sujet étant assis sur une chaise ou sur son lit, la tête légèrement tournée et inclinée vers

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le côté opposé, et des alèzes recouvrant les épaules et le tronc, une ligature, non serrée, et dont les chefs sont noués ensemble après le second tour, est placée à la base du cou. La compression circulaire ne peut être ici pratiquée comme au bras ou à la jambe ; il faut donc y suppléer par une compression locale et directe, faite sur le vaisseau que Ton doit ouvrir. Pour cela, une compresse très épaisse et très dure est placée sur cet organe et maintenue par la ligature dont j’ai parlé. Celle-ci doit être saisie par le doigt d’un aide , qui la tire en avant et du côté opposé, de manière à la faire porter avec forçe et sur la compresse qui recouvre la veine, et sur toute la partie correspondante du cou, sans cependant que la trachée artère éprouve aucune gêne. Le sang ayant gonflé le vaisseau, on l’ouvre , à la manière ordinaire, au moyen de la lancette, qui doit être portée de bas en haut et d’arrière en avant, afin de ménager les fibres du muscle peaucier. Il est rare que le sang jaillisse au loin : presque toujours au contraire il coule le long de la peau , et, comme on le dit , en bavant, quoique l’on ait l’attention , pour hâter sa sortie, de faire mâcher au sujet un morceau de papier, de bouchon ou tout autre corps semblable. Souvent il faut employer, afin de recueillir le liquide, une gouttière d’argent ou une carte pliée suivant sa longueur, que l’on place au-dessous de l’incision , et au moyen de laquelle le sang parvient jusque dans le vase qui doit le recevoir. La saignée étant achevée, on fait cesser la compression; les parties sont lavées , et, la ligature étant ôtée , on la remplace par une petite compresse et par une bande circulaire , dont on prévient les dérangemcns en conduisant un de ses jets sous l’aisselle , du

Procêflés pour les saignée^ des autres veines.

Ce qu’il faut faire lorsque la saignée doit être réitérée.

a® De

l’artériotomie.

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côté correspondant à l’opération. Cette saignée est ordinairement longue et peu brillante à exécuter , mais elle n’est presque jamais suivie d’accident.

Les détails dans lesquels je viens d’entrer suffisent pour faire comprendre comment on doit pratiquer les saignées surfes autres parties du corps. Il suffit toujours en effet de rendre les veines apparentes par une compression exercée sur elles entre le cœur et le point où l’on veut les ouvrir, et , après la sortie du sang , de placer sur la plaie une compresse soutenue par une bande médiocrement serrée.

Lorsque l’on veut réitérer l’évacuation sanguine à de petits intervalles , il suffit d’étendre un corps gras sur la compresse , afin de retarder l’adhésion des bords de la plaie. En replaçant la ligature, on voit presque toujours le sang jaillir de nouveau. S’il n’en était pas ainsi , quelques percussions légères , opérées sur la veine, suffiraient pour écarter les bords de l’ouverture c[ue l’on y a faite , et dont l’adhérence n’est solidement établie que vingtquatre à trente-six heures après l’opération.

L’artère temporale est peut-être la seule que l’on puisse

ouvrir sans danger, à raison de sa situation sur les os du

crâne, contre lesquels on peut aisément la comprimer;

mais ce vaisseau est peu volumineux, et souvent on n’en

tire que de très petites quantités de sang à la fois , ce qui

fait que les résultats physiologiques et positifs de l’artériotomie, comparés à ceux de la saignée des veines, ne sont pas encore bien connus. Ce que disent les auteurs des effets plus prompts et plus avantageux de la première est plutôt fondé , ainsi que l’on peut s’en assurer au lit des malades , sur des conjectures que sur l’obser-

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valioii. De nouveaux essais sont donc encore indispensables pour éclairer ce point de pratique. Quoi qu’il en soit, l’appareil nécessaire pour la saignée de la temporale consiste en un bistouri ou une forte lancette, une compresse! carrée épaisse et une bande longue de deux aunes, roulée à un cylindre. Le sujet étant assis^ ou couché la tête élevée, le doigt porté sur la région temporale reconnaît la situation et le trajet de l’artère. Si les pulsations ne sont pas apparentes à l’œil , on fait avec l’ongle une empreinte à la peau qui la recouvre. Ensuite, on pratique aux tégumens une incision de quelques lignes d’étendue, dans une direction perpendiculaire à celle du vaisseau , et au fond de laquelle celui-ci doit être ouvert. S’il ne l’était pas du premier coup, l’instrument reporté dans la plaie en opérerait aisément la section. 11 importe ici que l’artère ne soit pas entièrement coupée, parceque , dans ce dernier cas , ses deux bouts se rétracteraient, s’enfonceraient dans les lèvres de la plaie et fourniraient plus difficilement du sang. Il est quelquefois utile aussi de faire alors usage de la gouttière , afin de conduire le liquide jusqu’au vase qui doit le recevoir, parceque le jet qui sort du vaisseau , heurtant contre la lèvre opposée de la plaie, se trouve rompu, et que le sang ne s’écoule qu’en bavant.

Après l’opération , une compresse carrée doit être placée sur la division dont on rapproche les bords. Les anciens la soutenaient au moyen d’un bandage appelé næ ad d'emballeur. Fait avec une bande longue de trois aunes, roulée à deux cylindres, ce bandage consistait en des circulaires horizontaux et verticaux que l’on faisait alternativement autour de la tête, et après chacun

Opération relathe au traitement révulsif des inflammations.

Ce traitement est interne

on externe.

Règles générales qu’il faut observer

pour son emploi.

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