L. III. CH. I. MALADIES DE L APP. GENITO-URINAIRE
Lorsque le vagin manque entièrement , il ne faut opérer que dans les cas où des accidens graves
se manifestent.
Procédé proposé par raiiteur.
verture béante jusqu’à la cicatrisation de ses bords. Les parois vaginales sont-elles accolées dans une grande étendue? il faut procéder avec plus de circonspection, et ne séparer les parties qu’avec lenteur, en faisant usage d’un bistouri très convexe, entouré de linge jusque près de sa pointe, ou de l’bystérotome de M. Flamant.
Enfin , dans les cas d’absence du vagin , s’il ne se manifeste aucun accident , si aucune tumeur ne se fait sentir, en un mot si la personne continue de jouir de la plénitude de la santé, aucune opération n’est proposable. Ce n’est que dans les cas contraires , c’est-à-dire lorsque la rétention des règles occasione des symptômes graves et menace la vie du sujet, qu’il est indispensable d’opérer. Dans les cas de ce genre, je voudrais que le doigt, porté d’abord dans le rectum, fît connaître la siluation et les rapports de la tumeur formée par la matrice. Une algalie introduite dans la vessie servirait à vider cet organe, afin de l’éloigner des instrumens ,* elle permettrait d’apprécier aussi l’épaisseur des parties comprises entre l’iirèthre^et l’intestin ,* enfin, portée en haut, elle agrandirait l’espace qui sépare de l’anus le conduit excréteur de l’urine. C’est dans cet espace que doit être porté le bistouri, dont il importe que l’action soit dirigée par les connaissances anatomiques les plus positives et la prudence la plus consommée. Dans une observation rapportée par Dehaen, le chirurgien incisa la vessie , et la malade succomba. Toutefois , la partie inférieure du vagin manque presque constamment seule , et l’ouverture que l’on pratique, si elle ne peut servir à l’exercice de toutes les fonctions génitales , est cependant facile à
LÉSIONS DE LA VULVE ET DU VAGIN, GtC. 289
entretenir béante, de manière à donner aux menstrues un libre écoulement.
Les déchirures du vagin , ou les décollemens de cet organe d’avec le col de l’utérus, ne sont presque jamais la suite que d’accouchemens laborieux, ou de manœuvres mal dirigées pour extraire l’enfant. 11 n’y a d’autres moyens à leur opposer qu’un repos absolu, et des applications émollientes : le conduit , revenant sur lui-même , se cicatrise spontanément en un temps assez court.
Les déchirures du périnée , lorsqu’elles sont superficielles , guérissent aisément ; mais lorsqu’elles se prolongent jusqu’à l’anus et le long de la cloison vaginale, les excrémens sont involontairement rendus ; la vulve et l’intestin ne présentent plus qu’une seule ouverture , et la femme ne traîne désormais qu’une existence dont le dégoût qu’elle inspire fait disparaître tout le prix. MM. Noël et Sauceroite ont imaginé de remédier par la suture à une aussi déplorable infirmité.
Le second de ces chirurgiens, ayant introduit dans le vagin un spéculum utcrl , aviva la partie la plus superficielle de la division au moyen des ciseaux , et la plus profonde à l’aide d’un bistouri, auquel un gorgeret de bois, introduit dans le rectum, servit de point d’appui. La suture du pelletier fut ensuite pratiquée ; puis on plaça une canule dans le rectum et un linge enduit de baume du Pérou dans le vagin. Malgré l’emploi des moyens convenables , l’opération ne réussit pas : il fallut en pratiquer une nouvelle, supprimer la canule du rectum et maintenir la liberté du ventre à l’aide de lavemens et de boissons laxatives.
M. Noël prit d’abord la précaution d’administrer
7^’ Déchirures du vagin.
Elles n’exigenl que le repos et les applications émollientes.
80 Déchirures de la fourchette et du périnée.
Lorsqu’elles sont étendues, on peut y remédier par la suture.
Procédé
de
M. Saucerotte
Procédé de M. Noël.
9” Excroissances de la membrane muqueuse du vagin.
•290 L. III. CH. I. MALADIES DE l’aPP. GENITO-URINAIRE.
quelques laxatifs. Les parties furent avivées avec <1es ciseaux; deux points de suture entortillée, placés, l’un à l’entrée du vagin , l’autre à un pouce au-dessus , entre cet orifice et l’angle supérieur de la division , servirent à réunir les parties. La cicatrisation ne se fit pas long-temps attendre , et la marche de la nature ne fut troublée par aucun accident. Ce procédé est plus simple, plus facile à exécuter et non moins sûr que le précédent.
Il faut bien distinguer les caroncules myrtiformes des excroissances vénériennes ou des choufleurs, qui pullulent quelquefois à l’entrée du vagin. Celles-ci doivent être excisées avec les ciseaux , en même temps que l’on emploie les mercuriaux à l’intérieur. H faut retrancher ou lier les polypes, ordinairement peu volumineux, qui naissent de la membrane muqueuse vaginale. Chez quelques femmes, l’inflammation chronique de cette membrane provoque le développement de fongosités opiniâtres qui obstruent le vagin, et donnent à ses parois un aspect spongieux et comme charnu. L’abus des irritans, bien plus que le défaut d’énergie des parties affectées , détermine cette maladie , à laquelle il convient d’opposer des lotions émollientes, des bains tièdes, un régime sévère, etc. Quelquefois, cependant, les bains alcalins, les lotions avec une dissolution de sulfate de zinc , ou la décoction de noix de galle , les demi-bains froids, avec addition d’une demi- once à une once de tar- Irite acidulé de fer, sont des moyens qui produisent les meilleurs effets, en changeant le mode d’irritation des parties affectées.
Iv. III. CH. II. MALADIES DE L APP. GENITO-URINAIRE. 29 1