‹ Nouveaux élémens de chirurgie et de médecine opératoire, ouvrage contenant l'exposition complète des maladies chirurgicales, et des opérations qu'elles réclamentChapitre 8 sur 170 · LIV. I. CHAP. I. GÉNÉRALITÉS · texte numérisé non relu

LIV. I. CHAP. I. GÉNÉRALITÉS

7° Placer le sujet.

B. Les aides.

l’emploi. C’est ainsi que des cautères, des fiis cirés , des airignes , des pinces de diverses espèces , des scies , des rugines, etc., sont nécessaires dans les cas où l’on craint de diviser des vaisseaux, de découvrir des caries, d’éprouver des difficultés pendant la dissection ou l’arrachement des tumeurs, etc.

Toutes ces dispositions étant terminées , il convient de placer le sujet pour l’opération. Sa situation doit être telle que, commode pour lui, elle le soit aussi pour le chirurgien , et que la partie malade , parfaitement découverte dans toute son étendue , se présente pour ainsi dire d’elle-même aux instrumens. Des draps repliés en alèzes seront disposés autour du sujet , ou glissés sous la région affectée , afin de recevoir le sang ou les autres liquides qui doivent s’écouler. Les anciens faisaient un fréquent usage des lacqs pour contenir les malades ; les modernes, au contraire, ont proscrit ces appareils plus effrayans qu’utiles , et qui rendaient la chirurgie bar- , bare sans être plus efficace. L’opération de la taille souspubienne est peut-être la seule où l’on contienne encore ainsi les sujets.

Dans toutes les autres , des aides vigoureux et attentifs s’emparent soit des membres , soit du tronc et de la tête,* et, sans surcharger le malade, sans l’accabler de leur poids , sans s’attacher à le retenir entièrement immobile, ils bornent ses mouvemens, les arrêtent ou les dirigent de manière à ce qu’ils ne nuisent pas à l’opération ; en un mot, ils le contiennent sans le fatiguer et sans ajouter aux douleurs déjà trop vives qu’il supporte. Parmi ces aides , il en est quelques uns qui doivent être des élèves exercés eux-mêmes , et dont les fonctions sont

SUR LES OPÉRATIONS ET LES PANSEMENS. l5

<le participer réellement à l’opération. Le chirurgien place ordinairement vis-à-vis de lui un élève intelligent qui doit l’aider à lier les vaisseaux, qui écarte les parties , absterge la plaie du sang qui la couvre , et facilite ainsi la marche et l’action des instrumens. C’est à des aides également exercés qu’il confie le soin de comprimer les vaisseaux à la hase des membres , de tenir et de diriger les bougies dont, il est obligé de faire usage, lorsque la lumière naturelle est insuffisante, d’assurer spécialement l’immobilité de la partie sur laquelle il opère, enfin de lui présenter et de recevoir les instrumens à mesure qu’il en a besoin ou qu’il s’en est déjà servi. Toutes ces personnes doivent être placées de manière à remplir leurs fonctions sans embarras, sans confusion, sans bruit; et leurs actions doivent être tellement en* harmonie avec celles du chirurgien que tout se fasse à propos et dans Lordre le plus convenable. : f •

Enfin l’opérateur lui-même s’approche du sujet et, ayant de nouveau reconnu l’existence et toutes les particularités de la maladie , en même temps qu’il a récapitulé tout ce qu’il se propose de faire , il se place de manière à être parfaitement libre de ses mouvemens, et dans une situation telle qu’il n’éprouve ni gêne ni fatigue, et qu’il puisse autant qué possible exécuter toute l’opération sans se déranger.

Celle-ci étant une fois commencée , rien ne doit distraire le chirurgien du but qu’il s’est proposé d’atteindre. Les moyens de prévenir l’écoulement du sang ou de le rendre sans danger ont dû spécialement fixer son attention. Tantôt la compression étant exercée d’avance sur le tronc principal qui se distribue à la partie , aucune

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