‹ Nouveaux élémens de chirurgie et de médecine opératoire, ouvrage contenant l'exposition complète des maladies chirurgicales, et des opérations qu'elles réclamentChapitre 64 sur 170 · SUR CE VISCÈRE · texte numérisé non relu

SUR CE VISCÈRE

Les plaies de la matrice sont très rares chez les femmes dont cet organe n’est pas distendu par le produit de la conception. La situation , la profondeur et la direction de la hlessiire, l’écoulement du sang par le vagin, tels sont les signes de ces lésions. Durant la grossesse , la matrice est beaucoup plus exposée aux commotions, aux contusions, aux solutions de continuité, à raison de son développement et du poids du corps qu’elle renferme. Dans tous les cas, ces blessures n’exigent que l’emploi du traitement antiphlogistique général et local. Si la femme est enceinte, il faut surtout insister sur les moyens les plus propres à prévenir l’avortement et ses dangers.

Le col de la matrice est quelquefois, quoique rarement, oblitéré, soit que cette disposition ait été apportée en naissant, soit qu’elle dépende de l’agglutination des bords de l’orifice utérin , après un accouchement laborieux qui a occasioné une vive inflammation de celte partie. Chez quelques femmes, toute la portion saillante du col s’est trouvé en même temps adhérente aux parois vaginales. Dans ces occasions , les règles , retenues dans la matrice, occasionent desaccidens plus ou moins graves, telles que l’absence de l’écoulement menstruel, '’la tuméfaction du ventre, qui augmente h chaque mois, et

Plaies.

^ Imperforalions.

üpéraliou

qu’ellps

nécessitent.

Les oiu'ertures de ce genre exposent aux niétrites es plus violentes.

.'î® Déplacemens de la matrice , ou

hystérolaocles.

2 9 ‘2 L. ill. CH. ÎI. MALADIES DE l’aPP. GÉNITO-üRINAIRE.

ia fluctuation que l’on sent dans la matrice. Afin de re médier à cet état, le sujet doit être couché sur le dos, en travers de son lit, les jambes et les cuisses écartées et soutenues par des aides. ,ün trois-quarts, ou mieux encore un bistouri , dont la lame est entourée de linge jusque près de sa pointe, est ensuite porté vers l’utérus, le long du doigt indicateur de la main gauche, et ouvre une issue au liquide. La plaie étant rendue cruciale et assez étendue , on la maintient béante à l’aide de tentes introduites entre ses lèvres jusqu’à ce qu’elles se soient séparément cicatrisées.

Les opérations de ce genre , de même que celles qui sont nécessitées par î’imperforation du vagin, présentent moins de difficulté dans leur exécution qu’elles ne font courir de dangers aux malades. Le sang à l’écoulement duquel elles donnent lieu est noir, fluide, visqueux, sans odeur désagréable ; il a plus ou moins fortement dilaté la matrice , et quelquefois même pénétré dans les trompes. Son issue, ainsi que l’a observé M. Dupuytren, est presque constamment suivie d’une telle inflammation de l’utérus et de ses dépendances , que plusieurs malades y ont succombé en peu de jours. Il faut donc ne jamais pratiquer ces opérations sans avoir préalablement examiné l’état des organes abdominaux, et sans s’être disposé à prévenir et à combattre par les moyens les plus énergiques leurs trop vives irritations.

Placée entre deux organes , dont les dimensions varient h chaque instant, et fixée d’ailleurs dans le lieu qu’elle occupe par des liens membraneux, extensibles et peu résistans , la matrice est fort exposée à des déplacemens étendus et graves. Les plus remarquables de ces

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