C. Sinapisme
64 LÏV. I. CHAP. il. DE l’inflammation
pénétrer par leur moyen des substances médicamenteuses. Souvent on augmente leur effet , en imprégnant de vapeurs aromatiques les flanelles ou les brosses qui servent à les exéculer.
On peut considérer comme un moyen de révulsion l’acupuncture, dont les Orientaux, et en particulier les Chinois font un si fréquent usage. Exécutée avec une aiguille très fine, surmontée d’un manche, et qu’on tourne rapiment entre les doigts, en la faisant lentement pénétrer, ou sur laquelle on exerce de petites percussions , cette opération peut être faite sur toutes les parties du corps. L’instrumént est susceptible de pénétrer à de grandes profondeurs, en écartant les mailles des tissus, et sans déterminer de lésions graves ; il faut avoir soin seulement de l’éloigner des articulations, du trajet des vaisseaux et des nerfs considérables ainsi que de tous les organes importans. Une irritation légère est le résultat de l’acupuncture, sur l’efficacité de laquelle d’ailleurs l’expérience n’a pas favorablement prononcé.
Plus actifs que les frictions, les sinapismes consistent en des cataplasmes de farine de graine de moutarde, de chlorure de sodium et de vinaigre, que l’on prépare et qu’on applique suivant le même procédé que les autres topiques du même genre. On peut, à volonté, modérer la force irritante du sinapisme, en y incorporant une plus ou moins grande quantité de farine ordinaire. En général pour être efficace il doit être très actif, étendu à de très grandes surfaces, et lorsqu’on l’applique aux pieds, par exemple, il faut qu’il enveloppe non seulement celte partie en totalité, mais presque toute la jambe.
Les moyens précédens ne déterminent sur la peau
n. Vésicaioires.
qu’une rubéfaction plus ou moins intense. Les vésicatoires provoquent un afflux plus considérable de liquides , une irritation plus vive et la formation , à la surface des tégumens, de phlyctènes remplies d’une sérosité souvent fort abondante. Le topique destiné à produire ces effets se compose ordinairement, soit d’une pâte de vieux levain saupoudrée de cantharides en poudre et humectée de vinaigre, soit d’un emplâtre irritant, recouvert des mêmes substances, soit enfin d’une sorte de taffetas composé qui contient la matière extractive des cantharides. Dans tous les cas , on replie les bords du linge sur lequel est étendue la matière irritante, afin de l’empêcher de se répandre et de porter au loin son action. La partie doit être rasée, puis frictionnée avec du vinaigre jusqu’à ce qu’elle devienne rouge, et enfin recouverte de l’emplâtre vésicatoire , que l’on maintient à faide d’un bandage approprié. Douze heures après, l’effet est produit. On ôte l’appareil; ensuite, avec des ciseaux on incise les parois de la phlyctène, et, après l’écoulement de la sérosité , on la recouvre d’une feuille de poirée, de papier brouillard, ou d’un linge fin enduit de beurre frais. Si le vésicatoire ne doit pas être entretenu ouvert, ces pansemens sont continués pendant quelques jours , et la guérison s’opère par le dessèchement et la chute spontanée de l’épiderme. On appelle vésicatoires volans ceux de cette espèce. Les autres, ou les vésicatoires permanens , exigent qu’au second pansement on coupe toute la circonférence de l’épiderme détaché, afin de l’emporter et de panser la plaie, mise à nu, avec une substance grasse, destinée à l’entretenir ouverte. Diverses pommades, et entre autres celle de garou , sont destinées à renouveler son irritation et à