‹ Nouveaux élémens de chirurgie et de médecine opératoire, ouvrage contenant l'exposition complète des maladies chirurgicales, et des opérations qu'elles réclamentChapitre 7 sur 170 · LIV. I. CHAP. I. GÉNÉRALITÉS · texte numérisé non relu

LIV. I. CHAP. I. GÉNÉRALITÉS

strumens mécaniques , au moyen desquels ils croyaient suppléer à la dextérité , à Tattention et aux connaissances anatomiques. Actuellement encore, un des argumens les plus péremptoires que certaines personnes présentent à chaque instant en faveur de leurs procédés, consiste à dire qu’ils sont d’une exécution prompte et facile. Il ne faut pas négliger sans doute ces avantages, on doit en tenir un compte spécial ; mais on ne saurait , en saine pratique , les placer au premier rang. Toutes les méthodes , tous les procédés , deviennent faciles et d’une prompte exécution pour le praticien anatomiste et exercé. Ce qu’il importe de déterminer dans le choix que l’on est appelé à faire entre eux , c’est le résultat plus ou moins favorable qui en est la suite. Il vaut mieux que le chirurgien ait plus de difficultés à vaincre, et le malade un peu plus de douleurs à supporter , afin que l’opération soit telle que, exécutée avec sûreté , elle procure une cicatrisation rapide des plaies, que d’opérer avec plus de promptitude et de laisser des solutions de continuité, dont la guérison, difficile , se fasse long-temps attendre. Dans le choix des méthodes qui se rattachent aux grandes opérations , les résultats cliniques doivent exercer la plus puissante influence sur le chirurgien : ce sont celles qui présentent le plus grand nombre de probabilités en faveur de la guérison que l’on doit adopter. En agissant autrement , le praticien préférerait la satisfaction de son amour-propre aux avantages réels que le malade doit espérer de l’opération.

Dans un grand nombre de cas , c’est, toutefois, moins d’après des préceptes généraux que le praticien doit se

décider, que d’après les modifications spéciales que présente la maladie qu’il a sous les yeux. Ainsi, quoique l’amputation du bras dans l’épaule doive être en général pratiquée en conservant les parties antérieure et postérieure de l’articulation , il est cependant des circonstances où ces parties étant détruites on est obligé de faire d’autres lambeaux. Quelques raisons que l’on ait de préférer l’abaissement à l’extraction pour la cataracte, on est cependant quelquefois obligé d’employer celle-ci , etc.

Il faut non seulement, pour chaque opération, faire a dou

Il constamnieut

choix de la méthode et du procédé le plus convenables,

• , , I r . , ^ • difficultés qui

mais encore se représenter par la pensée toutes les cir- peuvent rarrêler. constances , toutes les difBcultés qui peuvent s’offrir pendant que l’on fait agir les instrumens. Il est même indispensable d’arrêter d’avance le parti que l’on prendra si telle partie est divisée, si telle altération se présente, si la maladie se prolonge jusqu’à tel organe: en un mot, lorsque le chirurgien commence une opération, il doit avoir tout prévu, tout calculé, tout disposé pour que rien ne puisse l’arrêter ; et quand il est obligé d’abandonner son entreprise, on peut l’accuser à juste titre d’imprévoyance ou de témérité.

Le sujet auquel on va pratiquer une opération grave so préparer

le sujet à

doit être considéré comme une personne destinée à sup- lopéraûou. porter une irritation brusque , violente , suivie d’une inflammation plus ou moins intense et durable. Il importe donc de le préparer à éprouver sans danger, et la secousse qu’il doit subir , et la maladie qui en sera l’inévitable résultat. A cet effet, le praticien , examinant les différentes prépara.iou parties de l’organisation, et interrogeant les principales ^

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fonctions 5 reconnaîtra l’état général du sujet, ainsi que celui des viscères les plus importans. il lui sera facile ensuite de prescrire le régime et les médicamens préparatoires les plus convenables. Apaiser la disposition aux irritations, à l’aide des évacuations sanguines , des bains, des boissons émollientes; dissiper les congestions locales en appliquant des sangsues vers les organes* qui en sont le siège , ou en plaçant d’avance des vésicatoires sur des parties éloignées de celles qui doivent être le siège de l’opération, telles sont les préparations les plus généralement utiles aux sujets que l’on doit opérer. On sait que les purgatifs, dont on a fait dans ces cas un usage routinier, ne doivent être administrés que quand ils sont positivement indiqués par les signes de la rétention de matières saburrales dans le canal digestif. On doit remarquer aussi que les vésicatoires que l’on juge convenable d’appliquer doivent être placés dix à douze jours au moins avant l’opération , afin que le mouvement d’excitation et de lièvre qu’ils déterminent souvent ne vienne pas s’ajouter à celui que l’opération provoque, et augmenter ainsi sa violence. Le moral des malades mérite aussi de fixer alors toute l’attention du chirurgien : presque tous ont besoin d’être rassurés sur les douleurs et les dangers de l’opération ; quelques uns veulent même être trompés à cet égard , tandis que chez d’autres il faut ne rien dissimuler des souffrances qu’ils doivent éprouver , afin que la violence de celles-ci ne démente pas, au moment de l’action instrumentale, ce que le praticien a promis. Il est des hommes dont l’esprit se monte aisément à la hauteur des circonstances où ils se trouvent, et auxquels il est avantageux, par cette raison, défaire connaître et presque

de démontrer tous les détails du procédé opératoire que l’on se propose d’exécuter. Au reste , ces règles ne sauraient avoir d’application générale : c’est au praticien à déterminer , d’après la connaissance qu’il a acquise du moral du sujet , les meilleurs moyens à employer pour le disposer, sous ce rapport, à l’opération.

Raser la partie malade si des poils ou des cheveux la recouvrent , la nettoyer des substances qui peuvent la salir, quelquefois gonfler les organes ou les trajets fistuleux au moyen des injections, afin qu’il soit plus facile de les découvrir et de les inciser; dans d’autres ca^, vider, au contraire, les cavités voisines , pour que leurs parois, affaissées, s’éloignent du trajet que les instrumens doivent parcourir. Telles sont quelques unes des plus importantes préparations qu’il faut exécuter immédiatement avant d’opérer. L’opération de la taille sus-pubienne et celle de la taille latéralisée présentent des exemples de circonstances où ces diverses précautions sont nécessaires.

Deux appareils doivent être disposés pour chaque opération : l’un est l’appareil instrumental , l’autre l’appareil de pansement. Il convient de ne pas les confondre , et de préparer à part tous les objets qui doivent composer chacun d’eux. Il est évident que ces objets varient suivant la nature des opérations , suivant les tissus que l’on doit diviser, les organes qui peuvent être atteints, etc. Aucune règle générale ne peut être établie à ce sujet, sinon que le chirurgien ayant dû prévoir toutes les circonstances , même accidentelles , que l’opération peut présenter , il doit disposer aussi dans ses appareils tous les objets dont ces circonstances pourront réclamer

B. Préparallons immédiates.

Dispose!'

l’appareil.

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