‹ Nouveaux élémens de chirurgie et de médecine opératoire, ouvrage contenant l'exposition complète des maladies chirurgicales, et des opérations qu'elles réclamentChapitre 41 sur 170 · S VIL · texte numérisé non relu

S VIL

Lésions du voile du palais et des amygdales.

La luette , chez quelques sujets , acquiert un développement plus considérable que dans l’état normal : alors son extrémité, touchant à la base de la langue, excite un sentiment incommode et des mouvemens incessamment réitérés de déglutition. Quelquefois elle descend vers l’ouverture du larynx, irrite les parties voisines , et occasione des toux continuelles qui ont fait croire à l’existence dephlegmasies chroniques delà poitrine ou qui les cnt provoquées. Tantôt la luette alongée est en même temps durcie et tuméfiée; tantôt, au contraire , elle est devenue plus mince, plus molle et presque transparente. La résection de cet organe est le moyen le plus simple et le plus sûr de remédier aux incommodités dont son alongement est la cause. Les ciseaux à lames concaves de Levret, ceux que M. Percy a proposés, et qui portaient unelanguette transversale à l’extrémité de l’une de leurs lames, sont également inutiles. Le malade ouvrant largement la bouche, il est facile avec des pinces à anneaux d’aller saisir la luette tandis que des ciseaux portés de droite à gauche, et presque transversalement sur sa base, servent à la retrancher d’un seul coup, il vaut mieux alors en couper trop que trop peu,

Chute

ou prolapsus de la luette.

opératoire pour resciser cet organe.

1 58 LIV. II. CH. I. MALADIES DE l’aPPAREIL DIGESTIF.

2*^ Division verticale du voile du palais.

Elle exif^e l’exéculioii de la

slaphyloraphie.

Procédé

de MMloux.

Scs résultats sont

assez incertains,

et il n’y a nul inconvénient à la retrancher jusqu’aü voile du palais, de telle sorte que cet organe présente un rebord concave entre la bouche et le pharynx.

Le voile du palais est, comme les lèvres, exposé à une division con géniale qui règne le long de la partie moyenne. Cette lésion, analogue au bec-de-lièvre, mais beaucoup plus rare , gêne singulièrement la déglutition, et surtout l’articulation des sons. Depuis quelques années on s’est occupé , en Allemagne , du moyen de remédier à cette incommode difformité. En France, M. Roux a imaginé de lui appliquer la suture entrecoupée. Cette opération exige que le malade soit doué de beaucoup- de docilité et de patience; on se sert, pour l’exécuter , de longs fils cirés armés d’une aiguille demicirculaire à chacüne de leurs extrémités. La bouche du sujet étant maintenue ouverte , et sa tête retenue immobile contré la poitrine d’un aide , le chirurgien saisit avec des pinces chaque lèvre delà division , et au moyen d’un bistouri boutonné, conduit de bas en haut, il en avive les bords , dont il emporte environ une demi-ligne. Gela fait , il place le talon de la première aiguille dans une sorte de porte-crayon , et dirigeant sa pointe d’arrière en avant, il traverse , dans ce sens , l’une des lèvres du voile du palais ; l’autre lèvre est perforée de la même manière. On place ainsi, de bas en haut, deux ou trois points d’aiguille , suivant la longueur de la partie ; ensuite on rapproche les fds, on les noue, et l’on en coupe les bouts très près des nœuds que l’on a exécutés.

Aucun accident grave ne succède ordinairement à la staphyloraphie; mais aussi le succès ne couronne pas toujours les efforts du praticien. Quoique l’on maintienne

LÉSIONS DES AMYGDALES, ET OPERATIONS, etC. 1 5^

les parties dans un élat de repos absolu , et que l’on prive, durant les cinq à six premiers jours , les sujets de tout aliment solide et presque de toute boisson , lorsqu’il existe , en meme temps que la division du voile du palais , une séparation anormale des os palatins et maxillaires, la réunion échoue presque constamment. Dans le cas contraire, du huitième au dixième jour, les hls peuvent être coupés .et retirés : alors on s’aperçoit que le timbre de la voix du sujet est devenu rauque et nasal ; les fonctions du voiie du palais se perfectionnent toutefois avec rapidité , et tout rentre dans l’ordre normal. '

M. Roux pense que la facilité avec laquelle oh peut obtenir la guérison des plaies faites au voile du palais doit cncoui agei les praticiens à diviser cet organe toutes les fois que cela peut rendre plus faeile l’exécution desi opérations pratiquées sur l’arrière-bouche. Mais la sèaphyloraphie est elle-même une opération assez diffioiie, assez douloureuse , et assez incertaine'dans ses résultats, pour que 1 on ne doive pas .se mettre légèrement dans la, nécessité de la pratiquer. . , ,

Les amygdales sont lort exposées à' des irritations qui, lorsqu’elles se prolongent ou lorsqu’elles sont Iréquemment réitérées, déterminent dans ces corps un gonflement et une induration plus ou moins considérables: leur dégénérescence squirreuse est toutefois très rare j et l on donne ce nom à des tuméfactions chroniques qui n ont aucune analogie avec le véritable squirre. Quoi qu’il en soit, les amygdales , devenues trop volumineuses , gênent à la fois la déglutition , la parole , et même la respiration. Lorsque la maladie est récente, il est possible de la guérir au moyen de gargarismes dé-

La facilité d'exécuter cette opération ne doit pas engager à fendr sans nécessité le voile du palais.

50 Tuméfaction chronique des amygdales.

l6o LIV. II. CH. I. MALADIES DE l’aPPAREIL DIGESTIF,

Elle exige la rescision de ces organes.

L’arraclieinent , la ligatijre , le caustique et la section en plusieurs temps , sont

des procédés tombés en désuétude.

Procédé

opératoire

généralement

adopte.

tersifs , secondés par toutes les précautions susceptibles de prévenir le retour de l’irritation gutturale. Mais chez les sujets oii le gonflement date de plusieurs années , et lorsqu’il est accompagné de Tendurcissement du tissu follibuleux , la rescision de l’organe est le seul moyen eflicace qu’il soit possible de mettre en usage.

Déjà recommandée par Gelse, qui proposait d’arracher dans certains cas les amygdales tuméfiées , la rescision de ces corps est une des opérations les plus simples de la chirurgie. Il ne s’agit pas alors , en effet, de les emporter entièrement , ce qui exposerait à la lésion des artères carotides internes; mais bien de retrancher leur partie la plus saillante , celle qui déborde le niveau des piliers du voile du palais. Le cautère , préconisé par Marc-Aurèle Severin, les caustiques employés déjà par Fabrice d’A‘ quapendente , et ensuite par l’Anglais Wisman , Heister et quelques autres , sont généralement abandonnés. La ligature, conseillée par Sharp, est presque constamment impraticable , à raison de la profondeur à laquelle est situé l’organe , de la largeur de sa base et de la mobilité des parties qui l’environnent: son action serait d’ailleurs plus douloureuse , et suivie d’une plus vive inflammation que celle du bistouri. On est étonné de voir Moscati redouter cette opération , au point de vouloir l’exécuter en plusieurs temps. Le spéculum oris de Laqué , destiné à déprimer la langue, et à maintenir les mâchoires écartées , n’a sans doute jamais été mis en usage.

On procède actuellement à la rescision des amygdales de la manière suivante : les pinces dites de Muzaux , dont les branches sont terminées par une double airigne,

LÉSIONS DES AMYGDALES, ET OPERATIONS, GtC. l6l

servent h saisir le sommet de ramyp;dale, tandis qii’un „ bistouri boutonné, dont la lame est entourée de linge jus- gSeiL qu’à un pouce de son extrémité, est porté sous la base de la tumeur , et la divise d’un seul coup , de bas en haut. Les pinces doivent être tenues de la main gauche, lorsqu’on opère sur l’amygdale du même côté, et réciproquement. Quelques personnes préfèrent l’airigne double ordinaire à la pince de Muzaux; mais ce dernier instrument permet de s’emparer avec beaucoup plus de solidité de la portion de l’organe qu’il s’agit de retrancher. Chez les sujets indociles, il convient de maintenir I écartement aes mâchoires en plaçant deux morceaux de bouchon entre les dents molaires; on peut aussi faire déprimer la langue avec la partie la plus large d’une spatule; mais dans les cas ordinaires ces précautions ne sont pas indispensables: la dextérité et l’habitude d’opérer dispensent presque toujours le chirurgien exercé d’y recourir.

Après 1 opération , il est très rare de voir survenir aucun écoulement sanguin considérable. Quelques garga- d.f„p£'L. rismes avec 1 eau et le vinaigre suffisent pour mettre un terme au suintement qui peut se manifester. La surface des plaies suppure un peu , et bientôt la cicatrice ne permet plus d’apercevoir la trace la plus légère de la saillie de l’amygdale.

Enflammées avec violence, les amygdalessontquelque- ‘ fois le siège d abcès assez considérables. On reconnaît I cette terminaison de leur phlogose au gonflement de l’or- (gane, àla mollesse et au poli de sa surface. Lepharyngo- Uome deLafaye ou un bistouri , dont la lame est entourée ide linge jusqu’auprès de son extrémité, sert à pratiquer

4® -Abcès de» amygdales.

Ils exigent la ponction.

iGâ LIV. II. CH. I. MALADIES DE l’appareil DIGESTIF’

lO

de cet

sur l’amygdale abcédée une ponction, h travers laquelle s’écoule facilement la suppuration.

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