II
Corps étrangers arrêtés dans le canal digestif.
Descendus de Tcesophage dans l’estoraae , les corps étrangers sont ordinairement rendus par l’anus. Favoriser deur expulsion en faisant prendre au malade des substances propres à envelopper leurs aspérités , ou administrer , suivant l’indication , un vomitif ou un purgatif, tels sont les moyens auxquels on a recours et qui réussissent ordinairement. Quelques uns de ces corps , étant très volumineux , ont séjourné dans l’estomac , et ont occasioné des accidens tellement graves , qu’il a fallu recourir à leur extraction. C’est ainsi queron'a retiré, dit-on, avec succès, *en Prusse, un couteau qu’ün homme avait avalé. Hubner de Rothembourg cite un cas semblable. En 1819, éM. Cayroche , chirurgien à Mondes , retira heureusement , par la gastrotomie , une fourchette arrêtée depuis long-temps dans l’estomac.
Deux conditions peuvent seules autoriser l’exécution d’une semblable opération : la première est que le corps étranger retenu dans l’estomac y occasioné des accidens assez graves pour mettre en danger lés jours du swjet ,* la seconde , qu’une tumeur sensible indique la véritable situation du corps irritant. Un empâtement profond et une tuméfaction légère annoncent ordinairement alors que le viscère est adhérent aux parois du ventre, et que celles-ci commencent à être irritées. C’est sur ce point qu’il taut diriger l’instrument tranchant. Avec un bistouri convexe, on fait à la peau une incision de deux h trois pouces , dirigée longitudinalement si l’on opère
Arrêtés
dans l’eslomac, les corps étrai){;ers sont expulsés , ou doivent être extraits.
De la
gastrotomie.
opératoire.
Procéd>“ en deux temps.
De
reiitérolüUiie.
1 92 Liv. II. CH. II. Maladies de l’appareil digestif.
sur la partie antérieure du ventre , et suivant la direction du rebord des côtes lorsque Ton agit sur le côté gauche. D’un second coup de bistouri , les muscles doivent être divisés. Les vaisseaux ouverts étant liés , l’instrument est porté avec de grandes précautions jusque dans la cavité du viscère. Le doigt indicateur , porté dans la solution de continuité, avertit de l’épaisseur des tissus qui restent à diviser , et s’assure < de leur mutuelle adhérence. Le corps étranger étant extrait , il faut panser la plaie simplement , maintenir ses bords rapprochés, mais sans recourir à la suture , et attendre qu’elle se cicatrise spontanément. Si pendant 1 operation on reconnaissait que l’estomac, bien que contenant le corps étranger, n’adhère pas à la paroi abdominale , on pouri'ait suspendre l’exécution du procédé opératoire, et attendre deux ou trois jours avant d’ouvrir le viscère. Sa surface aurait en effet contracté alors des adhéreuces avec les lèvres de la plaie, et aucun épanchement de matière étrangère* dans le péritoine ne serait plus*possible. - ’
Les mêmes règles doivent servir de guide au chirüio-ien , lorsque le corps étranger occupe le canal intestinal. Paré , Fabrice de Hilden , M. Dubois, ont vu des corps étrangers volumineux perforer l’estomac après 1 avoir lait adhérer au colon , et venir donner naissance , dans l’une ou l’autre région inguinale , à des abcès avec le pus desquels ils sont sortis. Si la nature semblait devoir suivre cette marche , il faudrait attendre le résultat de ses efforts , et se tenir prêt à la seconder; dans le cas contraire , la violence des accidens pourrait forcer d’opérer, et l’on ne devrait pas hésiter à le faire.