‹ Nouveaux élémens de chirurgie et de médecine opératoire, ouvrage contenant l'exposition complète des maladies chirurgicales, et des opérations qu'elles réclamentChapitre 39 sur 170 · C. Ouverture d’une voie artificielle · texte numérisé non relu

C. Ouverture d’une voie artificielle

Les instrumens de Boy et de Duphénix sont abandonnés.

Procédé de Monro.

Procède M. Bèclard.

^rcnotiUleiic.

l5o LIV. II. CH. I. MALADIES DE l’apPAREIL DIGESTIF.

trois-quarts pour introduire un fil de soie, dont une des extrémités reste à T^xtérieur , tandis que ràulre sort par la bouche. Sur cette dernière portion , i’on attache une mèche de charpie qui est retirée de dedans en dehors , jusqu^au voisinage de la plaie extérieure, que le fil seul doit traverser. Chaque jour on augmente le volume de cette mèche; et lorsque le conduit anormal paraît assez bien établi , on rafraîchit les lèvres de la plaie extérieure, et on les réunit au moyen d’emplâlreà agglutînatifs, ou de la suture entortillée. Ce procédé est incontestablement un des plus' sûrs que l’on puisse employer.

Cependant M. Béclard a réussi sur deux malades , par un moyen qui n’exige pas de pansemens consécutifs aussi long -temps prolongés. Ce praticien fit au fond de la fistule deux piqûres qui traversaient obliquement la joue. Dans ces ouvertures fut engagée une anse de fil de plomb dont l'a partie moyenne était cachée au fond de la plaie extérieure , tandis que ses extrémités , tordues sur ellesmétoes et flottantes dans la bouche , étaient coupées très près de la membrane muqueuse buccale. La plaie extérieure fut réunie ; la salive coula en dedans le Ions:

des deux fils métalliques , et la cicatrisation ne se fit pas

attendre. Les parties comprises dans l’anse du fil se

coupèrent , et le corps étranger tomba dans la bouche quelque temps après , laissant après lui une ouverture assez grande pour assurer la solidité de la guérison. Cet ingénieux procédé réunit en sa faveur tous les avantages, et je ne doute pas que l’expérience ne confirme de plus en plus son utilité.

Une tumeur molle , blanchâtre , aplatie , située sous la langue et sur les côtés du frein de cet organe , caraclé-

LÉSIONS DES ORGANES SALIVAIRES, CtC. 1 5 1

rise la ranine ou grenouillette , maladie plus commune chez les enfans que chez les sujets adultes , et que détermine l’obstruction ou l’oblitération complète du conduit de Warthon. Dans le premier cas , il huit débarrasser ce canal des mucosités ou des concrétions qui l’occupent; dans le second, il convient de faire à la tumeur une autre ouverture. Au cautère actuel dont se servaient Hippocrate, M.-A. Severin et notre bon Paré; aux caustiques employés par d’autres praticiens , et qui présentent plus d’inconvéniens encore , on a substitué le bistouri, avec la pointe duquel on incise les parois toujours minces de la tumeur. Cette opération suffit^ lorsque la grenouillette est petite ; dans le cas contraire , il faut emporter avec des ciseaux courbés sur le plat une partie des membranes qui la forment. Si elle contient des calculs salivaires , on les extrait ; les parois de la tumeur se rapprochent ensuite , et la guérison devient radicale, par la conversion de la plaie que l’on a faite en une ouverture fistuleuse. Cette ouverture doit être pratiquée plutôt du côté de la langue que de celui des dents incisives , afin d’éviter que la salive ne soit lancée hors de la bouche pendant l’exercice delà prononciation.

Il est quelquefois difficile de maintenir ouverte la plaie faite à la grenouillette. Aux mèches de charpie , aux fils de plomb , aux morceaux de bougie , et aux canules employés par Louis , Sabatier et quelques autres praticiens ; aux cautérisations réitérées , préconisées par Camper , M. Dupuytren préière une sorte de cylindre à deux têtes , formant un double bouton , et qui , long seulement de deux lignes , peut être aisément introduit dans la plaie. Ce cylindre est maintenu en place par ses deux

Elle exige l’ouverture de la tumeur ,

ou même l’excision d’une partie de ses parois.

Lorsque la plaie tend à se fermer, il faut l’entretenir ouverte au moyen de corps introduits entre ses lèvres.

Procédé

M. Dupuytren.

plaques, dont l’une correspond à l’intérieur de la poche, tandis que l’autre reste dans la bouche : la salive coule aisément entre lui et les lèvres de la plaie, et sa présence ne gêne en rien les mouvemens de la langue et la mastication. Ce procédé a sur les précédons l’avantage d’être incontestablement plus simple, et plus sûr dans ses effets.

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