LIV. I. CHAP. III. DES PRODUITS DE L INFLAMMATION
et dirigent lâ pointe des bistouris ordinaires. Parmi ces conducteurs , ie doigt indicateur est le plus précieux^ le plus utile , celui qu’il faut préférer à tous les autres, lorsqu’il peut être employé. On couche sur sa face palmaire la lame du bistouri ,eton l’introduit ainsi dans les parties sans craindre de les blesser. Parvenu à la profondeur désirée , on relève le tranchant et l’on opère la . section des tissus. Dans les cas où ce procédé ne peut être mis en usage, une sonde cannelée est introduite ' dans les trajets à dila ter ou sous les brides à couper. La main gauche , placée transversalement et en supination \ au-devant de l’ouverture , reçoit la plaque de la sonde , et la maintient avec le pouce, tandis que le doigt indicateur , étendu sous le corps de l’instrument, lui fait exécuter un mouvement de bascule qui soulève son autre extrémité et tend les parties sur elle. Le bistouri , tenu comme pour couper de dedans en dehors , est alors introduit dans la cannelu-re, qu’il parcourt jusqu’à son extrémité. Ce procédé est un de ceux dont on fait le plus fréquemment usage en chirurgie.
Règles générales Quclle quo soit l’ospècc d’incision que l’on exécute, ^ de tonies QU doit observer : de se servir d’un instrument bien
les incisions.
affilé ; 2® de couper les parties en sciant plutôt qu’en pressant; 5^^ de faire agir l’instrument avec autant de rapidité que le permet l’état des parties ; 4° de ne p«as multiplier les divisions sans nécessité, et de les faire toujours d’un seul coup ; 5® de conduire le bistouri avec une telle précision que les sections soient nettes, sans queues, au commencement ou à la fin, et surtout d’éviter ces échappées y durant lesquelles on peut blesser le malade, les assistans ou soi-même. Ces règles sont d’une
grande importance dans la pratique des opérations chirurgicales. ’ I
Les abcès ordinaires , produits par des inflamma lions Les abcès
ordinaires
aic-uës, étant ouverts , on se gardera bien d’introduire et ap«<s
O ^ ■'O leur ouverture .
de promener les doigts dans les cavités qu’ils forment, ce des palirêmens
• *«ii* 1* ■ •• • simples.
qui romprait les liens vasculaires et nerveux qui uniss.ent encore leurs parties opposées. Des phnsemens simples suflisent ordinairement pour procurer le recollement de leurs parois et la cicatrisation des plaies que l’on y a faites.
Déterminés aussi par une inflammation locale, les abcès appelés froids ne diffèrent des autres que par la moindre intensité de la phlogose dont ils sont la suite. Le pus qui les remplit est séreux , non lié et entremêlé de llocons d’albumine à demi concrète. La meilleure mé~ \
ihode de les traiter consiste h plonger la pointe du bistouri dans leur partie la plus déclive, et, après l’évacuation de la matière qu’ils renferment, d’irriter leurs parois, si la naliire des tissus le permet, avec une injection de vin tiède, ou de toute autre substance analogue. Une compression légère maintient ensuite leurs surfaces opposées en contact et Livorise leur mutuelle adhésion.
Les abcès par congestion, ou ceux dont be pus pro- On ne doit faire vient de lieux éloignés, exigent, pour être ouverts, de
Ceux
que l’on ajjpelle abcès froids doivent
être ouverts
par ponction.
grandes précautions. Piésultats de la carie des vertèbres ou de maladies diverses des grandes articulations, ces abcès, dont la matière, grisâtre et sanieuse, a parcouru de longs trajets, ont des parois fort étendues, que l’impression de l’air enflammerait vivement, ce qui entraînerait les accîdens les plus graves. Afin d’éviter cette action dangereuse du fluide atmosphérique, on ne fait à ces abcès q'»uc des ouvertures fort petites , avec un
ouvertuie»
abcès par congestion.
2' PHODüIT.
Les adhérences anormales.
La déchirure est le meilleur moyen de les détruire
lorsqu’elles sont molles
et spongieuses.
Ses inconvéniens.
S* prodüit.
Induration.
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bistouri à lame étroite ; et après récoulement d’une certaine cjuantité de pus, on réunit les lèvres de la plaie au moyen d’un emplâtre agglutinatif. On réitère ces ponctions aussi souvent qu’il est nécessaire. M. Boyer conseille de se servir d’une aiguille rougie au feu; mais alors on réduit le trajet de la plaie en une escarre, dont la chute ouvrira presque inévitablement un libre accès à l’air dans le foyer purulent.
Loin de se terminer toujours par la suppuration , la phlogose aiguë et légère produit souvent l’adhésion mutuelle des surfaces qu’elle envahit, lorsqu’elles sont en contact et en repos. On observe fréquemment ce résultat après les inflammations des organes renfermés dans les hernies. Certaines tumeurs ne semblent que faiblement adhérentes aux tissus au milieu desquels elles se sont développées. Pour rompre les liens de ce genre, lorsqu’ils sont mous, spongieux ou filamenteux, il suffit, ou de tirer en sens contraire les tissus que l’on veut rompre, ou de passer le doigt indicateur entre les surfaces qu’il s’agit de séparer. Ce procédé se nomme déchirure; on trouve assez rarement l’occasion de l’employer dans la pratique chirurgicale, pareeque, si les vaisseaux qu’il divise ne fournissent pas de sang , il produit des dilacérations et des irritations profondes dans les tissus normaux, lorsqu’on le met en usage pour détruire leur continuité.
L’inflammation aiguë et violente a pour effet de rougir les tissus, de les rendre homogènes et assez semblables au tissu du foie ou de la rate. Cet état peut devenir permanent, et former ce que l’on nomme hépatisation, Mais que la phlogose diminue d’intensité en se
ET DES OPÉRATIONS Qu’iLS RECLAMENT. 85
prolongeant, et bientôt l’organe affecté deviendra blanc , dense, épais; il semble qu’une lymphe coagulable, infiltrée dans ses mailles et combinée avec elles , serve à lui donner l’aspect du lard. On conçoit que celte induration ou cette transformation puisse présenter une foule de degrés, et que , plus ou moins complète, elle permette encore de reconnaître la texture primitive de l’organe ou qu’elle en détruise jusqu’au moindre vestige. Dans tous les cas, les phénomènes inflammatoires extérieurs, locaux et sympathiques ont disparu, et les chirurgiens vulgaires, méconnaissant l’origine ainsi que la nature du mal , recouvrent la partie de substances irritantes qui entretiennent la dégénérescence organique et précipitent ses progrès. La physiologie pathologique enseigne à suivre d’autres erremens. L’inflammation chronique et l’induration qu’elle produit doivent être combattues au moyen des évacuations sanguines locales , peu abondantes et répétées , des applications émollientes, des bains ; et, lorsque toute espèce de douleur a disparu , lorsque la partie commence à se ramollir , des frictions exercées sur elle avec des linimens alcalins, des cataplasmes recouverts de savon rdpé, et d’autres moyens analogues, hâtent les progrès de la résolution. Le vésicatoire peut être utile; mais il faut ne l’appliquer que fort tard , et surveiller ses effets, afin de le supprimer s’il est nuisible, et de revenir au traitement antiphlogistique.
C’est à une irritation quelquefois vive et considérable , mais le plus ordinairement obscure et à peine sensible, qu’il faut rapporter la naissance de ces tumeurs fongueuses qui sont si communes sur les membranes muqueuses du nez, du vagin, du rectum, elc. C’est incon-
4' pnoDuii’ Timieurs l'ongiieiist's uu culauttes.
On les attaque presque toujours par la ligature.
a' PROnCIT.
Tissus anormaux avec ou sans analogie dans réconomie vivante.