I. Ecarter les complications qui aggravent la maladie
A. Habituer ïes parties à être en contact lorsque.
î’écartement est considérable.
S. Repousser en arrière îes dents incisives et les os qui les supportent, lorsqu’ils sont saillansen avant.
1 24 LIV. II. CH. I. MALADIES DE l’aPPAREIL DIGESTIF.
l’opération. 11 ne convient de déroger à cette règle que quand la division des lèvres s’oppose, chez les très jeunes enfans, à l’exercice de la succion, ou lorsque la voûte palatine est tellement fendue que la plus grande partie du lait qu’on leur verse dans la bouche revient par les fosses nasales. La vie du sujet est alors compromise, et aucune considération ne peut engager à retarder l’opération.
Avant de procéder à celle-ci , il faut examiner avec soin les parties, et remédier aux désordres qui compliquent la solution de continuité et peuvent s’opposer à sa réunion. Quel que soit l’écartement des lèvres de la division ou des os maxillaires , il n’en résulte d’autre indication que celle d’opérer promptement. Seulement, si les bords du bec-de-lièvre étaient très écartés , et si l’on ne pouvait les rapprocher sans tirailler beaucoup la lèvre , il faudrait , afin d’habituer cet organe à la disposition nouvelle qu’on veut lui donner, faire porter pendant quelques jours au malade un bandage unissant, propre à maintenir les parties en contact. Fabrice d’Aquapendente a , le premier , démontré les avantages de cette méthode.
La saillie des dents incisives, des portions osseuses qui les supportent, ou des os incisifs restés séparés du reste de la mâchoire supérieure, est une complication beaucoup plus grave que la précédente. L’extraction des dents n’est pas une opération importante, lorsqu’on l’exécute avant le commencement de la seconde dentition, parcequ’alors des dents nouvelles repoussent, mieux arrangées que les premières. Mais il ne faut arracher les dents" persistantes qu’après avoir essayé de les replacer dans
LÉSIONS DES LÈVRES, ET OPERATIONS, etC. 1^5
leur situation normale , à l’aide des procédés mécaniques dont il sera question plus bas. Ludovic, Franco, Van Horn, Lafaye , et beaucoup d’autres praticiens habiles , n’hésitaient pas à resequer le bord trop saillant des os maxillaires supérieurs , et surtout à arracher les os incisifs proéminens entre les premiers. Mais le rétrécissement de l’arcade dentaire était le résultat de celte perte de substance, et les dents des deux mâchoires cessaient souvent alors de se correspondre. Desault a évité ces inconvéniens, en repoussant en arrière , au moyen d’une compresse épaisse et d’une bande fixée à la nuque, les os incisifs et les dents qu’ils supportent. L’effet de la compression est alors d’autant plus rapide et plus heureux , que ces os, libres et isolés en bas, ne sont que faiblement attachés en haut à la cloison nasale. Ce n’est que quand ce moyen est resté sans succès que l’on peut recourir à la rescision ; et , après Lavoir opérée , on doit attendre que l’irritation qu’elle entraîne soit dissipée, avant de s’occuper du bec-de-lièvre. Si quelque dent incisive, placée de champ, présentait en avant l’un de ses bords, il faudrait diminuer sa saillie, soit en la replaçant, soit en faisant agir la lime sur elle. Chez les jeunes enfans, on pourrait extraire sans inconvénient la dent déviée; et quelquefois une lame de plomb étendue sur elle empêche l’inégalité qu’elle produit , de devenir nuisible.
Lorsque des dents manquent derrière la division anormale, on peut, afin de fournir un point d’appui aux moyens unissans , placer sur celles qui restent, et jusqu’à la gencive, une plaque d’argent ou de plomb, que le bandage dont la lèvre sera couverte maintiendra dans une situation convenable.
On ne cloii arracher les un et emporter les autres que quand on n’a pi les replacer.
Les dents placées de champ doivent être limées.
C, Suppléer àlapertedesdenJ»
par une plaque métallique.
I). Extraire les tubercules charnus placés entre les bords du bec-de-lièvre.