‹ Nouveaux élémens de chirurgie et de médecine opératoire, ouvrage contenant l'exposition complète des maladies chirurgicales, et des opérations qu'elles réclamentChapitre 45 sur 170 · C. Section transversale de tout le calibre de l’intestin · texte numérisé non relu

C. Section transversale de tout le calibre de l’intestin

Invagination..

1 88 LIV. ir. CH. II. MALADIES DE l’aPPAREIL DIGESTIP.

Manière de reconnaître ïe bout supérieur de l’intestin.

Procédé de.s quïire maîtres.

Procédé de banidobr.

11 n’est pas vrai , quoi qu’on ♦•n ait dit ,

mieux recourir à l’établissement d’un anus anormal, opération qui sera décrite plus loin, et à la suite de laquelle on peut aisément guérir les sujets.

Avant de recourir à l’invagination, il faut distinguer le bout supérieur de l’intestin, del’inférieur; et l’administration du sirop de violette ou de l’huile d’amandes douces , que l’on voit bientôt sortir par la portion gastrique du canal , constitue le meilleur moyen que l’on puisse employer. Au morceau de trachée-artère dont on a fait d’ahord usage, il convient de substituer un cylindre de carte, préalablement trempé dans l’essence de térébenthine, et ensuite dans de l’huile d’olive, afin de le rendre moins altérable à l’humidité; un fil ciré, long d’une demi-aune, doit être placé à la partie moyenne de ce cylindre , à l’aide de deux points d’aiguille , disposés de telle sorte que le calibre intérieur du corps étranger demeure libre. La carte est ensuite introduite dans le bout supérieur , que Ton fixe sur elle , en le traversant de dedans en dehors, aux extrémités de son diamètre transversal, avec deux aiguilles qui entraînent après elles les extrémités du fil dont il vient d’être question. Cet appareil est enfin porté dans le bout inférieur , qui est fixé sur l’autre au moyen des mêmes aiguilles et du même fil , dont on le traverse. .Le tout est réduit dans le ventre , et les bouts du fil sont retenus au dehors.

Ramdohr introduisit simplement le bout supérieur dans l’inférieur , et l’y maintint par deux points de sutture. L’organe , repoussé dans le ventre , et maintenu au voisinage de la plaie , se cicatrisa sans accident.

M. Richerand a établi que la membrane muqueuse ne saurait contracter des adhérences avec la surface pé-

PLAIES DE l’abdomen, ET OPERATIONS, CtC. 1 89

ritonéale des intestins, et l’on a proposé, en conséquence , de dépouiller le bout inférieur du canal intestinal de tunique interne , avant d’y introduire l’autre bout. Mais les faits démontrent, et la futilité de l’objection, et l’impossibilité d’exécuter le procédé indiqué. M. Jaubert a eu l’idée plus ingénieuse d’invaginer le bout supérieur de l’intestin dans l’inférieur , après avoir renversé celuici en dedans , de manière à mettre les membranes séreuses des deux organes en contact. Mais il en résulte un bourrelet qui rétrécit à l’endroit de l’opération le canal intestinal et qui peut occasioner des accidens graves. Ce procédé, quoique préférable, peut-être, aux précédens, ne saurait dépouiller la méthode de l’invagination des dangers qu’elle fait coürir aux malades, et il vaudra toujours mieux guérir ceux-ci avec lenteur, mais avec sûreté , que de les exposer à des accidens mortels.

Lorsque les intestins , sortis et enflammés à l’extérieur, sont flétris , grisâtres , insensibles , il est évident que la gangrène a frappé leurs parois. 11 faut alors, si les escarres sont petites et peu nombreuses , retenir la partie qui en est le siège près de la plaie extérieure. Les matières fécales sortent ensuite en partie par la division , qui se rétrécit graduellement, et finit par se cicatriser. Lorsqu’une portion plus ou moins étendue d’une anse intestinale est frappée de mort, il faut la retrancher avec les ciseaux , et se conduire ensuite comme si tout le calibre de l’organe avait été coupé transversalement par un instrument tranchant.

Les divisions de l’estomac sont presque toujours mortelles ; elles doivent être traitées suivant les mêmes principes que celles dont il vient d’être question. L’émétique,

que la membrane muqueuse ne puisse adhérer à la tunique péritonéale.

Procédé de M. Jaubert.'

4® Gangrènt des intestin}.

5® Plaies de l’estomac.

190 LIV. Il» CH. II. MALADIES DE l’aPPAREIL DIGESTIF.

6° Plaies par armes à feu.

7® Coaiusions abdominales.

Règles générales relatives au irailement conséciilif des blessés.

prodigué dans ces cas par quelques praticiens , peut être funeste , soit en irritant le viscère , soit en provoquant l’agrandissement de la plaie, soit enfin en déterminant un épanchement de matières dans le ventre.

Les plaies faites par les armes à feu aux parois abdominales ou aux viscères qu’elles protègent doivent être traitées comme celles qui résultent de faction des instrumens tranchans; excepté, toutefois, que les solutions de continuité devant nécessairement suppurer , on ne procédera jamais immédiatement à leur réunion.

Les contusions du ventre , lorsqu’elles sont assez fortes pour avoir divisé les muscles , et atteint les diverses parties du canal digestif, ne réclament aucune opération chirurgicale: il faut seulement alors soumettre le malade à un traitement général et local qui prévienne ou combatte les accidens inflammatoires dont il est menacé.

Quelles que soient et la nature des plaies abdominales, et leur étendue , et leurs complications , immédiatement après avoir remédié par des opérations, qu’il faut toujours pratiquersur-le-champ, aux désordres mécaniques qui les accompagnent , il est indispensable de recourir au traitement anti-phlogistique le plus actif. Un repos absolu du corps et de l’esprit , le relâchement des parois du ventre, une abstinence prolongée de toute substance alimentaire, des fomentations émollientes sur l’abdomen, des saignées générales et locales , proportionnées aux forces du sujet, et à l’imminence des accidens , tels sont les moyens â ! employer. Tout ce qui pourrait exciter les contractions ! intestinales doit être sévèrement proscrit. Tout doit êire calculé pour maintenir les organes blessés dans le repos le plus complet , et pour calmer leur irritation.

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