C. Précipitation de l’utérus
294 L. III. CH. II. MALADIES DE l’aPP. GENITO-URINAIRE.
(lispensahle de coucher la femme sur les genoux et les coudes à demi fléchis. Avec deux doigts de la main droite introduits dans le rectum, on repousse alors le corps de l’utérus en haut et en avant, en même temps qu’un doigt del’autre main, porté dans le vagin, va saisir le col et l’attire dans sa situation normale. On peut aussi introduire deux ou trois doigts dans le vagin , et avec eux appuyer contre le fond de l’utérus afin de le repousser : ce procédé est même plus simple et quelquefois plus efficace que l’autre , p^arcequ’il permet d’agir plus immédiatement , et avec plus de force sur l’organe déplacé.
Lorsque, parvenue au quatrième mois de la gestation, la matrice, enclavée et renversée en arrière dans le bassin, ne peut être remise dans sa situation normale , il faut absolument recourir, soit à la ponction, soit à l’incision de ce viscère à travers le vagin. Ce moyen extrême, qui est suivi de l’avortement, est le seul qui puisse conserver la vie h la femme,* il a été employé plusieurs fois avec succès , et l’on doit le préférer à la symphyséotomie proposée dans ce cas par M. Gardien.
Les obliquités de la matrice peuvent constituer des obstacles à la parturition auxquels on remédie en faisant coucher la femme sur le côté auquel correspond le col, et en repoussant le fond dans le même sens.
Que la matrice abandonne sa situation normale pour se porter en bas, suivant le degré du déplacement, on dit qu’il existe, ou une simple descente, ou une chute, ou une précipitation de cet organe. Dans le premier cas, l’utérus ne descend que jusqu’à la moitié environ de la hauteur du vagin; dans le second, son col parvient à l’orifice vaginal; dans le troisième, il fait saillie au
dehors, et le corps du viscère proémine entre les cuisses de la malade. Des accidens divers suivent ces déplacemens, qui dépendent, ou du relâchement des attaches de la matrice, ou de l’affaissement du tissu cellulaire qui soutient cet organe, et qui souvent sont produits par des chutes, des efforts violens, etc. Un sentiment de pesanteur dans le bassin , des liraillemens à l’épigastre, des phénomènes nerveux très-variés, tels sont les résultats de l’hystéroptose. A ces accidens se joignent, lorsque la matrice paraît au dehors, une tumeur conoïde, plus large en haut qu’en bas, recouverte par le vagin replié sur elle, et présentant à son sommet rorifice béant du col utérin. Cette tumeur, irritée par le contact de l’air, des vêtemens et de l’urine, s’enflamme fréquemment, se couvre d’un mucus puriforme et quelquefois d’ulcères profonds. Dans d’autres cas , la membrane muqueuse du vagin se dessèche , et devient presque insensible.
Replacer la matrice dans sa situation normale et l’y maintenir, au moyen d’un pessaire bien fait , telle est la double indication que présentent les désordres qui nous occupent, et que l’on remplit presque toujours aisément. Aux pessaires de bois , d’argent, d’ivoire , de liège , on a substitué les pessaires en gomme élastique. Leurs formes, jusqu’ici variées presque à l’infini, sont réduites aux pessaires ronds, aux pessaires ovalaires et aux pessaires cylindriques. Les premiers et les seconds sontles plus usités; les derniers conviennent, lorsque le vagin a en même temps besoin d’être soutenu dans une partie de sa circonférence, ainsi qu’on l’observe chez les sujets affectés de hernies vaginales. Introduits après avoir été convenablement graissés à leur surface , les pessaires doivent exac-
Accidens que ces lésions déterminent.
Il ftiut niois replacer et contenir la matrice
Des pessaires.
5® Renversemens de la matrice.
Ils exisleiit à trois degrés dill'ércns.