CHAPITRE PREMIER
DUS MALADIKS DE LA PORTION SDS-DIAPHRAGMATIQUE DE l’aPPAREIL DIGESTIF , ET DES OPÉRATIONS QDK l’oN PRATIQUE SUR ELLE.
Afin de mettre un ordre rigoureux dans Fexamen des lésions nombreuses qui peuvent atteindre les organes compris dans ce chapitre, et dans la description des opérations plus multipliées encore que ces maladies réclament , il convient de diviser les unes et les autres suivant l’ordre des parties qui en sont le siège.
Lésions des lèvres, et opérations qu’elles nécessitent.
L’adhésion congénîale des bords libres des lèvres est très rare; elle ne s’étend presque jamais au-delà du voisinage des commissures de ces organes , et lors même qu’elle est le plus intime , un sillon transversal indique encore l’endroit où la séparation normale devait exister. Si la réunion n’est que partielle , une sonde cannelée ou le doigt indicateur, Introduits dans la bouche, éloignent les lèvres des gencives et servent de guide au histouri avec lequel on détruit le moyen d’union qui s’oppose à
la complète ouverture de la bouche. Lorsqu’il ne reste aucun espace libre entre les lèvres , il faut les séparer d’abord avec précaution dans un endroit , et passer ensuite la sonde è travers la plaie, comme dans le cas précédent. Les cris de l’enfant et l’action de téter suffisent pour prévenir toute union nouvelle : pour plus de sûreté, on pourra placer cependant entre les .lèvres , durant le sommeil , un linge légèrement enduit de beurre, afin de prévenir le contact immédiat des plaies.
Si les lèvres étaient adhérentes aux gencives ou à la ou avec
, . les gencives et
langue , il faudrait diviser avec des ciseaux mousses, ou i» ungue. avec le bistouri boutonné, les brides plus ou moins serrées qui forment cette union. Le doigt de la nourrice, passé de temps à autre dans la bouche, entre les parties séparées , prévient sûrement ensuite le renouvellement des adhérences.
On a vu , à la suite des brûlures profondes des lèvres g L’union
accidentelle
ces ora-anes s’accoler de manière à rétrécir considérable- parties
O exige 1 exécution
ment l’ouverture de la bouche. Il convient, dans des opLîtSt cas semblables, de diviser les cicatrices vicieuses^ et de maintenir les parties écartées avec le plus grand soin, afin de prévenir une coarctation nouvelle, à laquelle elles sont très disposées.
Les lèvres sont assez souvent divisées dans toute leur 2° Bec-de-uivre. épaisseur, et perpendiculairement à la direction de leur bord libre : cette difformité a reçu le nom de bec-delièvre, Chez beaucoup de sujets, elle est congéniale; on le distingue d’autres fois , elle succède à des plaies dont on a laissé ’’ les deux parties se cicatriser séparément. Dans le premier cas , une pellicule mince , rougeâtre , et un tissu érectile semblable à celui qui garnit les bords libres des
Eu simple ,
eu double
et eu compliqué.
Pai'ilcularilés que présente la maladie.
Si le bee-de lièvre congéiiial existe sans perte de substance , il est souvent accompagné de défaut de développement de la lèvre.
lèvres, se continuent sur la solution de continuité; (fans le second , celle-ci est recouverte par un tissu blanchâtre, solide, cutané, qui ne diffère en rien de celui qui forme les cicatrices ordinaires. On dit que le bec-delièvre est simple , lorsqffil consiste en une seule fente ; mais il peut être double , soit que les deux lèvres présentent des divisions semblables , soit qu’il en existe deux sur un de ces organes. Enfin , le bec-de-lièvre est quelquefois compliqué de la saillie des dents antérieures et d’une portion des os maxillaires; de la séparation de ces os ainsi que du voile palatin ; de tubercules charnus développés dans l’écartement des deux parties de l’o^rgane , ou même de l’adhérence de celui-ci aux gehcives. Chez certains sujets enfin , on trouve , entre les deux os maxillaires , les os incisifs qui en sont séparés latéralement par deux rainures; de telle sorte que la voûte palatine présente la forme d’un Y.
Le bec-de-lièvre congénial existe presque constamment à la lèvre supérieure ; il ne s’éloigne jamais sur les côtés au-delà du niveau de l’aile du nez , et sa direction est ordinairement parallèle à l’axe du corps. Le bec-de-lièvre accidentel, au contraire , est aussi fréquent à la lèvre inrieure qu’à l’autre; il est presque toujours simple, et peut affecter des directions plus ou moins obliques. Celui-ci existe souvent en même temps qu’une perte plus
ou moins considérable de substance à la lèvre; l’autre,
ainsi que l’avaient entrevu Franco et Paré, et comme l’a démontré Louis, est toujours le résultat d’une simple division anormale des tissus , dont aucune partie ne manque. Cependant il est un fait auquel ces praticiens n’ont pas donné assez d’attention , c’est que la lèvre af-
LÉSIONS DES LÈVRES, ET OPERATIONS, GtC.
fectée de division congéniale s’étend toujours moins que l’autre; il n’y existe pas, il est vrai, de perte de substance , mais bien un défaut de développement très sensible chez certains sujets. Les lois connues de l’organogénésie rendent parfaitement compte de cette observation , et pourraient démontrer son exactitude , si la simple inspection des parties n’en était une preuve plus directe et plus évidente encore.
La division anormale des lèvres présente constamment la triple indication , d’écarter les complications qui sont susceptibles de s’opposer à l’exécution ou au succès de l’opération ; 2° d’aviver les bords de la solution de continuité ; 5° enfin de les réunir afin de faire disparaître la difformité.
Ptoonhuysen , Muys, et Ledran opéraient, dès l’âge le plus tendre , les sujets affectés de bec-de-lièvre congénial ; ils prétendaient qu’alors la réunion est plus facile, et que les enfans n’ayant pas encore contracté l’habitude desmouvemens de succion, les lèvres peuvent rester dans une parfaite immobilité; mais le plus grand nombre des praticiens pensent , avec Dîonis , Garengeot et M. Boyer , qu’il convient , en général , d’attendre jusqu’à ce que le tissu des lèvres ait acquis une assez grande fermeté pour supporter l’action des aiguilles. Vers l’âge de trois ans , les enfans sont assez raisonnables déjà pour ne plus jeter continuellement des cris inutiles ; les os ont encore un grand développement à acquérir, et l’on n’a rien perdu sous le rapport de la promptitude avec laquelle les organes peuvent reprendre leur situation* normale , tandis que l’on a gagné beaucoup sous celui de la lacilité d’opérer, et des conditions qui assurent le succès de
Indications cuvât i vos qu’il présente.
L’âge de trois ans est l’époque la plus favorable à l’opération ,
et l’ou ne doit opérerplus tôtque quand la maladie met eu péril l’existence du sujet.
Procédé
opératoire.