‹ Nouveaux élémens de chirurgie et de médecine opératoire, ouvrage contenant l'exposition complète des maladies chirurgicales, et des opérations qu'elles réclamentChapitre 70 sur 170 · CHAPITRE III · texte numérisé non relu

CHAPITRE III

mai.adiks dks mamelles, ex opérations qu'elles réclament.

Aux organes génitaux se ratlachent les mamelles, dont les maladies, rares sur l’homme, sont aussi variées que fréquentes chez la femme.

Il arrive assez souvent qu’à l’époque d’un premier accouchement le mamelon reste petit, court, endurci, presque atrophié, et ne donne issue, vers la fin de la grossesse , à aucun suintement. On remédie à cet état anormal en recouvrant la partie de topiques émolliens , en la préservant, au moyen de bouts de sein, de la compression exercée sur elle par les vêtemens ; enfin , en provoquant son développement au moyen de succions convenablement répétées.

Chez les femmes qui nourrissent , le mamelon est exposé à une irritation vive et à des gerçures ou à des crevasses, favorisées par l’extrême sensibilité de cet organe, quelquefois occasionées par la malpropreté, mais Iç plus ordinairement le résultat de succions trop fortes, ou de l’action des gencives, et même de celle des dents de l’enfant. Les aphthes déterminent fréquemment les incommodités dont il s’agit. Pour y remédier , la femme doit laver plusieurs fois dans le jour la partie avec une décoction de guimauve et de têtes de pavots ; des bouts de sein préserveront le mamelon des frottemens exercés par Je

MALADIES DES MAMELLES, etC.

linge de ia malade ; les aphthes de Fenfant seronl; com- LatUis par des moyens appropriés ; enfin , si des ulcérations existent, on les couvrira de pommades adoucissantes et dessiccatives, en même temps que l’on suspendra, s’il en est besoin , l’ailaitement du côté affecté.

Il n’est pas ici question des ulcères syphilitiques , dont le traitement doit être plutôt interne que local.

Les plaies des mamelles doivent être traitées comme celles de toutes les autres parties du corps. Les contusions de ces organes présentent seulement celte particularité, qu’elles doivent exciter d’autant plus raltention du chirurgien qn’clles constituent peut-être la cause la plus fréquente du cancer mammaire. On devra donc recouvrir la mamelle coniuse de topiques émollicns , pratiquer sur elle des saignées locales, et insisler sur l’emploi des antiphlogistiques, jusqu’h ce que toutes les traces de la maladie aient disparu.

Soit que ia congestion laiteuse, qui se manifeste toujours après la parturilion, et qui, dans l’élat normal , n’exige aucune médication active, ait trop d’intensité, soit que la mamelle ait été violemment froissée ou contuse, son tissu s’enflamme assez souvent d’une manieie aiguë. Cette maladie est facile è reconnaître, et son traitement ne diffère pas de ceini des autres phlegmasies.

Lorsque la pulogose dont il s’agît se termine par la suppuration, il ne huit pas trop attendre pour ouvrir l’abcès, et préférer l’instrument tranchant h tous les autres moyens, pour exécuter cette légère opération. Les abcès de ce genre sont quelquefois multiples, et communiquent entre eux. Soit qu’il se forme des clapiers dans lesquels

50 Vlales et contusions des mumeAlss.

4® Inflammation aigni^

de la inarnellf.

50 Âbcès

et fistules mammaires.

6*5 Tumeurs enkystées.

7O Cancer des mamelles.

Il se présente sous

des formes ■variées.

022 L. lïl, CM. îîî, MALADIES DE l’apP. GÉNITO-ÜRINAIRE,

séjourne le pus, soit que les parois affaissées du foyer ne puissent se réunir, les ouvertures que l’on y pratique demeurent assez souvent fistuleuses. Dans le premier cas, il faut, ou étendre les incisions, ou pratiquer des contreouvertures. Dans le second, on doit attendre la guérison du retour de la santé et de l’embonpoint, qui rendra aux tissus leur volume , et remplira les cavités que la maladie a formées.

Les tumeurs enkystées de la mamelle, que l’on peut aisément confondre avec les engorgemens squirreux de cet organe, doivent être emportées, suivant le même procédé que s’il s’agissait de glandes tuméfiées, et disposées^ à dégénérer en cancer.

L’affection cancéreuse des mamelles est une des maladies de ce genre les plus fréquentes et les plus graves. Soit qu’une violence extérieure, telle qu’uucoup, lui ait donné naissance, soit que, développée rar degrés insensibles, on ne puisse remonter jusqu’à son origine , cette maladie a toujours pour cause prochaine l’irritation chronique des parties qui en sont le siège. Ses symptômes sont faciles à reconnaître ; sa marche est tantôt lente et tantôt rapide; enfin, ses formes sont très variées. Chez quelques sujets , le cancer débute par une tumeur souscutanée, circonscrite, roulante sous le doigt, presque insensible à la pression, et qui, devenant graduellement plus dure, plus volumineuse, se fixe dans les tissus, et envahit la plus grande partie du sein. La peau qui la recouvre s’attache à sa surface; des douleurs lancinantes s’y font sentir; enfin, une ulcération profonde sillonne et détruit son tissu. Chez d’autres femmes, la maladie débute par la glande mammaire elle-même, qui se durcit.

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et se dessèche , pour ainsi dire. Le sein s’atrophie , le mamelon s’enfonce au milieu d’un sillon qui divise la mamelle, et d où suinte une humeur jaunâtre et irritante. Dans quelques occasions, i’organe se tuméfie en devenant solide : un excès de nutrition semble exagérer toutes ses parties, il acquiert la dureté du marbre, et

demeure indolent pendant un temps ordinairement fort long.

Toutes ces formes, et bien d’autres encore qu’il serait inutile d’énumérer, sont d’une considération peu importante dans la pratique, il faut seulement observer avec une attention toute spéciale, d’une part, les accidens sympathiques produits par la lésion locale, de l’autre, l’étendue et la profondeur de celte lésion. Le résultat de cet examen peut seul donner l’espoir de guérir le sujet, soit par un traitement antiphlogistique et révulsif approprié, soit par la pratique d une opération chirurgicale.

Cette opération varie suivant que la tumeur est petite et mobile sous la peau, ou que, plus volumineuse, elle

adhère aux tégumens, ou qu’enfin elle envahit la totalité de la mamelle.

S’agit-il de tumeurs circonscrites , roulantes , peu volumineuses? la malade étant assise sur une chaise et maintenue par un aide, il faut faire à la peau de la mamelle une incision longitudinale , dont la longueur doit etre proportionnée h la grosseur de la glande. Une aingne double, ou des pinces de Muzeux, portées dans la plaie, servent h saisir la production morbide, et à l’attirer au dehors, avec la main gauche, tandis que le bistouri dont la droite est armée achève de Fisoler , et de diviser les liens celluleux qui la retiennent. Les lèvres de

Ce sont moins ces formes que

l’état général du sujet et l’étendue du

désordre local qu’il faut considérer dans la pratique.

L’opération varie alors suivant les cas.

A. Procédé pour l’extirpalicn des tumeurs petites et roulantes.

B. Procédé pour l’ablation des cancers plus

Toluiwineux.

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