‹ Nouveaux élémens de chirurgie et de médecine opératoire, ouvrage contenant l'exposition complète des maladies chirurgicales, et des opérations qu'elles réclamentChapitre 42 sur 170 · VIII · texte numérisé non relu

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Lésions du pharynx et de l’œsophage.

11 est fort rare que le pharynx soit atteint par les instrumens tranchans portés à travers la partie antérieure et supérieure du cou. Les cartilages du larynx le préservent ordinairement des lésions de ce genre. Dans les plaies situées plus bas , la portion cervicale de l’œsophage est encore plus rarement divisée , à raison de la profondeur de sa situation , qui est telle que la trachéeartère et les carotides se présentent les premières à Faction de l’instrument. Si cependant on était appelé pour une division faite aux parois de l’un ou de Fautre de ces organes , il faudrait faire fléchir la tête en avant , et réunir la plaie. Afin de prévenir les dérangemens qui résulteraient de l’exécution des mouvemens de déglutition , une sonde de gomme élastique serait introduite dans l’œsophage, jusqu’au-dessous delà blessure, et permettrait d’injecter les bouillons et les boissons dont le sujet a besoin , en même temps qu’elle contribuerait à retenir les lèvres de la solution de continuité en rapport. Les coups de feu à travers le pharynx et ceux qui atteignent la partie supérieure de l’œsophage ne réclament pas d’autres soins., On sent combien il importe, dans des cas aussi graves^ de prévenir, par une abstinence complète , par des boissons délayantes , par des évacuations sanguines générales, et surtout par des applications réitérées de sangsues, le développement d’une violente inflammation dans les parties afîectées.

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Les blessures de la portion thoracique de 1 œsophage, ainsi que les ruptures de cet organe , accident dont Boerhaave, DesaultetM. Guersent ont rapporté des exemples, constituent des lésions presque nécessairement mortelles, a raison du passage des matières alimentaires et des bois- . sons dans la cavité des plèvres. Si cependant la sortie du liquide ingéré pouvait faire soupçonner lexistence de la blessure, la sonde œsophagienne pourrait peut-être

mettre un terme à lepanchement , et rendre possible la formation de la cicatrice.

Le même instrument devrait être encore introduit , et

fournirait un moyen aussi simple qu’efTicace d’alimenter

le malade, dans le cas de paralysie de l’œsophage. Il

permettrait alors d’attendre sans inconvénient l’effet des

médications internes et externes que l’on oppose à celle affection.

L’inflammation prolongée de la membrane muqueuse œsophagienne détermine assez fréquemment son épaississemenu Le tissu cellulaire placé derrière cette membrane, ainsi que celui qui environne l’organe lui-même , participeiu ordinairement à cette dégénérescence. Le calibre de 1 œsophage en est.jilus ou moins rétréci ; la déglutition , devenue incessamment plus difficile , finit par ne plus pouvoir être exécutée qu’avec une peine extrême et le malade s affaiblit et succombe bientôt , par l’eflét combiné de la phlogose et du défaut d’alimentation. Le ' traitement le plus convenable dans les cas de ce genre consiste à maintenir l’organe en repos, à faire usage des antiphlogistiques, et enfin à placer -dans l’œsophage une sonde dé gomme élastique.

Flexibles et peu résistantes, les parois de ces sondes ne

Celles

de la portion thoracique de l’œsophage sont mortelles.

2 Paralysie de l’œsophage.

30 Inflammation chronique et

épaississement des membranes de l’œsophage.

Procédé opératoire pour

introduire les sondes œsophagiennes.

Phénomènes qui indiquent leur dériation dans

le larjmx.

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sauraient surmonter de grands obstacles. Elles doivent avoir depuis trois ou quatre jusqu’à six ou huit lignes de diamètre, et une longueur de quinze à vingt pouces. Pour les introduire, le malade étant assis , la tête renversée en arrière et la bouche ouverte, on porte leur extrémité , convenablement graissée, jusque dans le pharynx, et l’on continue de pousser la tige jusqu’à ce que son bout soit parvenu dans l’estomac. La partie extérieure de la sonde ne saurait demeurer sans inconvénient dans la bouche; il faut la ramener dans la narine ; pour cela, une sonde de Bellocq est portée dans l’une des fosses nasales, et l’extrémité du ressort étant déployée dans la bouche on y attache un cordonnet qui, retiré par le nez , entraîne après lui l’extrémité de la sonde , que l’on fixe à l’extérieur. Ce procédé est beaucoup plus facile à exécuter que celui suivant lequel on introduit d’abord l’instrument par la narine. En effet, l’axe du pharynx formant un angle droit avec le plancher des fosses nasales , l’extrémité de l’instrument vient heurter contre la pa-^ roi postérieure de l’arrière-bouche, et l’on est obligé d’y porter les doigts alîn de courber la sonde en bas , et de la diriger dans l’œsophage. Les tentatives de ce genre sont toujours laborieuses , fatigantes pour les malades , et n’aboutissent quelquefois qu’à faire passer l’instrument dans le larynx.

La toux, la douleur, la sortie de l’air par la sonde, indiquent l’existence de cette déviation. Il faut alors retirer l’extrémité de l’instrument et lui donner une direction meilleure. L’absence de toute espèce de gêne, la chaleur agréable qui succède dans l’estomac à l’injection de liquides chauds et nourrissans , font connaître que rinstru-

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ment est convenablement placé. Quoi qu’il en soit , la sonde ne constitue ordinairement , dans le cas de rétré- 'Cissement derœsophage , qu’une ressource précaire , qui permet d’alimenter le sujet, sans le préserver du résultat funeste qu’enlraîne presque constamment l’inflammation chronique dont il eét atteint.

Contractiles et lubrifiés par un liquide muqueux abondant, le pharynx et l’œsophage sont en même temps susceptibles d’une dilatation portée fort loin, et qui leur permet de livrer passage à des corps étrangers assez volumineux. Cependant il n’est pas très rare de voir des corps de ce genre s’arrêter à l’un des points du conduit que ces organes constituent. Une douleur vive , que les mouvemens de déglutition augmentent, et qu’accompagnent l’agitation et l’anxiété du sujet, annoncent l’accident dont il s’agit.

4® Corps étrangers arrêté* dans

le pharynx ou

CcBsophage.

Trois partis peuvent être alors adoptés par le chirur- L.ci,i,„,ri gien. Il est possible , en effet , i» d’abandonner le corps étranger à lui-même et d’attendre qu’il se dégage spontanément; 2» de le pousser jusque dans l’estomac; 3“ de le retirer par la bouche ou à travers une ouverture pratiquée au conduit qui le renferme.

Les corps étrangers arrêtés dans l’œsophage et aban- . .

nnés eux-memes déterminent autour d’eux une inllammation violente , qui augmente d’abord la force avec laquelle ils sont retenus. Un relâchement plus ou moins comjdet succède à cette phlogose, et la suppuration qui en résulte entraîne quelquefois avec elle la cause irritante.

C est ainsi que l’on voit certains corps étrangers, après être demeurés pendant un temps plus ou moins long dans œsophage, descendre spontanément jusqu’à l’estomac.

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B. Pousser le corps étrang' jusqu’à l’esloniac.

OU ressortir par ia bouche; mais, dans beaucoup de cas aussi, rioflammation quhls provoquent a pour effet Ta dbérence de l’œsophage aux organes environnans , et Tulni cération de ses parois. On rapporte un exemple de l’érosion de l’artère carotide , produite par cette cause ; chez on autresujet, l’œsophage s’étant uni à la trachée-artère, les alimens formèrent un épanchement mortel dans les voies aériennes. Dans quelques uns des cas les plus heureux , on abcès se développa au cou , et donna issue au corps étranger ; mais si cet accident avait lieu dans la poitrine , la mort en serait l’inévitable résultat. En abandonnant à eux-mêmes les corps arrêtés dans l’œsophage , on expose donc le malade aux chances les plus défavorables, et h des accidens dont il est impossible de prévoir ou de prévenir toute la gravité. D’où il résulte que ce parti est le plus mauvais que puisse prendre le chirurgien , et qu’il ne doit l’adopter que dans les cas extrêmes , où tous les moyens employés pour déplacer le corps étranger sont demeurés sans succès; mais alors la diète la plus absolue, les saignées , les applications de sangsues, doivent être mises en usage, afin de modérer la violence de l’inflammation.

11 est facile de sentir qu’il est moins avantageux de porter un corps étranger jusque dans l’estomac , que de le retirer par la bouche. En effet, à l’exception des substances que l’action digestive peut altérer et détruire , les matières , ainsi poussées dans le canal alimentaire , peuvent irriter ses parois, les diviser, les perforer, et occasioner ainsi des désordres mortels. L’œsophagotomie aurait , dans certains cas , des inconvéniens moins graves. Cependant, en supposant que l’extraction ne peut absolument pas être exécutée , et que le corps est lisse , ar-

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roiîdi , inoffensir pour les membranes gastro-inlestinales, 011 doit le précipiter. Quelques coups donnés avec le plat de la main , entre les épaules , la déglutition de grandes gorgées d’eau , ou de masses volumineuses d’aîimens mous et pulpeux , suffisent quelquefois pour faire descendre les corps étrangers peu volumineux ou faiblement retenus dans le lieu qu’ils occupent. Si ces moyens simples ne suffisent pas , on peut, à l’exemple de Paré, introduire dans l’œsophage la tige d’un long poireau dont l’extrémité arrondie et volumineuse ne manque pas de heurter contre le corps étranger. Une tige de baleine , surmontée d’un morceau d’éponge à son extrémité , peut servir aisément à remplir la même indication.

Mais rien n’est préférable à l’extraction du corps étran ger, surtout s’il est susceptible de piquer, de couper ou de déchirer les parties qu’il touc^ie , comme le font les fragmens d’os , les morceaux de verre , les aiguilles , etc. Dans les cas de ce genre , le malade étant assis , la tête renversée et maintenue par un aide, il faut, en faisant ouvrir largement la bouche , et en déprimant la base de la langue, chercher d’abord à reconnaître la véritable situation du corps étranger. S’il est arrêté à la fin du pharynx, l’œil, ou l’extrémité du doigt font aisément reconnaître sa présence. Lorsqu’il est plus profondément situé, il faut, comme le fait M. Dupuytren , porter jusqu’à lui une tige d’argent flexible , surmontée d’une boule peu volumineuse, à l’aide de laquelle on peut reconnaître le point oü il est arrêté , la direction qu’il affecte, et la force avec laquelle il est retenu. Ces connaissances préliqainaires étant acquises , et le chirurgien sachant s’il existe quelque espace libre en avant,, en

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