‹ Nouveaux élémens de chirurgie et de médecine opératoire, ouvrage contenant l'exposition complète des maladies chirurgicales, et des opérations qu'elles réclamentChapitre 57 sur 170 · HERNIES VENTRALES · texte numérisé non relu

HERNIES VENTRALES

connaître celte lésion. Dans tous les cas de ce genre, il faut soutenir l’abdomen avec une large bande ou , mieux encore , avec un corset lacé ^ afin de prévenir l’accroissement de la tumeur , de rendre les viscères déplacés au libre exercice de leurs fonctions, et de permettre à la nature de consolider Iqs parties dont elle a négligé d’achever l’organisation. On a vu l’écartement et la distension de la ligne blanche survenir chez les femmes à la suite des grossesses multipliées ; on doit alors lui opposer le même traitement , mais sans espérer d’obtenir la cure radicale de la maladie.

A la partie supérieure de la ligne blanche , on remarque souvent des tumeurs très petites , plus fréquentes au voisinage du cartilage xyphoïde que près de l’ombilic, et qui sont accompagnées de tiraillemens à l’épigastre, de coliques réitérées, de troubles divers dans Taclion digestive. Ces tumeurs , quelquefois difficiles à reconnaître, chez les sujets pourvus d’un embonpoint un peu considérable, ont été attribuées, tantôt à l’estomac, tantôt au colon transverse , tantôt enfin à la partie supérieure de Tépiploon. Je crois que toutes ces parties sont susceptibles de les former. Elles exigent l’emploi d’une ceinture élastique , garnie d’une pelote petite et très convexe , afin d’être exactement contenues. Dans le cas d’étranglement . il faut débrider en haut et un peu è gauche.

MM. Scarpa , Pelletan , Lawrence et plusieurs autres ont rencontré sur la ligne- blanche des tumeurs graisseuses qui simulaient des hernies de celte région , et qui, chez quelques sujets, furent opérées. Dans l’état ordinaire , la consistance , l’irréductibilité , et Tinscn-

2° Herniea de la partie supérieure de la ligue blanche.

ô® Hernies précédées de tumeurs graisseuses.

4” llelâclutnent <les parois de l’abdomen.

6'’ lleniics consécutives aux blessai es de l'abdomen.

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sibilité (le ces tumeurs peuvent les faire distinguer des hernies épiploïques. On a observé aussi quelquefois que des productions graisseuses semblables , nées entre le péritoine et la ligne blanche , ont éraillé celle-ci , et sont venues faire saillie au dehors ^ entraînant avec elles la portion de la membrane séreuse de rabdomen qui recouvrait leur surface postérieure. Des hernies ont succédé h ce déplacement, et ont réclamé l’emploi des moyens contentifs dont il a été précédemment question. Si des accidens d’étranglement se manifestent, il faut, lors môme que le diagnostic est incertain , recourir à l’opération. M. Dupuytren a vu l’ablation de la tumeur graisseuse faire cesser les accidens éprouvés par le malade, vraisemblablement en mettant un terme au tiraillement que le pédicule du paquet graisseux faisait éprouver au péritoine.

A la suite de grossesses répétées chez les femmes ; chez les hommes , après les hydropisies ou d’autres maladies analogues, les parois abdominales restent quelquefois flasques, relâchées, pendantes, incapables de soutenir le poids des viscères. Il convient de faire alors porter au malade une ceinture qui supplée l’action des parties dont le ressort est détruit.

Ce moyen est encore le seul que l’on puisse employer lorsque des hernies succèdent aux blessures des parois de l’abdomen. Le mécanisme , les causes et la disposition des tumeurs de ce genre ont été indiqués plus haut.

HERNIES PÉRINÉALES.

S Vî-

Heinics pexinéalcs.

Si l’on désigne exclusivement sous le nom de périnée l’espace triangulaire compris entre la partie antérieure de l’anus et le scrotum, chez l’homme, il est incontestable que les hernies y sont très rares, et presque impossibles, h raison de l’épaisseur et de la solidité des tissus qui ferment cette partie du détroit inférieur du bassin. Mais si on comprend dans la région périnéale l’espace compris entre l’ischion , l’anus et le coccyx, alors il faut reconnaître que les hernies y sont assez communes. Ghardenony Verdier, Pipelet, et récemment M. Scarpa en ont observé des exemples remarquables. La vessie, ou l’intestin grêle sont les seules parties que l’on ait rencontrées dans les tumeurs de ce genre. Le sac herniaire semble se former d’abord par la dépression du péritoine, replié entre la vessie et le rectum, à travers un éraillement du muscle releveur de l’anus. La tumeur peut exister et ne pas faire saillie au dehors ; c’est ce que les auteurs ont appelé hernie périnéale incomplète. Mais, à mesure qu’elle s’accroît, elle descend , proémine immédiatement en arrière du muscle Iransverse du périnée , et bientôt s’étend à tout l’espace compris entre ce point, l’ischion, le coccyx et l’anus, qui est refoulé du côté opposé : alors la hernie est dite complète. Le collet du sac a suivi le même mouvement que le reste de la tumeur ; et lorsque celle-ci fait saillie au dehors , il est arrivé lui même au niveau , ou même au-desSous du rebord inférieur du bassin. Celte dispo-

sition, contraire à ce qu’on avait jusqu ici enseigné, a été

Hei'iiles périnéales chez l’Iwnimc

nies soiil incüiijpieles

ou coiiij)lèle9.

2" Ilcniias vulvaires chez la femme.

3'^ Hernies vaginales.

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mise hors de doute par une dissection fort exacte du, professeur Scarpa. La tumeur est recouverte par les fibres distendues et déprimées du sphincter de Fanus , ainsi que par le tissu cellulaire et la peau.

Le périnée est trop resserré chez la femme pour que des hernies puissent Foccuper ; aussi M. Scarpa les a-t41 désignées, d’après M. A. Cooper , sous le nom de hernies vulvaires. Elles se forment è peu près comme chez Fhommc ; mais , au lieu de s’étendre en arrière , du côté de la marge de Fanus , elles descendent le long de Fun des côtés du vagin, et viennent occuper la moitié postérieure de la grande lèvre correspondante. Ces hernies sont plus fréquentes que celles dont il vient d’être question. Leur volume peut devenir énorme. M. Scarpa en a vu une qui se prolongeait jusqu’à la jambe, et qui, à son fond, avait une brasse de circonférence, et une palme à son col. Elle contenait une grande partie de Fintestin grêle, le cæcum, et presque tout le colon. Dans les hernies de ce genre , le sac herniaire n’est séparé des tégumens que par une couche celluleuse fort mince.

Les tumeurs formées, soit parla vessie, soit par Fintestin grêle à travers le vagin, ont la plus grande analogie avec la précédente. Elles ne semblent différer de la hernie vulvaire qu’en ce que, lorsqu’elles se forment, la paroi du vagin cède , et se déprime vers le centre de ce canal, tandis que, dans l’autre cas, celte paroi résiste et repousse les viscères vers la grande lèvre. Ordinairement, la hernie vaginale se borne à faire saillie dans le conduit vulvo-utérin ; quelquefois , et Sandifort , entre autres, en cite un exemple , on Fa vue franchir l’orifice de la vulve , et paraître à l’extérieur.

HERNIES PÉRINÉALES.

Il est très rare que les hernies périnéales, vulvaires ou vaginales soient étranglées. Cependant M. A. Cooper a vu la seconde et M. Scarpa la première des tumeurs de cstî genre être le siège d’un accident semblable. Le Iaxis a suffi, dans l’un et l’autre cas, pour faire rentrer les parties. La présence de la tête du fœtus dans l’excavation pelvienne peut, en comprimant les viscères , occasioner des symptômes d’étranglement. Ce cas, dont Smellie rapporte un exemple , indiquerait l’application du forceps , si la réduction ne pouvait être faite. Celle' ci est ordinairement facile , et pendant que l’on y ‘procède , le sujet doit être couché sur le dos , les cuisses relevées et fléchies , le bassin légèrement soutenu par des oreillers. Pour contenir la tumeur, un bandage en T, formé d’un ressort circulaire, embrassant le bassin, et d’une forte bande de cuir, surmontée d’une pelote à l’endroit de la hernie, afin de comprinier celle-ci, tel est l’appareil qui convient ordinairement contre les hernies périnéales et vulvaires. On peut aussi remplacer, dans ce bandage, l’espèce de sous-cuisse destinée à comprimer les parties, par un ressort demi-circulaire, qui descendrait de la partie postérieure de la ceinture, et qui serait surmonté d’une pelote à son extrémité. M. Scarpa a employé cet appareil avec succès. Un pessaire cylindrique suffit pour contenir les hernies vaginales. Dans le cas d’étranglement , il serait facile , après avoir découvert les parties, de remonter jusqu’au collet du sac, et de l’inciser au moyen du bistouri boutonné, avec assez de précaution pour ne léser ni l’artère honteuse interne , ni la vessie , ni le rectum.

L’étranglcnienl

dans

ces trois espèces de Iiernies , est fort rare.

Bandage propre à les contenir.

Les hernies vaginales réclament l’application d’un pessaire cylindrique.

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Ces hernies sont

fort rares.

Procédé (le l’auteur pour

en opérer îc débrideinenf.

Ces hernies ont à la fois rare.s

et dilHcile.s à reconnaître.

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