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Lésions de la langue.
ï® Longueur excetsive du frein fie la langue.
Procédé
opéraloirc.
La langue peut être maintenue fixée à la paroi inférieure de la bouche , par le frein qui , étendu jusqu’il la pointe de l’organe, ne lui permet pas de se relever, de saisir le mamelon, et d’exercer les mouvemens de succion. Cette disposition anormale est facile à reconnaître, au moyen du doigt indicateur, qui , porté dans la bouche, ne peut être saisi et pressé par la langue. Il faut alors faire écarter les mâchoires de l’enfant ; puis , glissant sous la langue la plaque d’une sonde cannelée , on relève cet organe, et Ton tend le frein, qui est reçu dans la fente que présente l’instrument. Des ciseaux droits , à lames mousses, sont portés ensuite sous la plaque, et divisent la portion excédante du filet. Cette opération est des plus faciles à pratiquer ,* cependant on l’a vue occasioner la mort par l’ouverture des artères ranines. Les enfans sucent et avalent alors le sang à mesure qu’il s’écoule ; de telle sorte que l’on ne reconnaît l’accident que quand il n’est plus temps d’y remédier. On évite sûrement cette hémorragie en dirigeant en bas la pointe des ciseaux ; et si elle avait lieu , il faudrait porter l’extrémité d’un stylet rougi au feu sur le point d’où sort le sang.
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Les Lords de la langue ne sont que très rarement adhérens aux gencives. Si l’on rencontrait cette disposition, des ciseaux mousses , ou un bistouri boutonné , suffiraient pour détruire les liens qui unissent ces parties. La dissection de la langue , adhérente en totalité à la paroi inférieure de la bouche est plus longue, plus délicate et plus difficile. 11 faut cependant y procéder sans retard, afin de rendre h l’enfant la faculté de sucer et d’avaler. Dans tous ces cas, le doigt de la nourrice, porté souvent dans la bouche, s’oppose à l’agglutination nouvelle des parties.
Les plaies de la langue doivent être abandonnées à elles-mêmes , si elles sont superficielles et peu étendues. Mais lorsqu’une portion de l’organe est en partie détachée, il faut pratiquer un point de suture entrecoupée qui maintienne le lambeau en contact avec le reste de la plaie , et assure sa réunion immédiate. Le bandage ou sachet de Vibrac est inutile dans ce cas , comme dans tous les autres , et mérite la proscription dont il est frappé. L’activité vitale dont la langue est le siège, ainsi que la texture vasculeuse de son tissu , et la salive qui la baigne, sont autant de circonstances qui rendent très rapide la guérison de ses plaies les plus compliquées.
La langue est assez exposée à une sorte de congestion sanguine violente qui , en un temps très court , suffit pour augmenter tellement son volume , qu’elle fait saillie hors des arcades dentaires, et que, remplissant la bouche au point de soulever le voile du palais, elle menace le sujet de suffocation. Cette maladie doit être promptement et énergiquement combattue. Avec un bistouri droit ordinaire , on fait sur l’organe trois ou quatre taillades , lon-
3O Adliéren':es de la langue aux gencives.
ou à la paroi inférieure de la bouche.
30 Plaies de la langue.
4® Gonflement inflammatoire de ta langue.
Il exige l’exéctitiou
de scarificalioiis profondes.
50 Augmentation considérable du volume de la langue.
On lui oppose la compression,
la ligature ,
gués et profondes, qui procureDt une saignée locale abondante , et un dégorgement si complet , qu’il semble ensuite que l’on n’a fait que de légères égralignures h la langue. Dans les cas moins graves et moins pressans , on peut remplacer cette opération par l’application de huit à dix sangsues. Quelques gargarismes résolutifs achèvent ensuite la guérison.
Chez quelques sujets, la langue est naturellement volumineuse , et, devenant ensuite le siège d’une nutrition trop active , elle acquiert des dimensions énormes. On l’a vue proérainer de plusieurs pouces hors de la bouche, déprimer et renverser les dents de la mâchoire inférieure , ainsi que les alvéoles, et occasioner une perte continuelle de salive, qui , ajoutée à La difficulté de l’ingestion des alimens , entraîne un amaigrissement extrême. Chez les enfans qui présentent cette disposition , on doit s’efforcer de faire porter la langue en arrière , et de la maintenir dans la bouche , en s’opposant à l’écartement des mâchoires. Plus lard , on a proposé d’appliquer sur l’organe un bandage compressif; mais ce moyen, qui a réussi à M. Mirault dans un cas d’engorgement accidentel et récent, ne suffirait pas dans ceux qui nous occupent. Quelques personnes ont exécuté alors la ligature de la partie excédante de la langue , en la traversant dans deux endroits, de sa face dorsale à sa face inférieure, avec des aiguilles armées chacune d’un double fd ciré. Ces fils furent ensuite liés de manière à étrangler séparément les trois portions de l’organe qu’ils circonscrivaient. Ce procédé a quelquefois été suivi de succès ; mais il occasione une phlogose intense ; un pus sanieux et fétide s’écoule pendant long-temps des trajets des fils avant
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la séparation des parties frappées de mort. Il vaut donc mieux alors recourir à rinslrument tranchant , et , à l’exemple de M. Percy , enlever avec le bistouri la portion surabondante de l’organe. On peut dans ce cas, ou le couper en travers , ou le diviser de manière à former sur ses côtés deux lambeaux séparés en forme de V, que l’on réunit d’un côté à l’autre. L’écoulement médiocre de sang et la suppuration, qui succèdent à,, cette résection , achèvent le dégorgement de ce qui reste de la langue, et rendent la guérison plus complète.
Les ulcères de la langue sont souvent produits par l’irritation continuelle de cet organe contre les aspérités de quelque dent déviée ou affectée de carie ; d’autres fois ils reconnaissent pour cause l’existence de la syphilis. La première indication qui se présente alors consiste à détruire la cause du mal , soit en limant ou en arrachant la dent affectée , soit en combattant la maladie vénérienne*
Lorsque l’ulcère, quelle que soit son origine, est accompagné d’un tel état d’irritation et de phlogose , que sa dégénérescence cancéreuse soit à redouter ^ il faut, avant de recourir à l’opération, faire usage de gargarismes émolliens et caïmans, et insister sur l’application réitérée des sangsues autour de la solution de continuité. Une diète austère , des boissons délayantes et laxatives, le repos absolu de l’organe : tels sont les moyens qui doivent être ajoutés aux saignées locales. Ils ont plusieurs fois réussi, dans les cas mêmes où il existait des affections cancéreuses déjà profondes du tissu de la langue.
Lorsque enfin ce traitement demeure sans succès , et que la destruction de l’organe fait des progrès , il est in-
mîeux encore la rescibioD.
60 Ulcérés de la langue.
7O Cancer de cei organe.
Procédé
opératoire pour l’estirpalion
des ulcères cancéreux de l’extrémilé de la langue ,
ou des bords de cet organe.
Auiputalion de la langue.
l56 LIV. II. CH. I. MALADIES DE l’aPPAREIL DIGESTIF,
stant de procéder sans retard à l’extirpation de l’ulcère. Pour cela, il faut, si le bouton chancreux est circonscrit, et occupe l’extrémité de l’organe , le cerner, à l’exemple de M. Boyer , par deux incisions réunies derrière lui en forme de V : deux coups de ciseaux suffisent ordinairement à l’exécution de cette opération. Deux ou Irois points de suture, pratiqués à l’extrémité et sur la longueur des lambeaux latéraux de la langue , servent à les mettre en contact, et à faire cesser l’écoulement sanguin. Après la cicatrisation , la langue n’a que très peu perdu de son étendue; sa forme est à peine altérée , et ses fonctions n’éprouvent qu’une gêne peu sensible.
Lorsque l’ulcère occupe l’un des bords de la langue , on peut, après avoir fait sortir cet organe, emporter toute la portion affectée , en la cernant par une incision semi-lunaire plus ou moins étendue. L’échancrure et la perte de substance qui résultent de cette opération disparaissent presque entièrement par le rapprochement spontané des bords de la plaie.
Enfin , lorsque l’organe est devenu cancéreux dans toute sa largeur et jusqu’à une distance plus ou moins considérable de sa pointe , son amputation est indispensable. On recommande au sujet de le sortir; et tandis qu’on le fixe avec des pinces à airignes, tenues de la main gauche, un bistouri droit et bien tranchant, dont la main droite est armée , doit être porté transversalement derrière la maladie, de manière à détacher d’un seul coup tout ce qui présente des traces d’engorgement cancéreux ; on applique ensuite sur le moignon sanglant de la langue un cautère, ou plutôt une plaque , chauffée à blanc, et fixée à angle droit à l’extrémité d’une tige de
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fer. Celte cautérisation présente le double avantage d’arrêter l’hémorragie , et de détruire les derniers restes de l’alTection cancéreuse. Il est à peine nécessaire de faire observer qu’après les opérations de ce genre , les fonctions de l’organe sont d’autant plus difficilement exécutées qu’il a supporté une perte de substance plus considérable.