L. III. CH. II. MALADIES DE L APP. GENITO-URINAIRE
tement soutenir l’utérus , sans occasioner de douleur; la contractilité de l’orifice vaginal les retient dans leur situation, et non les côtés internes des tubérosités iscbialiques, contre lesquelles, quoi qu’en dise M. Richerand, ils ne sauraient porter sans avoir des dimensions qu’on ne leur donne jamais. Il faut avoir soin de les retirer et de les nettoyer fréquemment. Le col utérin reposant sur le trou qu’ils présentent, s’y engage en s’alongeant, et quelquefois se boursoufle au dehors, de manière h rendre l’extraction de l’instrument difficile; il faut alors en choisir un dont l’ouverture soit plus petite.
Toujours provoqué, soit à l’instant où la parturition se termine , soit peu de temps après l’accomplissement de cet acte, le renversement de futérus consiste^ ou dans le simple abaissement du fond de cet organe, ou dans la sortie d’une partie de son corps à travers son col, ou enfin dans la précipitation complète de toute son étendue, sa face interne devenant externe , et réciproquement. Le loucher permet aisément de reconnaître les désordres de ce genre. Lorsque l’utérus renversé est en même temps précipité hors de la vulve, il forme une tumeur plus large et plus pesante en bas qu’en haut , et qui est suspendue au vagin retourné sur lui-même. A l’union du corps de la tumeur avec le canal qui forme son pédicule, on remarque un bourrelet circulaire, saillant^ et qui est formé par le col utérin renversé. Les hémorrhagies abondantes, f irritation, et la phlogose de l’utérus ; des douleurs et des tiraillemens insupportables dans le bassin et le ventre ; l’agitation, la fièvre, les niouvemens convulsifs, et même la mort , tels sont les accidens que provoquent les renversemens de la matrice. Quel-
ques femmes cependant ont survécu à cette lésion, portant entre les cuisses une tumeur enflammée, couverte d’ulcérations et quelquefois dégénérée en cancer.
Repousser la portion déplacée de l’organe, et la maintenir réduite, telles sont les indications qui se présentent alors. On les remplit avec d’autant moins de difficultés que l’accident est plus récent. Provoquer le resserrement de la matrice, et soutenir son fond avec un ou deux doigts jusqu’à ce qu’il soit revenu sur lui -même; saisir la tumeur formée par l’organe , avec les doigts convenablement graissés, et la réduire à travers le col, en faisant rentrer les premières les parties qui sont sorties les dernières ; repousser enfin dans sa situation la matrice rendue à sa forme normale, lorsqu’elle est saillante au dehors : tels sont les moyens qu’il convient d’employer, suivant les divers degrés de la maladie. Une situation horizontale prolongée, les bains froids, les bains et les douches de Barèges, et l’usage des pessaires suffisent pour s’opposer au retour de la maladie. Si la matrice, devenue irréductible, doit rester au dehors, il faut l’entretenir dans un état constant de propreté, combattre son irritation , et la soutenir avec un suspensoire.
Quelques écrivains ont admis un renversement isolé de la membrane interne de la matrice ; mais cette membrane est trop fine , trop délicate , trop solidement fixée au parenchyme utérin , pour qu’une telle maladie puisse exister ,* il est vraisemblable que l’on a pris pour elle des membranes anormales, formées dans l’utérus, et
qui, en se détachant, se sont présentées à l’ouverture de son col.
Certaines irritations de la matrice déterminent, en même
Ou doit les l'aii e disparaître le plus
promptemeul
possible.
fîo Tiemersement de la membrane interne de la matrice.
7'’ Ifydrvpisie de l’utérus.
SO Bétentiûii du fœtus dans la matrice.