C. Procédé pour
l’amputation complète de la mamelle.
024 L. III. CH. ÎII. MALADIES DE l’aPP. GÉNITO-URINAIRE.
la division doivent ensuite être rapprochées , et la guérison ne se fait pas long-temps attendre.
Lorsque le cancer occupe une grande partie de la mamelle , et que les légumens altérés sont adliérens sa surface , il est indispensaMe de les emporter avec le reste de la tumeur. Pour cela , on cerne la portion malade de la peau par deux incisions semi-elliptiques, et, disséquant les bords de la plaie , on soulève et Ton détache ensuite la masse cancéreuse.
La mamelle entière est-elle envahie par le cancer? On doit placer la malade comme il a été dit précédemment. Le chirurgien, saisissant l’organe avec la main gauche, le cerne par deux incisions demi-circulaires, de manière à ce que le grand diamètre de la plaie soit dirigé de haut en bas et de dehors en dedans. Il convient alors de faire l’incision inférieure la première, afin que le sang qui s’écoulerait de l’autre ne vienne pas recouvrir les parties sur lesquelles on doit la pratiquer. La masse cancéreuse étant ainsi circonscrite , on poursuit sa dissection , ayant soin d’emporter tout ce qui est malade , et détachant la tumeur de bas en haut et de dedans en dehors. Son ablation étant achevée , le chirurgien examine s’iln’existe pas d’autres glandes ou des portions endurcies de tissu celluleux, afin de les extirper. L’état jaunâtre des lames cellulaires et de la graisse, lors même qu’il 11 est pas accompagné d’engorgement , doit fixer 1 attention du praticien, et il laut, autant que possible, emporter tout ce qui en présente l’aspect. Enfin les vaisseaux ayant été liés, on rapproche, mais sans les réunir immédiatement, les lèvres de la plaie, qui doit être recouverte de plumasseaux et de compresses soutenus par un bandage convenable.
MALADIES DES MAMELLES, CtC. 525
Le cancer de la mamelle est souvent compliqué de Tengorgement des ganglions axillaires. Quelquefois, après l’extirpation de la tumeur principale, ces ganglions reviennent à leur état normal; mais le plus ordinairement ils continuent d’augmenter de volume , et reproduisent la maladie. Chez certains sujets, un cordon dur, squirreux , formé par des vaisseaux lymphatiques, les unit à la mamelle cancéreuse. Alors on doit prolonger l’incision sur ce cordon , le détacher, et, parvenu è l’aisselle , s’en servir pour attirer les ganglions engorgés auxquels il aboutit. Si ceux-ci ne tiennent aux parties voisines que par des lames celluleuses très minces , il est facile de couper ces adhérences ; mais lorsque le pédicule qui les retient semble renfermer des vaisseaux, il faut le lier d’abord profondément, et le diviser ensuite au devant de la ligature. Lorsque les ganglions dont il s’agit sont isolés de la mamelle, on doit pratiquer des incisions sur eux, saisir , les soulever avec l’airigne , et les emporter ensuite , soit immédiatement, soit après avoir lié leur pé“ dîcule. Les plaies sont immédiatement réunies.
L’opération du cancer de la mamelle est une ressource extrême, qu’il ne faut employer que quand les antiphlogistiques et les révulsifs ont échoué, et dont le succès ne peut être assuré que par l’emploi des adoucissans et des ’ exutoires avant et après l’ablation des parties affectées. J’ai développé cette règle de pratique chirurgicale dans un autre ouvrage, et je crois inutile d’y revenir ici (i).
(0 ^Application do la doclrme physiologif^ue à la chirurgie, Paris, 1823, in*S”,
Extirpation des ganglions axillaires.
L’opération doit être précédée et suivie de l’emploi des
antiplilogistiques et des révulsifs.