‹ Nouveaux élémens de chirurgie et de médecine opératoire, ouvrage contenant l'exposition complète des maladies chirurgicales, et des opérations qu'elles réclamentChapitre 23 sur 170 · LIV. I. CHAP. II. DE l’inflammation · texte numérisé non relu

LIV. I. CHAP. II. DE l’inflammation

Conversion du vésicatoire en cautère.

E. Cautères.

Endroits où l’on peut e.s appliquer.

l’empêcher de se fermer toutes les fois qu’elle a de la tendance à se dessécher.

Lorsqu’il s’agit de substituer un cautère à la plaie , toujours difficile à entretenir, d’un vésicatoire, il suffit de placer au centre de cette plaie un pois, d’abord petit, puis de plus en plus gros , que l’on soutient au moyen d’une compresse médiocrement épaisse. Bientôt ce corps étranger déprime le derme , le désorganise et se forme un trou plus ou moins profond. Pendant tout ce temps, la plaie du vésicatoire doit être pansée à l’ordinaire ; et lorsque le pois a produit l’effet que l’on attend de son application , on peut panser l’ulcère du vésicatoire avec des substances adoucissantes; bientôt il se ferme, à l’exception de l’endroit où le cautère se trouve établi.

On donne le nom de cautère, ou, mieux encore, celui de fonticule , à des ulcères artificiels, plus ou moins étendus , que l’on entretient ouverts à l’aide d’un corps étranger, tel qu’un pois, une boule de cire, un globe de racine d’iris, etc. Tout ce qui peut entamer la peau est susceptible de servir à l’établissement des cautères. On les place loin des os, du centre des muscles , du trajet des tendons et de tous les endroits qui supportent habituellement des pressions fortes ou des frottemens considérables. Au bras , la dépression située au-dessous de l’insertion inférieure du deltoïde; à la cuisse, l’intervalle compris inférieurement entre la portion interne du triceps elle troisième adducteur; à la jambe, entre le tibia et le soléaire, au-dessous des expansions tendineuses du couturier, du grêle interne et des autres muscles qui de la cuisse vont s’attacher à la partie interne du membre; à la poitrine enfin, les espaces intercostaux : tels sont les

lieux OÙ Ion applique le plus ordinairement les cautères. Ils peuvent, toutefois , être placés aussi sur les côtés du rachis, à la nuque, dans l’écartement que laissent entre eux les muscles splénius , aux hypochondres, sur les articulations malades, en un mot partout où leur présence est jugée nécessaire.

L’une des manières les plus simples d’établir les cautères consiste à faire aux tégumens un pli dont on soutient une extrémité, tandis que l’autre est confiée à un aide, et que 1 on divise j usqu’à sa base. A la partie moyenne de la plaie, on place une boule de cire; un plumasseau enduit de cérat , une compresse et une bande complètent 1 appareil. Trois à quatre jours après, on renouvelle le pansement, et toute la plaie se cicatrise bientôt, à l’exception de sa partie moyenne , où l’on continue de placer le corps étranger.

Chez les sujets pusillanimes , ou lorsque l’on veut produire une vive irritation locale , on substitue le caustique à 1 instrument tranchant. Le procédé à employer alors est fort simple : un emplâtre de diachylum gommé, percé à son centre d’une ouverture arrondie fort étroite, est placé d’abord sur la partie, à laquelle on le fait adhérer avec la plus grande exactitude; dans le trou qu’il présente, on place quelques petits morceaux de potasse caustique , légèrement humectée, et par-dessus le tout, un autre emplâtre plus gVand que le premier, qu’il doit recouvrir dans toute sa circonférence. Cet appareil , recouvert d’un bandage contentif, est maintenu en place pendant huit à dix heures. Il faut avoir soin de faire le trou central du premier emplâtre beaucoup plus petit que l’escarre que l’on veut produire , parceque la potasse

On les élablit i” avec le bistouri,

2® Avec la potasse caustique.

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étend toujours son action un peu au-delà de ses limites. L’effet du caustique étant produit , on ôte les emplâtres , et la partie nettoyée , on panse l’escarre avec un corps gras jusqu’à ce que sa chute ayant eu heu, on puisse placer un pois dans la plaie qu’elle laisse après elle.

pansemcns Les pausemeus consécutifs consistent à renouveler le

cnnst'cutifs,

corps étranger et à recouvrir la plaie d’une feuille de lierre ou d’un linge enduit de cérat. Si la suppuration languit , quelque pommade irritante suffit pour la ranimer. Une compression méthodique prévient les végétations qui tendent à se former sur les bords de la solution de continuité, et l’on peut au besoin les réprimer avec le nitrate d’argent ou les emporter avec les ciseaux.

F s.ton. cautères, quelques personnes préfèrent le séton

qui , plus étendu sous les tégumens , fournit aussi une suppuration plus abondante. La nuque est l’endroit où î’on applique le plus souvent cet exutoire ; quelques personnes , et entre autres M’. Yaidy , en font un grand usage contre les maladies de la poitrine et le placent sur les parois de cette cavité. Pour faire le séton , il convient de préparer une mèche de linge effilée sur ses bords, de manière à ce que cinq à six fils canstituent sa partie moyenne, et que ses barbes transversales aient quatre à cinq lignes On peut rétablir longLieur. Suivant le procédé le plus simple, cette '’Yaitc’extS!'*'' mèche est passée dans l’ouverture d’une aiguille large ^ aplatie, terminée par une pointe acérée et tranchante, que l’on nomme aiguille à sôton. Un pli est fait à la peau dans une direction perpendiculaire à celle que le trajet ulcéreux doit avoir; et, pendant que le chirurgien sou tient une des extrémités de ce pli , dont l’autre bout est confié à un aide, l’aiguille est portée sur sa base, qu’elle

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traverse , entraînant avec elle la mèche qu’on laisse dans la plaie. Deux plumasseaux enduits de cérat , une compresse sur laquelle on replie ce qui reste de la mèche, et une Lande servent ensuite au pansement.

Suivant le second procédé , la lame d’un bistouri droit est plongée à la base du pli des tégumens , et ensuite un stylet, qui supporte la mèche, est passé dans la plaie, que l’on a eu soin de rendre aussi étendue à sa sortie qu’à son entrée.

Quel que soit le procédé que l’on ait employé, les pansemens consécutifs ont pour objet de retirer la portion de mèche qui a séjourné vingt-quatre heures dans la plaie, et de lui en substituer une autre que l’on a préalablement enduite de cérat ou d’une pommade légèrement excitante. Lorsque la première mèche est épuisée , on en place une nouvelle , en cousant l’extrémité de celle-ci à la fin de la première, de telle sorte qu’en meme temps que l’on retire l’une , l’autre soit introduite sans fatiguer la plaie. On doit préférer le linge effilé au coton , dont quelques personnes font usage pour panser les sétons, parcequ’il est moins irritant et qu’il entretient aussi facilement la suppuration. Les sétons doivent être pansés avec la plus grande douceur; car il n’est point rare de voir leur trajet s’enflammer , la peau qui les recouvre tomber en gangrène , et la phlogose , ainsi que la désorganisation des tégumeus , s’étendre au loin. Dans deux circonstances où j’ai vu ces accidens produire des ravages tels que l’un des sujets y a succombé, la phlogose n’eut d’autre origine que des pansemens rudes et mal faits.

Plus douloureux dans son application que les deux moyens précédées , le moxa consiste dans un cylindre

ou avec le bislouri.

Panseiiieus

coiisécutil's.

Cominenl on introduit une mèche nouvelle.

Inflammation et gangrène des tégumens sous lesquels passe le séton.

G. Bloxa.

Ï.IV. 1. CHAP, II. DE l’inflammation

Les moyens de MM. Percy, Larrey

et Sarlandière ne dill'èrent de ceux qui sont préparés avec le coton, que par la moins grande quantité de calorique qu’ils fournissent, et par le peu d’épaisseur des escarres qui succèdent à leur application.

de coton j ou de tout autre matière analogue , dont on opère la combustion sur la peau. Pour le préparer, on prend une certaine quantité de coton dont on fait un rouleau médiocrement serré et que l’on enveloppe d’un morceau de toile afin qu’il conserve la forme cylindrique. M. Percy substitue à ce moxa des morceaux de la moelle du grand tournesol [helianthus annuus). M. Larrey emploie de préférence les moxa chinois ou japonnais , qui ont la forme de petits bâtons arrondis , et dont le duvet de l’armoise fait la base. Enfin , M. Sarlandière a proposé de les faire avec le duvet et les feuilles pilées de la même plante, dont M forme une pyramide, qu’il place par sa base sur l’endroit où la brûlure doit avoir lieu.

Que l’on ait ainsi multiplié les procédés suivant lesquels on prépare les moxa , il n’y a rien là qui puisse exciter la surprise; mais que chacun ait attribué à son instrument l’avantage de faire les brûlures les plus légères et les plus douces, voilà ce qui doit étonner les physiciens. Élever de semblables prétentions, c’est vouloir ramener la chirurgie à l’époque d’ignorance où l’on croyait que les cautères d’or ou d’argent brûlent plus agréablement que ceux de fer. Ce serait faire injure aux lecteurs que de réfuter des erreurs de ce genre. Il est évident que les moxa dont je viens de parler ne diffèrent entre eux qu’à raison de la quantité plus ou moins grande de calorique fourni par la matière qui les forme, d’où résultent des brûlures plus ou moins profondes et des escarres variables pour l’épaisseur et l’étendue. Les indications que l’on se propose de remplir doivent seules guider dans le choix qu’il convient de faire entre

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eux SOUS ce rapport ; et les moxa qui agissent avec le plus de force, sont aussi les plus convenables et les plus elïîcaces. Les cylindres d’armoise brûlent seuls ,* les autres ont besoin d’être soufflés avec un chalumeau , à moins que l’on n’ait eu la précaution de faire bouillir la matière qui les forme dans une dissolution concentrée de nitrate et de potasse; mais cette circonstance est d’une faible importance dans la pratique.

Pour appliquer le moxa , on prend un des cylindres dont nous avons parlé , et après avoir allumé une de ses extrémités à la flamme d’une bougie on applique l’autre sur la peau» Ce cylindre ne doit avoir que dix lignes environ de longueur; sa base étant coupée parfaitement net, et la partie ayant une situation horizontale, il se tient ordinairement seul debout. Si le sujet est indocile , ou si , cédant à la douleur , il exécute quelques mouvemens , il faut retenir le moxa avec des pinces. On peut aussi le coudre au centre d’une compresse dont on entoure la partie, et qui , étant mouillée , préserve la peau environnante des parcelles de matière enflammée qui jaillissent quelquefois du moxa. Ces précautions étant prises, on active, s’il en est besoin, la combustion du cylindre en soufflant dessus, soit avec la bouche seule, soit à l’aide d’un chalumeau. On voit bientôt la peau rougir; à une sensation agréable de chaleur, succède rapidement une douleur vive, qui s’accroît par degrés, jusqu’à la désorganisation du derme. Cette membrane jaunit en eifet sous le moxa , se racornit et se transforme en une escarre brunâtre, sèche, insensible, autour de laquelle les tégumens voisins forment des plis rayonnans. Après la combustion , la partie doit être recouverte d’un

Procédé poulies appliquer.

Ou peut rendre par leur moyen l’irritation révulsive permanente.

, II. Emploi de l’ammoniaque caustique.

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