S III
Lésions du foie et de la rate.
Les plaies qui intéressent la substance du foie ne sont pas fort dangereuses lorsqu’elles sont bornées à la surface extérieure de cet organe ,* mais quand leur profondeur est considérable , un épanchement bilieux mortel peut leur succéder. Dans l’un et l’autre cas , on ne peut que leur opposer le traitement antiphlogistique général et local dont nous avons précédemment parlé. Presque nécessairement mortelles , les divisions de la vésicule biliaire sont également placées au- dessus des ressources , ordinairement si puissantes , de la médecine opératoire , et ne peuvent être combattues qu’au moyen de remèdes généraux, presque toujours insuffisans.
Les abcès du foie surviennent dans deux circonstances principales. Ils sont , ou sympathiques , ou produits par des lésions directes, suivies de l’inflammation du parenchyme hépatique. Les premiers succèdent spécialement aux plaies de tête ; mais on les voit souvent aussi se manifester à l’occasion des lésions fibreuses et articulaires. La plupart des sujets que j’ai ouverts, dans ces dernières circonstances, présentaient des traces non équivoques d’irritation hépatique : et les auteurs n’ont pas fait assez d’attention à cette sympathie étroite qui existe entre les articulations ou les tissus fibreux , et l’organe sécréteur de la bile Les hypothèses émises par Bertrandi , Pouteau et M. Richerand , pour expliquer la lésion du foie chez les sujets atteints de blessures à la tête , sont depuis long-temps réfutées , et ne doivent plus
1^* Plaies du foie et de la vésicule biliaire.
a® Abcès du foie.
Ils sont le résultat d’irritations sympathiques ou
primitives de cet organe.
Ils ne doivent être ouverts que quand ils deviennent appareils an dehors.
4'* Titinciirs et fistulrs l>i U aires.
ï 90 LIV. II. CH. II. MALADIES DE L APPAREIL DIGESTIF.
être consignées que dans l’histoire des erreurs qui se sont succédé en physiologie pathologique. Sans nier que le foie ne puisse être mécaniquement atteint en même temps que toutes les autres parties du corps, il est évident que , dans la plupart des cas , c’est à son affection sympathique qu’il faut rapporter les irritations et les abcès dont il est le siège à l’occasion des plaies du crâne.
Lorsqu’aux signes généraux de l’hépatite succèdent de la pesanteur à la région du foie , des frissons irréguliers, un mouvement fébrile qui revient le soir, et que le sujet , au lieu de se rétablir , demeure jaune , maigrît et perd ses forces , il est probable que la maladie s’est terminée par suppuration. Que l’abcès ait un volume plus ou moins considérable ; que sa formation ait été rapide ou lente ; qu’il occupe la surface ou le centre du viscère ; enfin , qu’il contienne soit une matière jaunâtre, ou brunâtre et purulente ; soit une sorte de lie produite par les débris du parenchyme hépatique délayé et broyé dans un liquide sanguinolent, les secours de la chirurgie ne deviennent utiles que quand l’élévation œdémateuse deThypocondre , et une fluctuation plus ou moins apparente , annoncent que les enveloppes du foyer ont contracté des adhérence savec la paroi abdominale correspondante. Il faut alors y plonger le bistouri , et , après l’évacuation de la matière, panser simplement le malade, jusqu’à ce que la nature opère la cicatrisation des parties.
Que le canal cholédoque soit obstrué, ou que des calculs formés par la bile occupent la vésicule qui sert de réservoir à ce liquide, celui-ci s’accumulera dans la poche qui lui est destinée, distendra ses parois, et formera sous le rebord' des côtes asternales droites une